‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 58 sur 133 · RARAN RAR RL VUVILE ALL VA AAA ER VAT LS VUE UM AA AM UUUAT · texte numérisé non relu

RARAN RAR RL VUVILE ALL VA AAA ER VAT LS VUE UM AA AM UUUAT

Lorsqu'on veut être facilement compris, il est essentiel dé se servir d'expressions dont le sens, la valeur et l’étendue soient bien déterminés et connus de tous ceux auxquels o s'adresse; nous devons donc indiquer la signification exacte des termes physionomie, physiognomonie, et pathognomonique, que nous serons souvent obligés d'employer.

La physionomie se dit le plus ordinairement de l'air et des traits du visage ; mais pour le physionomiste elle n’est point aussi restreinte, elle embrasse homme tont entier ; non-seulement elle s'applique à l'ensemble de toutes les parties de Vindividu, mais encore à lear développement, à leurs mou- Yemens, à toutes les attitudes, au son de la voix, à la marche et aux vêtemens.

« La physiognomonie est une science qui enseigne à con—

.» naître le caractère des hommes par l'inspection des traits >» du visage et de toutes les parties du corps. Telle est la

» définition que nous donne le dictionnaire de l'Académie. »

« La physiognomenie, selon Lavater, est la science qui en- » seigne à connaître le rapport de l’extérieur avec l'intérieur; » de la surface visible avec ce qu’elle embrasse d’invisible ; » de la matière animée et perceptible avec ce principe non » perceptible qui lni imprime ce caractère de vie: de l’effet » manifesté avec la force cachée qui le produit. »

Nous ajouterons que pour parvenir à connaître le caracière par les signes extérieurs, le physiognomonisie ne borne

oint son examen à l’homme seul, il étend ses recherches Lo plus loin, et trouve d’utiles renseignemens dans les “habitudes, les occupations, l'écriture : et lorsque les circonstances le permettent, l'observateur a soin de visiter l'appar+ tement. Les meubles et surtout le cabinet de travail lui fournissent des lumières. Placé dans ce vaste univers, l’homme $y ménage un petit monde à part, qu'il fortife, retranche, arrange à sa manière, et dans lequel on retrouve son image.

Un jour, la comtesse de Morinaye dit à une personne de £a Société : je vous connais bien maintenant, j'ai vu le bureau sur lequel vous travaillez.

Pathognomonique est un adjectif appliqué pour désigner les signes, les symptômes qui sont propres et particuliers à la santé ainsi qu’à la maladie. À défaut de substantif, les Physionomistes l’ont employé comme tel; mais nous n’hésiterons pas à ui donner le substantif, et nous dirons :

La pathognomonique est la science qui traite des signes des passions.

La physiognomonie envisage le caractère dans son état de repos.

La pathognomonie l'exaraine quand il est en action.

446 / DE LA PHYSIOGNOMONTÉ.

Ainsi la pathognomonie est une branche qui devient ii parable de la physiognomonie.

Beaucoup de gens nient ou contestent la possibilités Connaître les caractères par des signes extérieurs, et à chaë Inslant ces antagonistes eux-mêmes jugent tous ceux qui &pprochent per leur extérieur, et sans qu'ils en aient la pi sée, ils sont physionomistes comme par une inspiration bite et spontanée : quiconque trouve en société un indiva qu'il n’a jameis vu, le juge de suite bien ou mal, peu i Porte. I le juge de l'extérieur à l'intérieur, sur sa physion mie, au premier regard il dit c’est un homme honnête, bien ses Yeux n’annoncent rien de bon ; d’autres fois il tro en lui quelque chose qui lui répugne el le rebute, ou qui pl Vient en sa faveur, etc.

