‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 54 sur 133 · PHYSIOGNOMONIE DE CÉREAU DE LA CHAMBRE · texte numérisé non relu

PHYSIOGNOMONIE DE CÉREAU DE LA CHAMBRE

est certain que l'esprit et le jugement travaillent beaucoup plus que la mémoire, qui a sa provision faite de longuemain, au lieu que ceux-cy travaillent sur-le-champ, et. n'ont point de temps pour se préparer.

Mais à ces qualités naturelles il faut adjouster deux choses, la méthode et l'exercice; car celui-cy apporte ure facilité à bien juger, qui ne se peut acquérir par d’autres! moyens, et donne une certaine hardiesse qui sert comme d'enthousiasme et de fureur divine en ces sciences.

Pour la méthode, elle consiste en certaines règles générales qu’il faut observer pour faire un jugement assuré. Voici celles qui sont les plus considérables.

La première est qu’il faut soigneusement examiner les signes qui viennent des causes extérieures, qui sont passagers et qui sont communs, et ne faire aucun jugement par eux.

La deuxième. Un seul signe ne suffit pas pour faire un jugement des inclinations et des habitudes , mais il en faut avoir plusieurs.

La troisième. Quand il y a des signes contraires, il faut remarquer Ceux qui sont les plus forts, et ranger son jugement de leur costé.

La quatrième, Devant toutes choses, il faut considérer quel est le tempérament de celuy dont on veut connoistre l'humeur, et s’en servir comme de la règle qui doit mesurer tous les autres signes : car estant l'instrument présent et inséparable de l'âme, il fortifie ou affciblit les autres signes, selon qu'il leur est conforme ou opposé.

La cinquième. Il faut encore examiner soigneusement la force ou la foiblesse de l'esprit, car l’une et l’autre font un grand effet sur les passions et sur les habitudes, puisque la pluspart des passions s’eslèvent dans l’âme faute d’en bien connoistre les causes. Tel croit qu'on luy fait injure, que l’on ne l’offense point, et tel est saisi d’appréhension, qui n’a point subjet de craindre. De sorte qu’en ces rencontres la foiblesse d’esprit est la cause de ces émotions, tout de mesme que la force du jugement les es— touffe.

La sixième est que l’estude pouvant corriger les inclinations vicieuses, et la mauvaise nourriture pouvant altérer les bonnes, il faut adjouster, autant que l’on peut, aux mar

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