DE LA PHRÉNOLOGIE EN ANGLETERRE
Monsieur le docteur Scoutetten à raison de dire que c’est après avoir fait le tour du monde que la phrénologie est revenue en France, mais elle y a encore trouvé de nombreux antagonistes; et malgré le zèle de ses partisans, ce système est bien loin d’inspirer aux Français un intérêt aussi vif qu'aux Anglais,
Dans l'empire britannique, la phrénologie est pour une
foule de personnes une véritable phrénésie, du mot phrène,
égarement de l'esprit. (V Acad. écrit frénésie.) Les Anglais, généralement penseurs, ont embrassé ce système avec un empressement qui semble extraordinaire, tandis qu’il est une suite naturelle de leur goût inné pour l'observation et l’a— nalyse. D'ailleurs, les principes de la société philosophique
. du sens commun ont pu contribuer à cet enthousiasme : de—
puis long-temps cette société avait distingué les penchans ou instincts, les sentimens et les facultés intellectuelles, et les regardait comme résultant de l’action générale du cerveau; mais elle n’avail pas comme Gall imaginé des organes parti-
- culiers, qui sans doute ont paru le complément des idées de
la société.
Ilexiste en Angleterre vingt-trois réunions de savans dont les travaux sont consacrés uniquement à la phrénologie, Indépendamment de ces vingt-irois sociétés, la plupart de celles de médecine et de philosophie s’occupent aussi de crà- Rioscopie. En outre, le professeur de médecine enseigne à l'université de Londres le traitement des aliénations mentales d'après le système phrénologique; enfin l'éducation est ai rigée d’après ce même syslème dans les écoles fondées à À berdeen per sir J. Marensie, à Enfield par M. Rondeau, à Ongaer par M. Sioaks.
Londres possède sept à huit collections phrénologiques; la plus considérable est celle de M. Deville, elle contient deux mille deux cents têtes d’homines, cinq mille d'oiseaux et autres animaux.
Dans l’intérêt de la phrénologie, examinons si cette collec-
tion a réellement l'importance qu’elle semble présenter premier aperçu. Elle est, dit-on, une des plus riches et « plus nombreuses de l'Europe. On doit convenir qu’elle 4 très-nombreuse; mais riche, nous ne lé pensons point :: quantité ne constitue pas la richesse, la qualité seule pe donner quelque prix à une semblable collection; or nous a: Jons démontrer que la qualité manque à celle de M. Devil! et que parmi ces 2,200 têtes d'hommes, il ne s’en tro qu'un petit nombre, mais un nombre irès-minime, peut-êl une vingtaine seulement, dont les protubérances ont le mu rite d’être vraies, mérite essentiel, indispensable pour, q des plâtres puissent servir à l’étude de la phrénologie et élablir des observations. L'historique de la manière da cette collection a été faite suflira pour prouver ce que n ayançons,
À Paris, lorsqu'on désire une lampe, on s'adresse | lampiste, et quand on veut une tête en plâtre, on la deman où on la commande à un modeleur figuriste. El paraît qu Londres on agit différemment, on la fait mouler après. Vos ce que rapporte M. le docteur Bailly de Blois, qui, ph d’une fois, a enrichi la science de ses lumineuses recherch! phrénologiques.
« En 1821 un phrénologien s’adressa par hasard à » lampiste de Londres et lui demanda s’il pourrait lui fai » le moule en plâtre d’une tête qu’il lui apporta. Devill » consentit, et s’acquitla si bien de cette besogne, que d’au » tres personnes vinrent le prier de leur rendre le même se » vice. »
Le lampiste prit goût à cette branche d'industrie fort no velle pour lui : il étudia les ouvrages de Gall, ceux de Spu zheim, et de simple mouleur il devint sculpteur, « car il » mit à modeler la tête de toutes les personnes qu’il renco: » trait dans le monde et qui lui offraient quelques protubh » rances remarquables, »
Ce commencement de collection de têtes plus ou moii protubérées attira chez le lampiste-sculpteur un grand nor bre de visiteurs qui payèrent leur curiosité en permettant ce cränomane d'ajouter leurs têtes à celles qu'il possédä déjà.
Les curieux abondent à Londres comme à Paris, et bienti leurs crènes en plètre, s’emparant de toutes les places, chaë