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Une guériscm providentielle

Un homme, écrasé sous les roues d'une lourde voiture de pierres, avait été inutilement présenté par les témoins de cet accident chez plusieurs habitants du voisinage, qui hésitaient à donner l'hospitalité au mourant, lorsque vint à passer un pensionnat de jeunes gens : c'étaient les élèves de M. D..., chef d'institution à Equermes-Ies-Lille, qui leur donnait l'exemple de toutes les vertus, et qui consentit volontiers à recevoir chez lui le blessé.

Les soins les plus empressés lui furent prodigués dans cette maison hospitalière. Mais D... avait fait appeler un chirurgien en même temps qu'un prêtre. Malheureusement, la connaissance ne revenait pas au malade, et, plusieurs essais pour le saigner ayant été complètement inutiles, on regardait sa position comme désespérée.

On était en plein mois de Marie. De ferventes prières furent dites à l'intention du blessé dans la chapelle du pensionnat ; les plus grands élèves se partagèrent le soin de le veiller, en compagnie de sa

pauvre mère qu'on avait fait venir, et qui se livrait an désespoir à l'aspect de son fils, son seul soutien, rais dans un si cruel état.

Les jeunes enfants de madame D... avaient été mis au lit; mais l'un d'eux, âgé de huit à neuf ans, était trop préoccupé pour pouvoir dormir. Au milieu de la nuit, il se leva tout doucement et vint trouver sa mère pour lui demander la permission d'attacher sa petite médaille de la sainte Vierge au cou du malade. Partageant sa confiance, madame D... y consentit volontiers.

Aussitôt un mieux sensible se manifeste : la circulation se rétablit, le sang coule sous la lancette, la connaissance revient au malade, qui, pour premier effet de cette amélioration, reçoit les sacrements qui aident à bien mourir, et parfois aussi ramènent à la vie.

Dès ce moment, le malade alla de mieux en mieux et se remit comme à vue d'œil. Frappés de ce merveilleux événement, les élèves, qui célébraient avec solennité les exercices du mois de Marie, se consacrèrent à la Mère de Dieu avec un nouvel élan de ferveur, et organisèrent entre eux une quête pour remédier au préjudice que le chômage forcé avait dû causer à leur protégé.

Le 31 mai, la chapelle du pensionnat présentait un touchant spectacle : au milieu de ces jeunes gens, lisant à haute voix leur acte de consécration, figurait

le convalescent, tout habillé de neuf et la bourse bien garnie, qui, avec sa vieille mère, rendait aussi des actions de grâces à Marie et la priait pour ses bienfaiteurs.

Avant de prendre congé d'eux, ce brave homme s'écria, dans l'élan de sa reconnaissance : « J'ai envie d'aller remercier tous ceux qui ont refusé de me recevoir ; leur inhumanité m'a rendu service ; c'est 5 elle que je dois d'avoir été transporté ici et d'y avoir été comblé de faveurs ! »

169. — Une çuérison par l'intercession de Notre-Dame de la Valette.

Une petite fille de neuf à dix ans a été, dans la ville de B..., l'objet d'une protection toute spéciale de Notre-Dame de la Salette. Son père, ouvriercharron, déchargeait de grosses pièces de bois pour son travail, en les lançant d'un étage supérieur dans une petite cour voisine de son atelier. Son enfant, ne se doutant pas du danger, traverse d'un élan cette cour, mais pas assez rapidement pour se soustraire à la chute d'une énorme pièce de bois qui, l'atteignant à la tête, la renverse et lui brise le crâne. Le médecin, appelé sur-le-champ, déclare que le cervelet est à jour, que la mort est inévitable, qu'il n'y a rien à faire, et il s'éloigne aussitôt. La tante de cette pauvre victime de sa propreimprudence a depuislongtemps une dévotion particulière à Notre-Dame de la Salette.

