‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 56 sur 133 · CARACTÈRE DES PASSIONS · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DES PASSIONS

Charles Lebrun, premier peintre de Louis XIV, et directeur de l'académie de peinture et de sculpture, a laissé, sur la physionomie et le caractère des passions, deux écrits aussi utiles aux physionomistes qu’aux peintres; en conséquence nous nous faisons un devoir de présenter dans ce Manuel le résumé des idées de ce savant peintre.

« Le sourcil, dit Lebrun, est la partie de tout le visage » où les passions se font mieux connaître, quoique plusieurs » aient pensé que ce soit dans les yeux. Il est vrai que la pru- » nelle par son feu et son mouvement fait bien connaître l’a- » gitation de l’âme, mais elle ne fait pas connaître de quelle » nature est celte agitation. La bouche et le nez ont beaucoup » de part à l'expression, mais pour l'ordinaire ces parties ne » servent qu’à suivre les mouvemens du cœur. »

Les sourcils, selon ce zuintre observateur, ont deux mou- Yemens qui expriment tous les mouvemens des passions, ils s'élèvent ou s’abaissent, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre.

L'élévation, en général, exprime les passions farouches et cruelles. Mais il y a deux sortes d’élévation.

Si le soucil s’élève par son milieu , il indique des mouvemens agréables, et alors la bouche s'élève par les côtés, tandis qu’elle s'élève par le milieu quand on éprouve de la tristesse.

Lorsque le soucil s’abaisse par le milieu, il y a douleur corporelle, et dans ce cas la bouche s’abaisse par les côtés.

La bouche de l’homme qui se plaint s’abaisse par les côtés. S'il est content les coins s'élèvent.

. ni Héic de l’aversion , la bouche ée porte en avant eti $ élève par le milieu.

Les Pleurs déterminent des mouvemens composés etl

diquerons tout leur effet sur la figure.

L'Admiration est la plus tempérée de toutes les pas-: sions, de tous les sentimens : elle produit une suspension de : tout mouvement, aussi le visage subit peu de changement. Le sourcil seul s'élève, mais également et en totalité; l’œil est un peu plus ouvert qu’hebituellement : la prunelle est fixe entre les deux paupières et le regard immobile sur l’objet qui tause l'admiration, enfin la bouche est entr'ouverte, mais sans effort, sans gène.

L'Estime se manifeste par l'attention portée sur l’objet qui inspire. Les sourcils paraissent avancés sur les yeux et pressés du côté du nez, l'autre partie est un peu élevée, l'œil fort ouvert et la prunelle élevée, les veines et muscles du front semblent un peu enflés , ainsi que les veines autour des yeux. Les narines tirent en bas, les joues sont médiocre ment enfoncées, la bouche un peu entr'ouverte, les coins relirés en arrière et penchant en bas.

Le corps est un peu Courbé, les épaules tant soit peu élevées, les bras sont ployés et joignant le corps; les mains ouvertes se rapprochent l’une contre contre l'autre; les ge noux sont ployés.

La Venération. — Provient-elle de l'estime? Je visage est incliné, les sourcils sont baissés en la même situation que nous venons d'indiquer, mais les prunelles paraïssent plus élevées sous le sourcil, la bouche est entr’ouverte et les coins retirés, mais un peu plus tirés en bas que dans l'estime.

Le Mépris s'exprime par le sourcil froncé et abaissé du côté du nez, et de l’autre côté fort élevé; l’œil très-ouvert et la prunelle au milieu ; les narines sont retirées en haut et la bouehe fermée : enfin la lèvre inférieure excède celle de dessus.

Le corps est retiré en arrière, les bras se portent en ayant

pour repousser l’objet qu’on méprise ou qui inspire de l’horreur.

L'Horreur produit, comme le mépris, un froncement du sourcil, mais beaucoup plus fort : la ptunelle, au lieu d'être située au milieu de l'œil, est placée au bas, et semble rentrer sous la paupière inférieure; la bouche est entr’ou— verte, mais plus rapprochée par son milieu que par ses coins, qui sont fortement retirés en arrière. Ce mouvement forme des plis aux joues. Pour l'ordinaire la couleur du visage est pâle et les lèvres ainsi que les yeux un peu livides.

