‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 52 sur 133 · AAA AAA BA MAMA A RAA AU AAA AAA LA UM AAA MANIA · texte numérisé non relu

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DE CUREAU DE LA CHAMBRE, Premier médecin de Louis XXL

Nous donnons à cet article le nom de physiognomonie de Cureau de la Chambre, parce que nous nous bornons à donner les diverses significations qu’il attache à la forme de chaque partie du corps.

« Celui-là, certainement, n’avait pas raison qui se plaiguait autrefois de ce que la nature n'avait pas mis une fenestre au-devant du cœur pour voir les pensées et les desseins des hommes, non-seukement parce que ce sont des choses qui ne tgmbent pas sous les sens, et que quand les yeux verroient tout le fond et tous les replis du cœur, ils n’y Pourroient rien remarquer qui leur en donnât la moindre CoRnalssance ; mais encore parce que la nature à pourvu à celle découverte, et a trouvé des moyens plus certains pour

la faire, que n’eût été cette estrange ouverture que Momu s’était imaginée.

Car elle n’a pas seulement donné à l’homme la voix et Il langue pour estre interprèles de ses pensées, mais dans Il défiance qu’elle a eue qu'il en pouvoit abuser, elle a fait enc core parler son front et ses yeux pour les démentir quane elles ne seraient pas fidelles. En un mot, elle a répandu tout son âme au dehors, et il n'est point besoin de fenestre pour : Voir ses mouvemens, ses inclinations etses habitudes, puis qu’elles paraissent sur le visage et qu’elles y sont écrites ers caractères si visibles et si manifestes.

Le secret de la sagesse consiste à savoir ce que l’on est. ce que l’on peut et ce que l’on doit faire ; et celuy de la pru+ dence, à connoistre aussi ce que sont les autres, ce qu’ils peu vent ct ce qu’ils désirent. Y a-t-il aucune connaissance qui doive être plus agréable et plus utile que celles-là, et celuy qui les aurait acquises ne se Pourrait-il pas vanter de jouir: des plus grands avantages qui se puissent trouver dans la: vie? Cependant l'art de connoistre les hommes enseignes toutes ces choses, car quoiqu'il semble n’avoir d'autre but! que de découvrir les inclinations, les mouvemens de l'âme, . les vertus et les vices qui sont en autruy : si est-ce qu'il ap-prend en même temps à chacun à les reconnoistre en soy-mesme et à en faire des jugemens plus justes et plus sincères: que s’il les considéroit d’abord en sa personne.

Mais comme cet art est obligé d'examiner à fond les choses | qui regardent les mœurs, il est impossible qu’en cherchant ! leurs causes et la manière dont elles se forment, il ne fasse entrer dans son dessein la plus belle et la plus curieuse partie de la physique, et qu’en parlant de la conformation des parties, des tempéramens, des esprits et des humeurs, des inclinations, des passions et des habitudes, il ne découvre ce qu'il y a de plus caché dans le corps et dans l’âme.

La Chambre attribue une très-grande influence aux tempéramens, Celui de l’homme, dit-il, est chaud et sec, celui de la femme, froid et humide. n

Le tempérament de l’homme est chaud, ik faut de nécessité qu’il soit fort et qu’ensuite il soit naturellement hardi, glorieux, magnanime, franc, libéral, clément, juste, reconnais- Sant, — Parce qu’il est sec, il faut qu’il soit ferme, constant, patient, modeste, fidelle, judicieux. .

Comparant l’homme à la femme, il établit en principe qu'il a :

La taille plus haute et plus libre que la femme;

La tête plus grosse;

Les cheveux un peu plus fermes et annelez aux extrémitez}

Le front moins rond et moins uny et presque quarré;

Les sourcils plus gros et plus forts; :

Les yeux plus vifs;

Le nez descendant du front en droite ligne et un peu

plus gros à l'extrémité; Les narines un peu plus ouvertes:

La bouche plus grande;

Les lèvres plus minces;

La voix plus forte;

Le menton moins rond;

Le visage approchant de Ja forme quarrée;

Le col plus gros;

Les espaules et la poitrine plus larges et plus fortes:

Les fesses et les cuisses moins charnues;

Toutes les jointures plus libres ;

Les extrémitez plus grandes et plus fortes;

Les chairs plus dures et plus museuleuses:

La mine et le maintien plus noble;

Le marcher plus vigoureux,

Voici en quoi consiste la perfection naturelle de l’homme.

La largeur de la poitrine et des épaules, la liberté et la force des jointures, l'ouverture des narines, et la grandeur de la bouche, sont des marques de hardiesse.

Le col gros, les chairs dures et musculeuses, les extré milez grandes, sont des signes de force, tant au corps qu’à V’âme.

Le front quarré, le nez un peu gros, los lèvres subtiles, le menton un peu large, marquent la magnanimité et la grandeur du courage. :

La taille haute et droite, les sourcils élevés, le marcher noble, les yeux vifs, désignent la gloire.

Le front et le visage quarré et la tête grosse sont des marques de sagesse, de constance et de justice.

Quoique français et vivant au seizième siècle, de la Chambre ne possède point la galanterie de son temps, et voici

comment il s'exprime en parlant de la plus aimable moitii du genre humain.

« Il faut maintenant examiner la conformation de I! femme. Mais que cette entreprise est difficile! qu’ell! est périlleuse! puisqu'elle ne se peut exécuter qu’on ne cho: que la plus grande et la plus formidable puissance qui soi dans le monde, car enfin il faut déthrosner cette beauté qui commande aux rois et aux monarques, qui se fait obéir pas les philosophes, et qui a causé les plus grands changemen: qui se soient faits sur la terre, Il faut de ce haut point dd gloire où elle s'est placée, l’abaisser dans l’ordre des choses vicieuses, et montrer que tous ces attraits et cette grâce charmante dont elle est parée, ne sont autre chose qu’un mass que trompeur qui cache un nombre infini de défauts. Oui: sans doute, s’il y a quelque certitude dans le raisonnemen: humain, si les principes que la nature a versés dans nostre âme pour la connaissance de la vérité, ont quelque choss dé solide, il faut de nécessité qu’il n’y ait pas une de toute Jes parties qui sont nécessaires pour former la beauté de ld femme, qui ne soit le masque d’une inclination à quelque vice.

Pourquoy faut-il que nous découvrions des choses que là nature à eu tant de soin de cacher? Pourquoy allons-nous condamner celles qui sont approuvées et respeciées de tout le: monde? Certainement nous pouvons dire que nous noug trouvons au mesme estat qu'un juge qui est contraint de faire le procès à son amy, par l'obligation qu’il a à la justice: Qui est-ce qui n’aymerait pas la beauté? Mais qui est-ce aussi qui pourrait résister à la vérité qui est plus forte qu’elle? C’est donc la vérité qui nous force à condamner cette beauté! et à donner un jugement contre elle qui, tout sévère qu'il soit, est néantmoins juste et nécessaire. Car si l’on peut. faire comprendre que ce n’est qu'une belle apparences qui cache une infinité de défauts, et que bien loin d’être la: fleur de la bonté, comme on l’a flattée autrefois, on peuti dire que c’est l'écorce qui couvre les vices de la nature ;; il est impossible que cela n’abaisse l'orgucil dont elle esti accompagnée, et qu’il ne relève le courage de ceux qui l’a. dorent avec lant de bassesse.

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s pouvons dire, sur le principe que nous ayons étably, ,

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