Tous les hommes ne sont pas instruits en physiognomon: ious ne possèdent pas la science, mais tous en ont le senh ment, il est pour ainsi dire inné en eux, chaque physionon leur fait une impression particulière et leur inspire l’idée qr cette physionomie dont ils sont frappés indique te} ou tel c raclère ; ainsi, les antagonistes de la physiognomonie ent ] veuglement, le ridicule entêtement de *e nier à eux-mêm lés sensations qu'ils éprouvent, et ils prétendent que l’obse Vation ne peut point donner la certitude que ces sensalions pn duites par dés signes extérieurs, sont soumises à des règk

Certaines et présentent des résultats toujours vrais. Ceper dant, malgré leur obstination, ces anlagonisles reconnaiss bien qu’un scélérat n’a point la physionomie d’un honné homme, qu'un imbécile ou un idiot n’a pas la figure dx homme d’esprit, etc... Puisqu’ils reconnaissent ces vérités qu'est-ce donc qu'ils contestent? Hs contestent qu'ils ne cop çoivent pas, qu'ils ne veulent pas concevoir ou prendre | peine d'étudier et de réfléchir, même sans l’'approfondir, tout qui influe sur le premier jugement qu'ils portent... Qu'ils lisent donc l'ouvrage de Lavater, et bientôt ils scrop convaincus que la différence extérieure du visage et de la phy sionomie entière à un ropport certain, une analogie natur

avec la différence intérieure de l'esprit et du cœur, et que selon les mouyemens intérieurs, l'expression de l'extérieur change et prend un caractère particulier.

Rien ne prouve mieux la réalité de la science physiognomonique que sa grande ulilité dans l’exercice de l'art de gué- Tir, car souvent la physionomie du malade dirige et éclaire le médecin beaucoup mieux que tous les renseignemens qu’on peut lui donner.

Hippocrate, qui vivait quatre cents ans ayant Jésus, fut un très—habile physiognomoniste ; il est à regretter qu’il n’ait pas laissé ses observations sur la physionomie de l'homme en santé comme sur celle de l’homme malade, car il a dû s’en occuper sous ces deux aspects pour en apprécier les différences: Mais dans ses écrits il se borne à parler de la physiognomomie médicale, il indique, avec la plus grande précision, les changemens, les altérations du visage, les différens sons de a voix, les poses, les attitudes, les mouvemens si variés selon la nature de l'affection morbide, et si instructifs pour l’obser- Yateur. Hippocrate a légué à ses successeurs la précieuse Connaissance d’une foule de signes diagnostiques, d'indices extérieurs qui, tous les jours, servent à les guider dans le traitement des maladies, et maintenant encore, malgré les progrès immenses de l’art de guérir, les plus savans médecins consultent souvent les ouvrages de cet homme immortel: On pourrait même assurer que ce sont les plus habiles qui Sempressent de recourir aux lumières du prince de la médécine.

. Zopire n’a point écrit sur la physiognomonie , mais il n’est

Pas douteux qu’il possédait cette science ; car un jour, dans une grande assemblée où se trouvait Socrate, il dit qu'il décou- Yrail sur les traits de ce célèbre philosophe tous les signes d’un caractère violent et des penchans les plus grossiers. So- Craie avoua qu’en effet il était né avec ces dispositions, mais qu’il en avait triomphé par l’éducation et l’étude.

Aristote à recueilli tout ce qu'on avait dit avant lui sur la physiognomonie pour en déduire des règles , des résultats, des principes; mais il ne paraît pas avoir fait des recherches

particulières sur cet objet : néanmoins son traité mérite l’ tention des physionomistes, il est fondé sur la liaison intà et réciproque du moral et du physique, liaison que Mont gne à dépeinte en disant : « tout ceci s’entend de l'âme et! » COFpS unis par une étroiste couture et s’entre-communiqur > leur fortune. »

Marc-Aurelle qui a laissé douze livres de réfleæions # rales qu’on peut regarder comme l’évangile des païens, ay donné audience à un romain, lui répondit : « Ton discon » est écrit sur ton front, je l'ai lu avant que tu aies par » un homme plein de franchise et de probità répand auti » de lui un arôme qui le caraciérise, où le sent, on le. » vine, foute son âme, tout son caractère, se montre sur ; » visage et dans ses yeux, » D'après cette réponse qui est l nonce d’un esprit observateur, on ne peut pas douter que: empereur philosophe ne fût b:n physionomiste.….. « Ques » meure si cet homme n’est un fripon! disait Titus en Pi » Jant du prêtre Tacite; je l’ai vu dans la tribune pleurer » sanglotter trois fois quand rien ne devait exciter ses larmx » et se détourner dix fois pour cacher un sourire lorsq] » était question de vices et de calamités. »