La Frayeur élève fortement les sourcils par le milieu, en même temps ils se rapprochent vers la racine du nez, en s’abaissant sur les yeux; les narines se retirent en haut; les yeux sont très-ouverts, la paupière supérieure se cache sous le sourcil, et la prunelle qui paraît égarée se porte au bas de l'œil.

L'Amour vertueux est une passion fort douce, son expression l’est aussi. Le front est uni, les sourcils se re= lèvent du côté où est la prunelle qui se porte vers l’objet aimé. Les yeux sont médiocrement ouverts: le blanc de l'œil est vif, la prunelle étincelante. La couleur du visage est plus vive, plus vermeille, particulièrement aux joues et aux lèvres. La bouche est légèrement entr’ouverte et les coins un peu élevés : les lèvres paraissent humides.

Le Désir presse les sourcils et les avance sur les yeux qui sont plus ouverts qu’à l’ordinaire, la prunelle est au mi— lieu et pleine de feu. La bonche est ouverte comme pouf par= ler, les coins sont retirés en arrière, et parfois on entrevoit la langue sur le bord des lèvres. Enfin la respiration est agitée.

La Crainte s’exprime par le sourcil un peu élevé du côté du nez, la prunelle est étincelante, inquiète, et située au milieu de l'œil; la bouche ouverte se retire en arrière et ses côtés Sont plus ouverts que son milieu, et la lèvre supérieure dé— passe celle du bas.

La Jalousie fait incliner la tête et ride le front; le Sourcil est abattu et froncé, l'œil étincelant, la prunelle ca— chée sous les sourcils, le regard oblique; les narines pales, ouvertes et très-marquées, elles sont retirées en arrière , ce qui fait paraître des plis aux joues; la bouche fermée annonce

le resserrement des dents; la lèvre de dessus excède celle di dessous; les coins de la bouche sont retirés en arrière @ très-abaissés ; les muscles des mâchoires pèraissent enfoncés

La Tristesse donne au visage et à toute l'habitude du Corps une teinte de langueur: les sourcils sont plus élevé: vers le milieu du front que du côté des tempes; les paupière. abatlues et un peu enflées, les prunelles troubles, Le regare languissant, les narines tombantes, la bouche entr’ouverte :

les coins abaissés, les lèvres pâles et la tête nonchalammen: penchée vers une épaule.

La Douleur corporelle relève fortement les sourcils em les rapprochant l’un de l’autre; la prunelle se cache sous le sourcil, les narines s'élèvent anssi et marquent un pli aux joues : la bouche est très-ouverte, fortement retirée en ar— rière, ct présente dans ses coins une espèce de forme carrée.

Le Rire élève aussi les Sourcils, mais vers le milieu de l'œil, et les abaisse du côté du nez; les ÿeux sont presque fermés, la bouche entr’ouverte laisse apercevoir les dents ; ses Coins relirés en arrière , en se relevant, font un pli aux

joues qui paraissent enflées : les narines sont ouvertes, et les yeux semblent mouillés.

Les Pleurs rident tout le visage, le sourcil est abaissé vers le milieu du front; les yeux presque fermés sont mouillés et abaissés, les narines enflées. La bouche est à demi-ouverte,: et ses coins {rès-abaissés font des plis aux joues; Ja lèvre inférieure paraît renversée et presse la lèvre supérieure.

La Colère enflamme les yeux, la prunelle est égarée et étincelante, les sourcils sont tantôt abattus, tantôt élevés l’un comme l’autre ; le front est fortement ridé, des plis se forment entre les yeux. Les narines sont ouvertes et élar—gies; les lèvres se pressent l’une contre l'autre, et celle de: dessous surmonte celle de dessus : les coins de la bouche, un peu ouverts, produisent l’effet d’un rire cruel et dédai gneux.

