EN ANGLETERRE
sèrent les lampes du magasin ct encombrérent la maison de MDeville, qui fut enfin obligé de faire construire une vaste lgalerie pour loger tous ces plâtres céphalomanciques, (1) # Le lampo-sculpteur ne s'était décidé à faire cette dépense “ de construction qu'après s'être bien assuré qu’il était reconnu par tous les habilans de Londres pour un savant phréno- - logien.
Lorsque sa galerie fut terminée, il annonça que le nombre * considérahle des visiteurs l’empêchait de continuer ses travaux; et en bon spéculateur, comme est généralement chaque anglais, il exigea une rétribution. Âverlie par des hommes-affiches, la population entière accourut chez lui; . chaque jour sa bourse se remplit, et sa collection s’augmenta des têtes de quelques-uns des visiteurs.
Il est à regretter que ces 2,200 plâtres de têtes humaines ne puissent servir de base à aucun raisonnement, tant soit peu plausible, Tous ces personnages qui ont permis à M. Deville de modeier leurs têtes, n’ont pas eu la complaisance de faire raser leurs cheveux, afin que le phrénologien püût pren- ‘dre le moule exact de leurs éminences céphaliques. Ainsi, les têtes de plâtre ont été façonnées au hasard par le sculpteur-lampiste, lequel y a placé à peu près les protubérances que ses doigts peu ostéologistes n’ont pu juger que très-imparfaitement à travers une épaisse chevelure. Pour reconnaître sur une tête vivante les protubérances galliques, il ne suffit pas d’avoir attentivement examiné leur lace sur une gravure ou sur un plâtre, il faut avoir étudié âvec soin la forme normale du crène de l’homme et de la femme bien constitués ; il faut en outre savoir apprécier les différences, les défectuosités occasionnées par les travaux, les habitudes, les chutes, les coups; enfin il faut savoir distinsuer les gonflemens ou les enfoncemens déterminés par la pression d’un chapeau, d'un bonnet de nuit trop serré, etc.
M. Deville a pu faire et a fait, nous le présumons, des figures ressemblantes aux personnages, et c’est à cette ressemblance qu’il doit une grande partie de son suctès; mais le bossage des têtes, la position, l'étendue, la forme, la hauteur, la direction des protubérances du crâne, lout cela est établi
(1) Du mot céphalomancie, deyination par le moyen de la tête. a