Rhasès, célèbre médecin arabe du dixième siècle , de mêi qu'Hippocrate et peut-être d’après lui, recommande aux decins de ne pas négliger aucun des renseignemens qui ld sont donnés par la physionomie des malades. Ce Rhasès Rasis, dit aussi Almanzor, a laissé des écrits tellement estin que Louis XI ayant demandé à la faculté de médecine : Paris le manuscrit des œuvres de ce médecin pour le fa: copier, la faculté ne voulut s’en dessaisir que moyennant ce tion, On ne dit pas quelle fut la caution du roi. (Dictia naîre biographique.)

Albertus reconnaissait, par la forme de la tête, les facult! les dispositions des individus.

Achille Deharlay, premier président du parlement | Paris, pendant la ligue et sous le règne de Henri IV, aimx à raconter que dans sa jeunesse un physionomiste lui avi prédit sa brillante destinée.

Montaigne dit : « J'ai lu parfois entre deux beaux yet » des menaces d’une nature maligne et dangereuse, il y: » des physionomies favorables et une presse d’ennemis vi > torieux, vous choisirez incoptinent parmi des homm

» incogneus, l’un plustôt que lautre à qui vous rendre » et fier votre vie; et non proprement par la considéra- » tion de la beauté... Il semble qu’il y ait aucuns visages » heureux et d’autres malencontreux, et je crois qu'il y a » quelque art à distinguer les visages débonnaires des niais, » les sévères des rudes , les malicieux des chagrins, les dédai- » gneux des mélancoliques, et telles autres qualités voisines ; » il y a des beautés non fières seulement, mais aigres, àl y en » a d’autres douces el encore au-delà fades. »

Bacon s'explique d’une manière plus positive que Mon-

taigne , il pense que la physiognomonie doit être classée parmi les sciences : malgré l’abus qu’en ont fait les asirolegues, les soi-disant magiciens et devins du quinzième siècle en l’ap— prier à la métoposcopie (l'art de deviner les caractères par le front), ainsi qu’à la chiromancie (interprétation des signes de la main), ce philosophe reconnaît que la physiognomonie est utile, qu'on doit s'occuper de son perfectionnement, et qu'elle mérite de prendre son rang dans l’histoire de la nature.

; Dom Pernety ayant conduit chez M. Delangles un étrangr nommé Kubisse, en traversant une salle garnie de ta bleaux, cet élranger s'arrêta; un quart-d’heure après, M. Delangles et dom Pernety ne le voyant pas venir les re— Eu retournèrent dans celie salle et le trouvèrent les yeux üxés sur un portrait... Que pensez-vous de ce portrait, lui dit M. Delangles, n’est-ce pas celui d’une belle femme?.., Oui, répondit M. Kubisse, mais si ce portrait est bien ressemblant, a personne qu'il représente a l'âme la plus noire et doit être une méchante diablesse..….. C'était le portrait de la Brinvillers, célèbre empoisonneuse, presque aussi connue par sa beauté que par ses forfaits et son supplice.

En 1769 dom Pernety a publié sur la physionomie un discours dont nous allons extraire une partie, parce qu’en général ses idées tendent à prouver l'utilité de la physiognomonie.

« Tout dans la nature porte à l'extérieur un signe dis- » tnetif, un signe hiéroglyphique au moyen duquel ua obser-

valeur en sait très-bien connaître les vertus secrètes e# propriétés.

« La physionomie consiste dans les traits , les linéameng Configuration exlérieure du visage et des autres parties Corps humain, dans son maintien en mouvement oul repos.