Lebrun regardait les têtes d’Antonin et de Néron comme: les modèles les plus parfaits de la vertu et du vice.

On remarque dans le buste d'Antonin un ovale de propor-tion agréable, une division symétrique semblable à celle ques les artistes grecs ont donnée à Jupiter, des yeux séparés par!

une distance convenable et placés sur une ligne horizontale, des paupières pleines et couronnées de sourcils épais, un front large et élevé, un nez droit et légèrement aquilin. L'artiste, et le physionomiste qui veulent étudier la figure d'un homme éminemment vertueux ne peuvent pas faire mieux que de choisir le portrait de ce sage empereur qui bannit de . Rome tous les délateurs.

La tête de Néron qui empoisonna sa mère et fit incendier Rome, offre un sujet d'étude du crime et de tous les vices, Lebrun trouve trop de largeur dans le bas de l’ovale de cette tête; les yeux enfoncés dans l’orbite et privés de paupières laissent éclater le feu de la lubricité, ils paraissent distiller les poisons de l’envie et expriment la crainte; les angles des sourcils sont surbaissés, et se réunissent vers le nez par une tension habituelle, indice de l’opiniâtreté ; le front est trop étroit vers le haut pour contenir le germe d’une action généreuse ; le nez se termine comme le bec d’un oiseau de proie et décèle son penchant à la rapine; les coins de la bouche retirés en bas exhalent son mépris pour les hommes etsignalent en même temps l'excès de sa voracité.

Les hommes illustres des temps anciens et modernes, dit Lebrun, ont tous été pourvus de nez légèrement aquilins : il ajoute qu’un héros doit réunir à cette marque distinctive un front large et élevé, des sourcils épais, et des yeux dont les coins intérieurs forment un angle au-dessus de ligne horizontale, qui n’en coupe alors que les coins extérieurs.

Quand au contraire le front est étroit; le nez trop élevé dans toute sa longueur pour être aquilin, la valeur alors dégénère en audace, et l'individu manque de prudence comme de sagesse.

… Tels sont en abrégé les signes les plus apparens du carac-

tère des passions; mais comme par la suite nous devons 1 revenir, nous les développerons alors d’une manière beau= Coup plus étendue,

D'après De la Porte.

Le meilleur moyen de faire connaître l’auteur dont nou allons extraire les idées physiognomoniques, c’est de citer I: travail que nous trouvons dans les manuscrits inédits dt docteur Chaussier.

« Jean-Baptiste de la Porte, ou Porta, est le plus fameuy » de ceux qui ont écrit sur la physionomie.

» Il était poète, auteur de comédies, philosophe, mathémas > ticien, médecin, grand déchiffreur, chimiste, asirologue+ » et presque magicien.

» Il mourut en 4615. »

Une autre note sur un de ses ouvrages, intitulé Magiæ nas luralis, contient ce qui suit :

« Porta mourut en 1615. Ses premiers ouvrages furent » imprimés en 1606. Environ vers ce temps-là vivaient Za: » charie Gencin de Midelbourg en Zélande, et un paysan » hollandais nommé Drebbel, à qui l’on attribue l'invention: » du microscope; mais il paraît que Porta de son côté er: » connaissait la propriété et les usages, puisqu'il en parld » dans son ouvrage Magiæ naturalis. »

Ce dernier ouvrage suffirait pour démontrer l'étendue et la variété des connaisances que possédait ce savant napolitain. Nous aimerions à entrer dans quelques détails sur ce traité dont le titre peut faire croire qu'il s’agit de magie tandis que l’auteur s’occupe de médecine, de botanique: d'histoire naturelle, de chimie, de physique, etc... Mais nous devons nous borner à présenter le résumé de ses idées phy-. siognomoniques. Voyons donc ce qu'il disait il y a deux: siècles :

« La ressemblance des formes suppose une ressemblance de: » Caractères. » Cette proposition assez vraie dans beaucoups

de circonstances a suscité à Porta l’idée que « les physiono- » mies animales si exactement déterminées pourraient four- » nir des règles sûres, applicables à la physionomie hu- » maine.» En conséquence il a cherché dans les têtes d’animaux des lignes physionomiques ayant quelques rapports avec la figure et les traits de l’homme.

