ET DES AGES
trouve donc divisée en neuf sections de 9 années, dont la distribution faite dans les proportions indiquées aux trois périodes d’accroissement, de force et de décroissement, doit donner Ja durée précise de chacune de ces périodes,
Pour faire l'application de ce calcul, prenons premièrement deux sections de 9 années chacune, nous aurons pour la jeunesse, . 18 années.
Secondement cinq sections qui donnent pour la période de la force. 1 1 04 45 SR RER DO EE DRE RS
En additionnant la durée de ces deux premières périodes, on à un total de. . . 63 années.
Par conséquent il ne reste plus que deux sec-
tions de neuf années chacune pour la troi-
sième période de décroissement. , . . 18 années. Lesquelles dix-huit années réunies aux. . 63
des deux autres périodes, complètent les. . 81 années reconnues pour type de la vie humaine.
Les divisions de la vie, d’après les calculs de M. Lhéritier, ue sont pas seulement hypothétiques; leur vérité, leur justesse, sont confirmées par les phénomènes physiologiques qui appartiennent essentiellement à chacune des trois époques, et nous allons le démontrer.
La première période ou le premier age de Q à 18 ans est bien incontestablement la durée très-exacte de la jeunesse, qui se divise en deux sections de neuf années chacune. La première section appartient à l'enfance, la seconde à l'adolescence.
La première section de cette période de la jeunesse, essentiellement consacrée à la nutrition, est caractérisée par l'accroissement journalier de toutes les parties; le système osseux s’affermit, les mâchoires se garnissent de dents, et à la fin de la neuvième année, le nombre de vingt-huit dents est complété par le développement de deux nouvelles molaires.
Pendant la durée de la seconde section du premier âge, C'est-à-dire de neuf à dix-huit ans, l'accroissement continue, la puberté se manifeste, le menton se couvre d’un léger duvet,
et l'adolescent acquiert graduellement tout ce qui lui manque pour être homme,
Le deuxième âge, composé de cinq sections, commence av la dix-neuvième année et finit avec la soixante-troisié Cette période est celle de la force physique et morale; ju qu’à quarante aus et demi, l’accroissement continue, mais cetle époque de quarante ans et demi qui est celle de moitié de la vie, l’accroissement s’arrête et reste stationnai pendant plus ou moins de temps, puis insensiblement la for diminue; enfin à soixante-trois ans commence la période « décroissement et de faiblesse,
Pendant la durée des deux premières sections du deuxiè âge, les forces physiques et morales s'accroissent chaque jou jusqu'à l’âge de trente-six ans, époque à laquelle leur dévx loppement est complet: c’est alors que l’homme jouit « l'entière plénitude de toutes ses facultés qui ont entre el] une harmonie parfaite.
L'anatomie, dans cette circonstance, vient à l'appui di données du caleul. « Le cerveau, selon Gall, croît jusq » quarante ans, alors les changemens qui peuvent s’opér » dans cet organe ne sont point sensibles; mais après qua » rante-cinq ans, à mesure qu’on avance en âge, l’ensembl » du système nerveux diminue graduellement, le cerves » s'amaigrit, se rapetisse, et ses circonvolulions sont moir » rapprochées. »
Enfin au troisième et dernier âge, c’est-à-dire de soixanti un à quatre-vingt-un ans, l’homme s’affaiblit » d’abord trèi lentement, puis progressivement avec un nouveau degré € rapidité, selon une loi assez semblable à celle de la chute dd corps, ses progrès sont d'autant plus rapides que le momer falal approche davantage. Les forces diminuent chaque jour la pensée perd son énergie, les diverses fonctions sont im parfaites, le corps se courbe, la peau devient molle, flasque ridée, et lorsqu'il a dépassé soixante—douze ans, le vieillar compte chaque année d'existence par la perte de quelque fa culté physique ou morale, ou par la mort de ses parens, d ses amis; et comme en général il oublie son âge, il fait ains que le forgeron centenaire de Viroflay qui voyant expir son fils âgé de quatre-vingts ans, s’écria : j'avais bien dd que cet enfant ne vivrail pas!
D’après cet exposé on sent que les trois degrés d’expres sion des signes physiognomoniques coïncident exactemen! avec [es trois périodes, les trois èges de la vie, et que là
physionomiste doit prendre en considération la période dans laquelle se trouve l'individu dont il cherché à connaître le caractère.