« Voyez le visage d’un homme dont les traits et les lim mens se modèlent, s’arrangent sur les vrais mouvcmens cœur, sur la simple impulsion de la nature, considé ensuite lemême visage fardé par de l'hypocrisie, par la fa: berie, dont les traits sont affectés et composés pour {re per. Dieu! quelle différence!

s« La physionomie est un tableau vivant très-expressif,, la nature développe à nos yeux les vrais traits qui ractérisent chaque homme en particulier. Exempte d’ins rêt et d’ignorance, elle exprime toujours le vrai et le 1 Percer à travers cette couleur empruntée de la dissimur tion, ce masque de la fourberie, sous lequel l'art s’effos en vain de le cacher. Aux yeux d’un homme ordinaire, coultumé à êire dupe des apparences, ce masque en imp et fait illusion : aux yeux d’un simple observateur, c’est! nuage léger; mais pour un homme né physionomisie, , Masque n'est qu’une vapeur subtile qui se dissipe à l’appy che des rayons du flambeau de la nature. Cette vapeur, , S'évanouissant, laisse voir le vrai dans tout son éclat, ce” une ombre davs le tableau qui fait valoir les clairs.

“ Prétendre done composer son visage et en former Masque trompeur qui puisse cacher les mouvemens de l’ân: et du cœur, c'est s’abuser soi-même; des rayons s’élances de toutes les parties du visage el surtout des yeux de ce que nous observons, ils portent leur lumière jusque da: le fond du siége de nos connaissances , le nuage se dissipi le masque tombe et le fourbe est à découvert.

« Socrate n'avait pas bien réfléchi quand il désirait que: nalure eût pratiqué une ouverture à la poitrine, vis—à-y le cœur des hommes, pour pouvoir y lire leurs pensées leurs desseins. En pénétrant même jusque dans les pl profonds replis du cœur, qu’y auraient vu les yeux les pl fins? Le mouvement des parties et rien de plus:

€ Dans la suite Socrate eut lieu de se convaincre que | Balure Y à pourvu pas un moyen plus certain que cel

> d'une ouverture à la poitrine. Zopyre le lui prouva; ce Zo-

M» pyre qui ne concevait pas comment ceux qui avaient des

… yeux ne lisaient pas sur la physionomie de Socrate, que ce

> philosophe avait beaucoup de penchant aux vices. …. « Ne serait-ce pas ce qui aurait engagé Socrate à étudier

>» sa propre physionomie dans un miroir, soit pour se corri- > ger lui-même en apprenant à se connaître, soit pour

» devenir savant dans l’art de connaître les hommes: car …» l’histoire nous apprend que cet art fut en grande recom- » mandation dans l’école de ce philosophe et dans celle de

…») Pythagore.

« On peut acquérir celte science par l'observation; mais »-pour y réussir il faut être né physionomiste, comme il

…» faut être né poète. Le sentiment intime en indique plus

» que les règles.

» Nous avons démontré précédemment que ce sentiment » est inné dans l’homme, et avec un peu d'étude, un esprit » observateur et de la persévérance, chacun peut devenir très- » bon physionomiste.

« L'esprit humain, dit Cicéron, s’enveloppe sous des ap- » parences trompeuses et s’en couvre comme d’un voile. Le » front, les yeux, en imposent aux yeux, et le discours si- » mulé, aux oreilles. Sous ce beau dehors, dit aussi Sé— » nèque, parfois se cache un caractère pervers, brutal ct » souyent plus féroce que celui des bêtes.

« Qui peut nous rendre le service de nous avertir des dan- » gers auxquels on s’expose en se liant avec de semblables » hommes ?.. La physiognomonie.

» Avoir des amis, mais de vrais amis, voilà la félicité de » Ja vie. L'expérience nous prouve que tous les hommes » courent sans cesse après ce bonheur, et que bien peu l’at- » teignent,

« S'ils étaient bons physionomistes, ils seraient plus heu- » reux; possédant l’art de connaître les hommes, ils sauraient » aisément trouver ceux dont le caractère estimable sympa- » thise avec eux, et ils auraient la certitude de posséder de » vrais amis,

« Quel prince ne sait pas dès son enfance qu'il est prince? » Les adulateurs ne cessent de lui répéter qu’il est fait pour » commander aux hommes. Il est environué de gens qui lui » crient perpétuellement aux oreilles : tout est à vous. En

152 DE LA PHYSIOGNOMONIE, | » voit-il qui le fatiguent pour lui dire irop souvent : vos

? Personne est à l’état, votre temps est au public. Vous

? serez estimé et aimé qu’autant que vous ferez le bien, , » le bien du peuple. Vous ne pouvez Pas tout savoir ni to » faire. Pour votre honneur et pour le bien de l’état, cha