Pour ÿ parvenir et rendre les rapports plus faciles, Porta, sans intention peut-être de favoriser l'adoption de son idée, a commencé par altérer tant soit peu la physionomie, les contours de têtes de taureau, d’aigle, de chèvre, de corbeau, de chameau, de perroquet, de lapin, de lion, de bécasse, etc., puis il les a mises en regard de figures, soi-disant humaines, qu’il a fabriquées et dont la plupart n’ont jamais existé quo dans la grotesque collection de portraits en plâtre de la façon du spirituel Dantan. C'est ainsi que le docteur napolitain est parvenu à établir une sorte de ressemblance de l’homme avec cerlains animaux, ressemblance qu’on admet au premier aperçu, mais qu’on rejette après un examen attentif. Y a-t-il et peut-il exister quelque analogie entre la tête d'un chien de chasse et celle de Platon; entre la tête d’un hibou et celle de César. Voilà pourtant des ressemblances établies par Porta; trop préoccupé de son idée, il s’est laissé entraîner par son imagination, jusqu’à trouver des rapports de la physionomie de l’homme avec la tête d’une bécasse. En allant beaucoup trop loin, en reconnaissant ainsi des ressemblances trop bi zarres avec certains animaux, Porla nous semble avoir nui fortement à son système qui, dans certaines circonstances, n’est pas absolument dénué de toute vérité. Néanmoins nous ne suivrons pas l’auteur dans tous les rapprochemens qu’il fait de l’homme et des animaux, quoique présentés généralement d’une manière ingénieuse, ils ne nous paraissent d'aucune utilité pour le physionomisie ; nous nous contentons donc de faire observer que d’après ce système l’homme a le caractère plus ou moins prononcé et les facultés de l’animal avec lequel il offre quelque ressemblance. Ce peu de mots suffit pour donner une idée complète de ce système physiognomonique.

« Maintenant nous allons indiquer à quels signes on peut, » selon Porta, reconnaître les hommes en qui respirent les » vertus, el ceux qui portent l'empreinte des vices. »

L'Homme juste a le corps bien proportionné, les cheveux

châtains,' la voix grosse, creuse, sans modulation, où tenani le milieu entre la voix mâle et le son aigu ; les yeux grands: à fleur de tête, brillans et humides, les prunelles égales dans leur cercle, ou le cercle inférieur étroit et noir, et l'iris couleur de feu, sans que le regard ait rien de rebuiant; Id front large, étendu jusqu'aux tempes.

Le Méchant. — Son visage est difforme, ses oreilles étroites, sa bouche longue, ses lèvres minces, il a les dents canines, aiguës, et sortant en dehors. La parole prompte} surtout si la voix est grêle ; ou bien il parle du nez, ou il ar-+ ticule difficilement. Son cou est courbé: il a le dos voûté, les: doigts longs et desséchés, les jambes maigres, les pieds dif— formes et concaves en dessous, les yeux obliques, la prunelle. noire et isolée, le blanc luisant et sec, d'un mouvement brusque et oscillant, un peu rouges aux angles : il est blême et: sans embonpoint.

L'Empoisonneur ales yeux de couleur sombre, à fleur de tête, secs, et les deux globes sont inégaux. Sous quelque faces qu'on examine l'œil il n’a point une forme sphérique, on net doit donc pas dire le globe, mais la bulbe de l'œil. Les prunelles: semblent agilées involontairement. Les petites veines qui aboutissent au blanc sont gonflées et paraissent des taches de sang. Si les prunelles sont noires, le blanc de l'œil est: pâle et livide.

L'Homicide. — Sourcils épais qui se joignent au milieu» du front ; les yeux à fleur de tête, secs: les globes inégaux,, les prunelles tremblantes et renversées vers le haut : le blanc: est terne et pâle.

Le Perfide. — Lèvre inférieure déliée et enflée près des: dents angulaires ou canines; sourire faux.