. Ainsi que l’âge, le tempérament exerce une grande influence sur la physionomie; examinons done ces tempéramens dont tant de gens ont parlé sans pouvoir s’accarder entre eux.
« Les descriptions qu'on donne des tempéramens (dit » M. Richerand dans ses élémens de physiologie), portent » sur une collection d'individus qui ont entre eux de grandes » ressemblances; leurs caractères sont de pures abstractions » qu'il est difficile deréaliser, parce que tous les hommes sont » à la fois sanguins et bilieux, sanguins et lymphatiques, ete. » Jci les physiologistes ont imité cet artiste qui réunit dans » la statue de la déesse de la beauté mille perfections » que lui offraient séparées les plus belles femmes de la » Grèce. »
D'après celte explication que le tempérament est une réunion , un mélange de constitutions du corps, de complexions diverses qu’on retrouve combinées différemment chez d’autres individus doués d’un autre tempérament ; cependant si l’on examine qu'un homme existant avec tout ce qui peut le conduiro à la plus grande perfectibilité, quand il se trouve Pourvu de ce qui doit le favoriser dans la locomotion qui lui est nécessaire pour sa nutrition et la reproduction; alors tous les sens externes ne lui servent plus que pour le mettre en rapport avec les objets qui l’environnent, ce qui le porte, en évitant la douleur, à satisfaire ses besoins pour constituer son bien-être, et ensuite l’entretenir; il faut également qu'il en tire des inductions pour apprécier l'aptitude de ses facultés intellectuelles, la mesure et l'énergie de ses forces vitales, en un mot la connaissance exquise de son tempérament deviendra la base essentielle pour servir à l'étude de son organisation physique et à celle de ses affections morales.
Ainsi, en désignant sous le nom de tempérament la dif! férence qui existe entre les individus, d’abord sousle rapppon des parties physiques du corps, d’où résulte une manière d’êtr en harmonie avec leur existence, ensuite la prédominence: d'action dans les fluides circulatoires qui servent à en établi Jes différences, nous nous bornerons à en établir six pou la physiognomonie,
Cependant nous devons faire connaître que les physiolo gistes font consister le tempérament dans la prédominence de tel ou tel autre système d'organes, ainsi leur nombre se rait indéfini et presque incalculable, car il y en aurait non: seulement autant qu'il y a d'organes prédominans, puis au tant qu’il y a de combinaisons possibles , ensuite il faudrai.
Alors l’immensité de ces combinaisons explique la difficulté de rencontrer dans la nature un seul exemple bier positif des tempéramens décrits; c'est pourquoi, en s’a puyant sur celte vérité, quelques auteurs ont abandonné l’ex+ pression de fempérament qu’ils proposent de remplacer par idiocrasie (du grec idios propre et krasis, conslilution ); cette nouvelle dénomination aurait, du moins selon eux, l'avantage de faire sentir aux physionomistes que tout chacun a une constitution qui lui est propre; que l'individu vient au monde avec des dispositions particulières dont le développement est favorisé ou entravé par l'éducation, les mœurs, le climat, et surtout par les habitudes plus ou moins long:-temps continuées.
Mais quels quesoient le nombre et les variétés du tempérament, de la constitution, des idiocrasies, il est certain que, selon son genre, elle agit si fortement sur le physique des hommes, , que depuis Hippocrate jusqu’à nos jours on a toujours recom mandé au médecin d’en faire le premier et même le principal objet de ses investigations lorsqu'il est appelé près d’un: malade. Puisque la connaissance de l’idiocrasie ou du tempé-— rament exerce une si grande influence sur la physionomie! ei sur tout le corps de l’homme, il devient donc très-impor- » tant que les physionomistes connaissent ses différens effets, |
Ainsi, quel que soit le nombre des tempéramens ou idiocrasies reconnus pour la physiognomonie, nous en admettrons six.….., qui sont les suivans : le tempérament sanguin, le bilieux, le lymphatique, le nerveux , le mélancolique et l’athlétique, dont nous allons exposer le type caractéristique , ainsi que les inductions physiognomoniques qu’ils présentent à l’observaleur; cependant on ne doit pas oublier que chacun de ces types peut éprouver des variations, des nuances plus ou moins prononcées et trop nombreuses pour que nous puis-
sions toutes les décrire,
Du Tempérament sanguin ou Idiocrasie sanguine
Avec un teint frais, vermeil, de l’expression dans la phy” sionomie , un embonpoint modéré quoique replet, une taille avantageuse , des formes agréables , les cheveux châtains, de Ja force et de la régularité dans le pouls, la respiration facile, de l'aptitude aux exercices qui exigent de l’agilité, une imagination vive ayec une mémoire heureuse, de la facilité à s'exprimer avec l'humeur enjouée, une disposition prompte à recevoir la moindre offense, joignez la galanterie, la brayoure, l'amour de la vraie gloire, les plaisirs de la table et l'inconstance ; telles sont les affections morales.