fille s'empresse d'imbiber des linges de l'eau de la fontaine de Marie, les applique sur la plaie béante, au fond de laquelle on distinguait ce que le médecin avait indiqué comme étant le cervelet. Chaque jour, cette dame renouvela les compresses jusqu'à entière et parfaite guérison, qui ne se fit pas longtemps attendre. Lorsque la science apprit que l'enfant avait survécu à ce terrible accident, elle avait déclaré que cette guérison ne serait pas parfaite sur tous les points, parce qu'elle laissait d'ineffaçables traces : la folie, ou au moins l'idiotisme. Mais Marie ne le voulait pas ainsi. Elle a usé jusqu'au bout du pouvoir tout divin dont le Seigneur l'a investie. Depuis deux ans la petite fille continue son éducation dans un des pensionnats de la ville. Sa mémoire, son intelligence et ses succès prouvent qu'elle n'a rien perdu de ses facultés et de son aptitude à l'étude comme au travail manuel. Dans sa douleur et son désespoir, au moment de l'accident, le malheureux auteur des jours de l'enfant, qui se croyait, l'auteur de sa mort, promit à Dieu, s'il lui rendait sa fille, de ne plus manquer le dimanche à la messe et aux saints offices de l'Église : il a tenu parole !

1 « O. — Un enfant miraculeusement sairré par Ma rie.

Edouard P..., enfant âgé aujourd'hui tout au plus de dix ans, se trouvait, il y a peu d'années, dans un

village de la Franche-Comté, où son père s'était relire à la suite de revers de fortune, en altendanl une position meilleure. L'enfant étant un peu malade, on l'avait couché de bonne heure, sous la garde d'une petite bonne qui bientôt s'endormit, malgré les recommandations qui lui avaient été faites.

La chambre de l'enfant était h un deuxième étage d'une grande élévation; ce pauvre petit, pris d'une sorte de transport, n'ayant pas conscience du lieu où il était, et trompé par la clarté de la lune, se précipita par une fenêtre restée ouverte, tandis que son père et sa mère étaient occupés dans une salle du rez-de-chaussée.

La mère crut s'entendre appeler par son enfant ; elle se persuada d'abord que c'était une illusion, puisqu'elle le croyait en haut de la maison et que la voix semblait provenir de la cour; mais, ayant entendu frapper à la porte, elle alla ouvrir, et quelle fut sa stupéfaction de voir entrer son petit Edouard, la tête ensanglantée ! Il lui raconta comment il était tombé, et ajouta naïvement, et avec toute la simplicité de son âge, que la sainte Vierge l'avait relevé et lui avait dit d'aller frapper à la porte de la salle à manger, où il trouverait sa maman.

Un médecin fut appelé, l'enfant n'avait aucune lésion ; on lui appliqua par précaution quelques sangsues, mais le lendemain il était guéri. Cependantcette affaire fit du bruit : chacun venait voir le netit nro-

tégé de Marie. Le lieu de l'accident fut examiné avec soin; il y avait doublement de quoi tuer l'enfant, car, immédiatement sous la fenêtre par laquelle \1 était tombé, était ouverte à deux battants une cave dans laquelle il eût été naturel qu'il tombât, tandis qu'il s'était trouvé choir beaucoup plus loin. Enfin, on le questionna sur la céleste apparition, on lui demanda comment la sainte Vierge était habillée ; il satisfit sans hésiter à toutes ces questions.

Le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, ayant entendu parler de cette circonstance, désira voir l'enfant et se le fit amener. Il le prit à part, l'interrogea minutieusement, et obtint invariablement les mêmes réponses, qui le convainquirent de la sincérité de l'enfant et de la réalité du fait miraculeux. Dès cet instant sa bienveillance fut acquise à cette famille; il obtint un emploi pour le père de l'enfant, et sans doute il ne perdra pas de vue l'éducation de celui-ci. Pour nous, nous avons vu cet enfant, nous avons admiré sa figure, aussi aimable qu'intelligente. Nous lui avons demandé s'il se souvenait bien du bonheur qu'il avait eu d'avoir vu Marie ; il nous répondit qu'il s'en souviendrait toujours. Nous ne douions pas qu'une pareille protection ne lui porte bonheur dans toutes les circonstances de sa vie, et que cette faveur ne rejaillisse sur sa famille, fort éprouvée, pour qui cet enfant est déjà une puissante consolation,

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