L'Homme probe. — Ses yeux de moyenne grandeur ont! une teinte bleue ou noire, le blanc en est tranquille et brillant. Le regard est assuré, il est grave ; les sourcils sont un: peu resserrés, le front est uni et ombrage un peu les yeux...

Le Fripon a la tête petite, le visage mal conformé, le front! est rude, couvert de plis et de rides; les yeux enfoncés, pe-. tits, secs, d’une couleur indécise; les prunelles sont remuantes, le regard errant, mal assuré; les épaules sont! élevées, le dos plat, les mains étroites et les doigts grêles.

L'Homme prudent n’est pas en général d’une grande sta-

ture, néanmoins la tête est un peu grosse, le crâne large, les cheveux d’une couleur indécise, le visage de médiocre grandeur, un peu d’embonpoint, la lèvre supérieure un peu éminente, le cou un peu penché du côté droit; les yeux grands, brillans, humides; le front uni, large, tranquille ; les mains et les doigts longs, ne gesticulant point lorsqu'il parle.

L'Homme ingénieux est plus ordinairement de taille moyenne ; sa chair est molle, humide; il a le teint blanc et coloré , le maintien doux, les yeux grands et un peu ronds, la tête médiocre et bien proportionnée ; le cou grand, les membres bien disposés , peu de chair aux jambes, la voix claire, les mains et les doigts longs , il rit peu et n'est point railleur.

Le Stupide a la tête fort petite, on grosse et déformée, le profil cave, le front aplati, le bout du nez gros, les yeux très-ouverls ou les paupières tombantes ; le mouvement des yeux très-lent ; la face et les joues charnues et longues, les lèvres grosses, la bouche très-fendue; les dents serrées, la voix bêlante, le cou gros et gras; l’espace entre les clavicules et le sternum très-court, et delà au nombril, extrême ment grand; les bras charnus, les ongles étroits et crochus.

L'Homme hardi.—Visage austère, front nébuleux, sourcils un peu longs, nez tombant sur la bouche, et celle-ci très- ‘grande, dents écartées, longues, aiguës et fortes: cou très raccourci, bras très-long, poitrine large, épaules vastes, yeux vifs, pers, fort agités, paupières presque immobiles.

L'Homme timide parait honteux ; il est facile à étonner ; sa tête est ronde, son front grand, sa face charnue, ses lèvres déliées, sa bouche petite, le corps, ainsi que la poitrine, est maigre et sans poils; son visage est pâle, ses yeux im— béciles, ses jambes grêles, ses mains longues et charnues,

L'Homme fort doit avoir les yeux éveillés, le cou droit, la poitrine large, les épaules musculeuses , les bras longs, les doigts nerveux , le ventre médiocre ; les jambes un peu menues, le mollet et les pieds peu charnus, les cheveux durs,

a barbe épaisse, la voix forte et sonore, la respiration égale.

Le Glorieux se fait remarquer par sa marche lente et fière, ses regards cherchent autour de lui quelqu'un qui l’admire.

Ses sourcils sont arqués et il les élève fréquemment : son cov est droit, élancé, ses yeux grands, clairs, lujsans; ses doigti sont longs et grêles.

L'Avare à le visage et les yeux pelits , très-rapprochés : les sourcils courbés et resserrés, le nez étroit : le cou et lé: pine dorsale courbés en avant, les épaules excessivement res: serrées contre la poitrine, les membres grêles : ses maine ne s'ouvrent jamais entièrement, les doigts restent crochus:

L'Homme colère ne doit pas être confondu avec celui qui parfois a des accès passagers d’emportement ; l’homme colère est sans cesse dans un état de susceptibilité et d’irritatiomn qui se manifeste presque sans cesse, mais plus ou moins for tement selon les circonstances.