C’est pourquoi tous les hommes sanguins ont généralement une physionomie mobile et animée, des yeux bleus ou châtainsclair, les cheveux plus ou moins épais, une stature assez élevée et généralement très-bien proportionnée, leurs chairs sont élastiques, plutôt fermes que dures, placées sur des membres aussi souples que flexibles, leur coloris est généralement très-agréable par suite de la transparence des veines et des artères, toutes leurs fonctions s’exécutent avec autant de facilité que de régularité; voilà les affections physiques.
Le plus ordinairement doué de la bonté associée à la franchise, aussi brave qu’il est courageux, l’homme sanguin plaira par son caractère, par sa gailé, Sa douceur, sa vivacité, par toutes ses manières pleines d’aménité, avec beaucoup d’esprit, une imagination brillante quoique superficielle, avec l'allocution facile; il devient quelquefois aussi étourdi que sensible , souvent même il s’emporte avec la plus grande vi-
vacité lorsqu'il est contredit, mais il se calme de suit après.
Presque tous ceux qu’on appelle gens d'esprit sont doués d’une constitution sanguine; mais les sciences abstraites et tout ce qui exige de laconstance ou de l’opiniâtreté, de la persévérance dans le travail, ne conviennent point à l’hommesanguin ; au contraire il excellera dans tous les arts d'agrément, il aura beaucoup de goût pour la poésie, la peinture et 1 musique : telles sont les données physiognomoniques.
Du Tempérament bilicux ou Idiocrasie bilieuse..
Avec un corps grêle, agile et dispos, les cheveux noirs, la peau brune, la physionomie presque immobile, ainsi qu’ex-pressive, les chairs fermes, toutes les formes très-faiblement L prononcées, les os saillans et les vaisseaux sanguins (rès— développés, le pouls sautillant et dur; tels sont les caractères: du tempérament bilieux. L’exaltation dans tous les senlimens, , l'aptitude à toutes les grandes entreprises qui exigent de la:
ersévérance, l'amour passionné mais durable pour obtenir : l'objet qui a su le faire naître et le cultiver, avec le goût des | sciences et le désir de les approfondir, l'ambition de l’élévation dans l’âme, un caractère généreux, exigeant, facile à irriter, et susceptible des plus grands emportemens ; tels sont les traits caractéristiques d’un tempérament bilieux dont les exemples sont si fréquens.
Quoique souvent assez bien musclé, l’individu bilieux n’a Presque jamais la taille très-avantageuse, parce que ses os sont gros, ses chairs et sa peau arides, desséchées, d’une couleur rouge foncée, tirant sur le brun, souvent olivâtre, tous les poils qui la couvre correspondent aux cheveux noirs et crépus. On les reconnait le plus souvent à leur gros cou, à leur bouche plus ou moins grande, avec des lèvres dessé— chées, surmontées d’un nez aplati, des traitsfortement prononcés, avec des yeux noirs et perçans; si leur démarche est aisée, elle n’en est pas moins fière. Tous ceux qui sont bilieux n’ont jamais la gaîté et l’enjouement des sanguins, mais ils sont, avec leurs passions fortement prononcées, aussi constans que fermes, enclins à la colère; leur imagination ardente leur suscite des passions aussi énergiques qu'elles sont fortes. On
remarque dans les productions des poètes, des musiciens, des peintres, doués de cette constitution, des élans pathétiques appuyés par le génie plutôt que par l'esprit, car dans tout ce qu'ils entreprennent de grand, ils sont tellement tenaces qu’il leur est impossible de changer d'objet, surtout si dans l'exécution il entrevoient quelque chose qui puisse les faire rivaliser avec les autres. |
Du Tempérament lymphatique ou Idiocrasie lymphatique.
