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Un Iudieu sauvé par Marie

On lit dans les Annales de la Propogation de la foi le trait suivant, rapporté ainsi à M. Olivier, missionnaire apostolique, par un chrétien des grandes Indes :

a Si je vis encore, lui disait-il, je le dois à la protection de la sainte Vierge. Un jour, j'étais allé couper du bois dans la forêt avec plusieurs personnes. Gomme nous devions y rester quelque temps, nous fîmes une petite hutte, que nous couvrîmes avec des branches d'arbres. Nous étions tous réunis dans cette cabane, lorsque, au milieu de la nuit, nous entendîmes un grand bruit dans la forêt, et nous ne doutâmes point que ce ne fût un éléphant: chacun, comprenant le danger que nous courions, se sauva comme il put. A peine étais-je sorti, que l'éléphant, car c'en était un, me saisit par les cheveux, m'éleva à cinq ou six pieds de terre et m'emporta. Dans celte triste

MÈRE DE LA DIVINE GRACE. 3â9

position, je me mis sous la protection de la sainte Vierge, la conjurant d'intercéder pour moi auprès de son Fils. Je ne pouvais faire que cette prière, car j'étais presque sans connaissance. Lorsque l'éléphant m'eut porté assez loin, il creusa avec son pied une espèce de fosse, m'y déposa, rassembla sur moi beaucoup de terre et s'avança dans la forêt. Cependant, faisant de grands efforts, je parvins à m'arracher de ce tombeau, et tâchai de me sauver. Mais à peine eus-je fait quelques pas, que l'éléphant m'atteignit de nouveau, et, me prenant par un pied, me jeta rudement par terre. Il se trouvait près de là du sable : Panimal furieux creuse une seconde fosse, m'y place et me couvre d'une si grande quantité de sable, que, malgré tous les efforts que je pouvais faire, il ne m'était presque pas possible de remuer. Je m'adressai toujours à la sainte Vierge : je demeurai dans ce douloureux état le reste de la nuit. Le matin il me sembla entendre les cris de plusieurs personnes qui se lamentaient; bientôt je crus reconnaître la voix de ma mère, qui, ayant appris de mes compagnons que j'avais été enlevé par l'éléphant, venait chercher mon corps, ne doutant point qu'il ne m'eût tué. Ma mère m'appelait, et je ne pouvais répondre de manière à être entendu. Dieu la conduisit près du lieu où j'étais; elle crut remarquer un certain bruit, et voyant le monceau de sable nouvellement remué, elle pensa que je pouvais être enterré en

cet endroit. Elle appela les autres personnes qui, ayant retiré le sable don! j'étais couvert, me trouvèrent presque demi-mort. Oui, si je vis encore, je le dois à la Mère de Dieu, et je suis prêt, pour lui témoigner ma reconnaissance, à faire tout ce qui pourra lui être agréable. »

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