Le colérique à les épaules larges, la face ronde, les che veux durs, le front circulaire, brodé, et bas dans le milieu mt les sourcils tortus et larges : les veines des tempes enflées, . le nez pointu, les yeux petits, le regard fixe, le cou gros, , la parole vive et brève, la voix forte mais enrouéo , la respi-ration précipitée, et sa marche très-prompte,

L'Homme doux est plus enclin à pardonner qu’à se ven-ger. Îl supporte sans courroux la médisance et la calomnie : : il dédaigne ou méprise ses ennemis et les abandonne à leurs: regrets ou à leurs remords. On remarque de la force dans: tous ses membres, sa chair est épaisse et humide, sa peau! moëlleuse et sa chevelure très-flexible. Sa stature est d’une ; hauteur moyenne et bien proportionnée. Sa figure annonce | un calme toujours le même; son regard est fixe et tranquille, , le mouvement de ses yeux est lent, sa voix est forte et har-. monieuse,

L'Intempérant a la face charnue et molle, la bouche enfoncée, les yeux voilés, caligineux ou couverts d’un nuage, le regard en quelque sorte effacé, le cou gros, le ventre large, mou et pendant. Les jambes grosses en bas comme en haut, les talons grèles, la marche tantôt vive, tantôt lourde et Jente.

Le Luxurieux se reconnaît aisément à ses yeux lascifs: il a pour l'ordinaire peu de cheveux, souvent ‘il est chauve, exceplé aux tempes et au derrière de la tête: il a les oreilles petites, le nez rond à sa racine, creux en dedans et gros au

bout; les joues fort rétrécies, le visage riant, le menton fendu , la lèvre supérieure concave, l’inférieure épaisse dépassant la supérieure, la poitrine large et velue ainsi que le ventre qui est large ; les jambes grêles, nerveuses et cou-

vertes de poils : les pieds étroits et concaves faisant la nacelle.

Le Gourmand présente une particularité fort remarquable, la distance du nombril au sternum est plus longue que du sternum à la gorge, ce qui donne à ces individus plus de place pour satisfaire leur gourmandise. Sa bouche est trèsfendue, ses dents aiguës, fortes, longues, et sortent au déhors; le nœud de la gorge est très-proéminent; la parole haute et en même temps débile, les yeux voilés, un peu rouges, les paupières inférieures gonflées, le regard errant, le cou gras, les côtes grêles, les mains étroites, sèches et mal conformées.

Le Tempérant plaît à l'observateur par sa physionomie aussi tranquille que sa respiration; sa tête penchée du côté droit est couverte de cheveux clairs et passablement épais, son front est paisible et non nébuleux, mais pensif : sa bouche est moyenne, les lèvres ne sont ni grosses, ni plates; les yeux assez grands, luisans, et leurs angles petits.

L’Impudent regarde chacun avec effronterie et fixe hardiment les yeux des autres; les siens sont grands, sa tête est élevée en son sommet, sa face est longue et plane, son nez courbé au sortir du front est gros, les poils des sourcils sont longs et durs. Sa démarche est prompte et ses mouvemens brusques.

Le Modeste est lent dans ses paroles et ses mouvemens ; son front est très-uni, ses yeux, d’une juste grandeur, sont

gais et luisans; sa voix est sonore et douce; ses oreilles sont ordinairement d’une teinte rouge.

L'Homme revéche marche en jetant vivement les pieds en avant; parlant à quelqu'un, il se frotte les mains l’une dans l’autre; lorsqu'il écoute ses lèvres s’agitent et se serrent ; son front est ridé, et ses joues forment des plis; sa parole

est brève et véhémente, sa respiration est forte et très-fréquente.

Le Menteur a la face charnue, le nes large dans le milieu,

déclinant vers la racine; une sorte de rire moqueur sur s bouche; sa parole est prompie, sa voix grêle, ses sourcil penchent du haut en bas: ses Jeux sont rians el gaillards; ; regarde comme à la dérobée.

Le Babillard possède des oreilles grandes et droites, I nez droit ou large au milieu, les joues un peu longues, la cout leur blafarde comme du miel, il respire en haletant comme s’il avait couru; son menton est rond, sa gorge rude, les

Mains Lortues , les doigts longs et grêles et les côtes gonfléess

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