Tous les signes extérieurs du tempérament ]ymphatique consistent principalement dans un embonpoint prononcé, des formes arrondies, une peau blanche et délicate, de la mollesse jusqu’à la flaccidité dans les chairs, le pouls faible, lent, la chevelure blonde, une physionomie extrèmement douce, mais peu animée. Toutes les fonctions vitales s’exercent plus ou moins lentement chez les individus de ce tem— pérament : si leur caractère est flexible, leur mémoire est plus sûre, enclins à l’oisiveté, parce qu'ils se fatiguent très-facilement; on les rencontre presque sans aptitude pour tout ca qui exige de la vivacité ou de la contention d’esprit, ils ont peu d’ambition, et très-rarement ils courent à la célébrité, à moins de circonstances particulières.
Quoique le plus souvent les lymphatiques soient d’uno taille assez avantageuse , il n’en ont pas moins, pour les distinguer et les faire reconnaître parmi les autres, des chairs mollasses, leurs fibres musculaires làches et arrondis, la peau d'un blanc mat, quoique unie et assez belle, toujours garnie de poils blonds assez fins et pareils à leurs cheveux, l’ensemble du visage plus rond qu’ovale, pâle et quelquefois bouffi, les yeux d’un gris bleu, assez grands, presque éteints, le regard languissant , la bouche souvent entr'ouverte, avec les lèvres épaisses, décolorées, posées sur un double menton qui avec le temps devient d’une mollesse et d’une flaccidité remarquables,
Les femmes de cette constitution auraient la gorge belle, si elle ne depassait pas le volume ordinaire; devenue molle elle s’affaisse, même chez les vierges quand elles seraient
au printemps de leur âge; alors cependant on en voit d’un carnation séduisante par la fraicheur et le charme des co
tours dans tout leur ensemble, mais tout cela se défigur bien vite par le surcroît d’embonpoint et bien plus tôt avan qu’elles n'aient à craindre du temps l’irréparable outrage car des rides précoces sillonnent leur visage qui pourlan
leurs fonctions languissent et s'exécutent imparfaitement , même dans les plaisirs de l’amour qui ont peu d’attraits pour Eux; par suite de cette espèce d’atonie langoureuse, leur espri est faible, leur mémoire difficile; par compensation, less ymphatiques ont le jugement droit, le caractère doux, les manières simples; leur peu d'énergie les empêche de se li yer aux sciences abstraites, et même aux arts qui exigent du goût; il se bornent à suivre machinalement les traces d leur prédécesseurs dont ils restent les serviles imitateurs. La démarche des individus nés avec cette constitution est] lourde, aussi lente que pénible: toute promenade, même à pas comptés, les suffoque de même que s’ils avaient couru ; ils paraissent sourire avec satisfaction à toutes les personnes: qu'ils rencontrent; mais d’ôter seulement le chapeau à quii les salue, leur devient une fatigue , au point de s’en dispenser ! autant qu’il leur est possible ; leur nonchalante insouciance } suffit pour les rendre impolis ou les faire paraître indiffe- . rens.
Du T empérament nerveux ou Idiocrasie nerveuse.
Assez ordinairement ce tempérament, au l’idiocrasie neryeuse, ne se dessine pas d’une manière bien prononcée par aucun trait extérieur. Quoiqu’on soit convenu d'admettre comme positive cette espèce particulière de Constitution , l’état moral et les affections qui appartiennent au système nerveux caractérisé, peuvent aussi se trouver très-remarquables dans un grand nombre d'individus de tempérament différent.
Comme l’esaltation du système nerveux donne lieu à une
très-grande susceptibilité, elle dispose par conséquent à ressentir très-vivement les impressions reçues, soit que cellesci agissent sur les sens ou sur les organes extérieurs; cette action, plus ou moins vive, peut aussi se combiner avec les autres tempéramens, et dans le lymphatique elle devient même beaucoup plus prononcée que dans tous les autres.
Quoi qu’il en soit, c’est par une grande activité et par le peu de constance dans les affections morales que l’on distinguera les individus d’un tempérament nerveux. « Une » grande activité dans les sensations, une promptitude extrême » dans les jugemens, des délerminations précipitées, mais » peu constantes; une imagination vive, mais très-mobile; » des volontés absolues, mais très-changeantes, servent à le » caractériser ( Hallé ). » Si à cette esquisse on reconnaît la plus grande partie des femmes, on peut ajouter qu’elles ne ressemblent pas à toutes celles de la campagne, à celles qui mènent une vie laboricuse, mais qu’on ne les rencontre que dans les grandes villes, lorsqu'elles vivent au sein de la mollesse, au milieu de toutes les voluptés; alors la plus petite contrariété suffit pour leur donner des attaques de nerfs.