» sissez-vous des ministres, mais des ministres sincères, |

À l'appui de ce que dit dom Pernety, nous citerons uÿ fait plus moderne, encore plus authentique et qui prouvi qu’un de nos rois à reconnu l'utilité de Ja physiognomonies

proposait d'employer quelque nouveau Personnage, On ne Peut révoquer en doute l'exactitude de cette particularité , Car prêt à rendre le dernier Soupir, de la Chambre s’écria : Que je plains sa Majesté ! que de Mauvais choix elle va faire désormais! |

«A Sparte, les enfans étaient élevés aux dépens de la Ré. » publique, dans des établissemens où ils n'étaient reçuss » qu'après avoir obtenu les suffrages des physionomistes char. » gés d'examiner leur figure, leur force, leur bonne confor-- » mation, » Les enfans faibles ou difformes, ceux dont less traits annonçaient un Mauvais caractère étaient précipités dans: le Taygete comme des sujets qui deviendraient à charge à cux-mêmes et pernicieux à la République. De là sans doute : est venu Je proverbe distortum vultum sequitur distortio morum.

Ce proverbe, ainsi que beaucoup d’autres, manque parfois d’exactitude : Socrate à prouvé qu’on aurait eu tort d’en faire l'application à son Yisage, malgré son apparence rebutante et l’ensemble désagréable de tonte sa Personne, que,-dans le prologue de la vie de Gargantua, Rabelais a décrit de la manière suivante :

Ve

“ «Tel, au dire d’Alcibiade, était Socrate , parce qu’en le » voyant au dehors, et l’estimant par l’extérieure expérience, » n’en eussiés donné un coupeau d’oignon, tant laid il était de «> corps et ridicule en son maintien : le nez pointu, le regard d’un taureau, le visage d’un fol; simple en mœurs, » rustique en vêtemens, povre de fortune, infortuné en > femme, inepte à tous affères de la république; toujours …» riant, toujours beuvant, toujours se gabelant, toujours dis- “» simulant son divin scayoir. Mais ouvrant cette boête, eus< -» siés trouvé une céleste et impréciable drogue, entende >» ment plus qu'humain, vertu merveilleuse, courage invin- » cible, sobresse non pareille, contentement certain, assurance “» parfaite, déprisement incroyable de tout ce pourquoi les -» humains tant veillent, tant courent, travaillent, nayiguent » et bataillent. »

Platon examinait avec la plus grande attention la physio— … nomie des jeunes gens qui désiraient assister à ses leçons : si par suite de cet examen il les jugeait incapables de faire des progrès dans la philosophie, il les engageait à suivre une auire carrière et les congédiait. Il n’est pas douteux que Platon était bien convaincu de l'utilité de la physiognomonie.

Le médecin jaloux d’exercer sa profession avec autant de succès que d'honneur, doit, à l'exemple d'Hippocrate, être bon physionomiste ; tous les grands médecins de l’antiquité en

ont fait un précepte.

« Lorsque vous entrez chez un malade, dit Actuarius, avant tout considérez sa manière d’être couché, observez sa respi- - ration, voyez les traits de son visage : si ses yeux sont creuss, ses tempes enfoncées; s’il a le nez retiré ou devenu plus

pointu ; s’il a l’œil net ou larmoyant ; leregard fixe ou inquiet; le front sec et aride, ete. »

Puisque la physiognomonie ést si nécessaire, si utile à celui qui exerce l’art de guérir, puisqu'on ne peut pas contester qu’elle est indispensable pour le peintre , le sculpteur, le dessinateur, pourquoi n’offrirait-elle pas aux instituteurs de la jeunesse les mêmes avantages qu’à Socrate, à Platon, à Pythagore? En un mot, pourquoi ne serait-elle pas utile à tous les hommes? Le prétendre serait une absurdité.

Si l’art de connaître les hommes par la physionomie avait acquis tout le développement dont il a besoin, s’il devenait familier, s'il était enseigné, s’il entrait dans le plan d’études

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