On pourrait cependant caractériser le tempérament nerveux dans tous les individus par un corps maigre, de grande ou moyenne stalure, une peau transparente et délicate, trèspeu de cheveux fins, de couleur brune, un visage ovale, allongé, plus pâle qu'il n’est coloré; des traits aussi mobiles qu'ils son délicats ; des yeux grands, langoureux à vingtans, sombres à quarante; des joues sèches, aplaties, creuses, avec la corpulence grêle, les jambes et les cuisses menues; les bras et les doigts sont eflilés, les ongles allongés eb blanchâtres.
Les femmes de celte idiocrasie ont ordinairement la peau très-belle, mais elles sont généralement assez indolentes dans tout ce qu’elles font; elles ont en marchant de la nonchalance dans leurs mouvemens. L'homme nerveux, au contraire, marche avec vivacité, tous ses pas sont accélérés, il va et vient par saccades, d’une manière peu énergique et incons— tante, son inagination est vive, très-souvent exaltée, pitto— resque comme celle des orientaux; son caractère est va— riable, inconstant, parce qu’il est d’une très - grande susceptibilité, et sort très- facilement de sa manière de se conduire la plus habituelle; en général, l’homme nerveux
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est sombre, difficile, rêveur, inquiet, méfiant, craintif, til mide, chagrin et exigeant; il aime avec passion, il devien vindicatif, poussé par la haine avec fureur, il est aman jaloux, pour être mari tracassier.
Du Tempérament mélancolique ou Idiocrasie mélancolique.
Comme l’état mélancolique est ordinairement une modi fication du tempérament bilieux dont nous avons déj parlé, alors, soit qu’il dépende d’une prédisposition partie lière, ou qu’il résulte d’une maladie de quelques-uns de viscères du bas-ventre, soit qu’il provienne d’un dérange ment du système nerveux, cet état n’en constitue pas moi une manière d'exister permanente; c’est pourquoi on le con: sidère comme un tempérament que l’on reconnaît à 1 physionomie ordinairement sombre et pensive, au regard toujours oblique et inquiet. Le mélancolique a peu d’embo point, mais rien n’est plus remarquable que le mode véri table et habituel de toutes ses affections morales: entraîn complètement vers le but de son inclination, il lui devie extrêmement difficile d’en être détourné, il semble mêmt n'être constitué que pour n’embrasser qu’un très-petit nombr d'objets, afin d’y rester attaché exclusivement ; d’un caractèr essentiellement ombrageux, sa haine devient d’autant pl ienace, qu'elle est facile à provoquer, et qu’il n’y a que 1] désir seul de la vengeance qui puisse fixer ses idées, er la prolongeant jusqu’à la pleine et entière exécution de se projets : mais lorsqu'il se passionne pour l’étude des science abstraites, ou la culture des beaux arts, il parvient souve à les approfondir ou à les étendre en les perfectionnant. L mélancolique est semblable au feu qui couve sous la cendre toujours taciturne, silencieux, peu communicatif ; il ne sor ordinairement de cet état habituel que par des actes d’una véritable et très-grande énergie; tantôt poussé’par le génif du mal, tantôt guidé par les élans les plus généreux, il s laisse constamment entraîner à l’un comme aux autres pa un penchant presque irrésistible. Les mélancoliques 50 d'autant plus portés et plus sensibles aux épanchemens d
DES TEMPÉRAMENS. 49i
l’amitié, qu'ils savent très-peu les faire naître; aussi l’on doit compter sur l'empire que réussit à prendre sur eux un ami capable de les fixer, et de captiver leur confiance ou leur attachement; c’est même un très-grand bonheur pour eux.
Du Tempérament athlétique ou Idiocrasie athlétique.
On désigne sous le nom de tempérament athlétique, oa musculaire , toute constitution bien caractérisée par une forte stature, qui résulte plutôt du développement des muscles que de tout ce qui les environne; dans cette complexion, l’individu est doué d’une grande énergie, il a la force en par— age , il peut supporter les plus rudes travaux, lorsqu'il est parvenu au dernier degré de développement; mais toutes es facultés intellectuelles sont presque nulles, les affections le l’âme disparaissent, toute leur activité nerveuse est chez ux en raison inverse de la masse musculaire, Les soi-disant lcides du nord, tous les forts de la Halle, les crocheleurs, es porte-faix, surlout ceux qui exercent leur métier sur les orts de mer, sont doués d’une force étonnante dans presque tous les muscles, qu'ils transmettent assez souvent à leurs nfans ; mais d’autres fois elle est le résultat de l’habitude ontractée dès l’adolescence, au moyen de l’augmentation ourpalière, ainsi que l'histoire le rapporte de Milon de Croone, lequel avec l'habitude était parvenu à porter un bœuf.
Quelle que soit l’origine de la force, il est évident que ceux qui la possèdent forment une classe distincte des autres, ar ils jouissent ordinairement d’une constitution beaucoup lus vigoureuse que la généralité des hommes; il est donc xact de dire qu’ils sont athlétiques, et l’on en rencontre un eau modèle dans l’hercule Farnèse, dans l’hercule Atlas ottant le globe; si l’on considère ces deux figures avec attenion, on y retrouvera tous les signes caractéristiques du empérament athlétique. Un grand nombre de boxeurs an- ;\ais pourraient être compris dans le nombre de ceux qui sont du tempérament athlétique ; cependant, malgré leurs poses académiques pour se battre à coups de poings, nous e les croyons pas aussi vigoureux que lés porte-faix des
ports marilimes; mais nous supposons que parmi ces Mo. dernes athlètes il peut s’en trouver bien peu qui soient ca4 pables de porter, comme les forts de la Halle, des sacs dé farine pesant trois cent vingt-cinq livres.
Les individus dont les corps sont si fortement constitués } particulièrement ceux dont les membres se rapprochent lé plus de l’hercule, ont en général les facultés intellectuelles très-peu développées ; tout ce qu'ils ont de mérite se trouve enfermé dans leur physique, et leur existence morale ess extrêmement bornée; leur grand développement musculaire paraît s’être fait aux dépens de leurs facultés sensoriales , ont oit qu’il à absorbé toute la portion de vie que la nature des: tinait à tous les organes de l'intelligence et de la pensée.
Porta, médecin napolitain, que nous aurons bientôt occa: sion de faire connaître plus amplement, après avoir parlé des tempéramens, termine par un traité sur la manière de donner de la bravoure à un poltron, de rendre juste l’homme injuste, le luxurieux très-chaste, l’ivrogne très-sobre, les: gens délicats robustes, le babillard silencieux : de guérir del l’amour, de l’avarice, de l’envie, en un mot de changer les: caractères; et comme celui-ci, ainsi qu’il le fait observer, est principalement déterminé par le tempérament, il pro-pose aussi de fe changer lui-même, parce qu’il est la cause première des défauts, des vices et des passions qu’on veuf) détruire ou changer, c’est donc lui qu’il faut attaquer; em conséquence, il veut que selon le genre de tempérament om emploie des moyens de le changer, ou tout au moins ceux qui peuvent le modifier, tels que les alimens, les boissons ,, les exercices du corps et de l'esprit. Ensuite il ajoute qu'onr doit faire prendre à ce malade moral, des habitudes entière. ment opposées à celles qu’il a contractées ; enfin, s’il est san— guin ou bilieux, il conseille de l’affaiblir ; s’il est au contraires ]ymphatique, de le fortifier et de le distraire : nerveux, Om Jui donnera des alimens faciles à digérer et susceptibles de: lui augmenter son embonpoint, puis en même temps y joindre tout ce qui peut le calmer au physique comme au moral, em un mot d’avoir recours à tout ce qui peut apaiser son excesss sive irritabilité.
Tel est le résumé des idées que Porta développe d’unes manière spéciale, assez étendue, en examinant les caractères... Nous ne croyons pas que cette façon d'agir puisse être em.
ployée à toutes les époques de la vie, mais elle mériterait quelque attention , il serait peut-être possible de la faire entrer avec beaucoup d’avantage dans un plan suivi d’éducation,
Mais comme dans la physiognomonie, le moyen d’être bien compris, c’est de parler aux yeux, voilà pourquoi, dans la figure 170 de la planche 2, nous offrons à nos lecteurs la facilité de saisir d'un seul coup-d’œil le contraste qui existe ‘dans les quatre individus doués chacun d’un tempérament différent, au moment où ils examinent un tableau repré sentant l’infortuné Calas, à l'instant où il va être extrait de prison pour le conduire au supplice.
La physionomie, la pose, l'attitude, les gestes de ces quatre personnages démontrent assez clairement qu’ils sont lymphatiques , sanguins, bilieux et nerveux.