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Ira femme gfoêrie par l'archi confrérie

Qui ne connaît l'archiconfrérie de Noire-Dame des Victoires? Il se fait là tous les jours des prodiges incroyables. En voici un, raconté par le curé luimême qui a fondé cette sainte association : « Un ,:manche matin, c'était au mois d'octobre, un monteur, qui me parut très-occupé, m'aborde dans la sacristie quelques moments avant la grand'messe, et me dit : « Je voudrais bien parler au pasteur. — « C'est moi, monsieur. — Ah ! c'est vous, monsieur; a eh bien, monsieur, j'ai une femme que j'aime; « elle est mère de trois petits enfants. Ah ! monsieur, « elle est bien malade, elle esta l'extrémité; les mé- (f decins m'ont dit hier soir qu'ils ne connaissaient « plus de remèdes. Ma pauvre femme va mourir. Oh ! « qu'il est cruel de se séparer comme cela quand on « s'aime bien ! » Ce brave homme avait les yeux gros de larmes, et je voyais à la contraction de sa figure qu'il faisait des efforts pour ne pas pleurer. Je lui parlai avec intérêt de sa femme pour le soulager. Il versa des larmes et ajouta : « On m'a dit que l'on « venait vous trouver quand on avait des malades, a que vous aviez des prières avec une archiconfrérie, « et que les malades guérissaient. Je ne comprends « pas tout cela; mais, si vous y pouviez quelque

« chose, je vous en prie, guérissez ma femme. — Ce « n'est pas nous qui les guérissons, mais nous le de- « mandons à Dieu, et dès ce soir nous allons prier a pour elle. — Et ma pauvre femme sera guérie? — « Je n'en sais rien, mais je l'espère. » Quinze jours après, et encore le dimanche matin, la même personne vint me retrouver. Ce jour-là, son visage était radieux : « Monsieur, me dit-il, je viens remplir un « devoir de reconnaissance, et vous remercier au a nom de ma femme et de mes petits enfants. Ma « femme est guérie, et ce qu'il y a de plus extraor- « dinaire, c'est que, le dimanche où je suis venu vous « voir, il y a quinze jours, les médecins ne voulurent « rien lui ordonner; elle ne put rien prendre de la « journée, elle était mourante et sans connaissance « dans l'après-midi. Nous n'attendions que la mort, « quand, à neuf heures du soir, elle s'est endormie c d'un sommeil calme, qui a duré plusieurs heures, « et s'est réveillée sans souffrances, n'ayant plus que « de la faiblesse. Elle a mangé avec appétit, a repris a ses forces, s'est levée au bout de huit jours, et au- « jourd'huielle est parfaitement rétablie. — Eh bien, « mon cher monsieur, c'est justement à neuf heures « dusoir que nous l'avons recommandée à l'archicon- « frérie, il y a quinze jours. — Oh ! à présent je crois « qu'il y a un Être suprême. — Comment! est-ce « qu'auparavant vous ne croyiez pas qu'il y ait un « Dieu? — Pardon... si... mais je vous avoue que je

« ne m'en occupais guère. — Mais, mon cher ami, « c'est lui qui vous a donné la vie, qui vous la con- « serve; c'est de lui que vous tenez les forces et les « moyens de gagner votre vie et celle de vos enfants. « S'il vous abandonnait un instant, que deviendriez- « vous? Et c'est lui qui a rendu la vie et la santé à « votre femme ; c'est lui que vous devez remercier « de cette grâce. Comment le ferez-vous si vous ne « pensez pas à lui? — Je ne dis pas, monsieur; mais, îue voulez-vous? on est dans le commerce, dans i ,<s affaires, ah! on n'est occupé que de cela. Mais « dites-moi donc, je vous prie, comment vous vous y « êtes pris pour guérir ma femme si vite ; c'est à « neuf heures que vous l'avez recommandée à l'ar- « chiconfrérie, et c'est à neuf heures qu'elle s'est « trouvée mieux... Qu'est-ce que c'est donc que l'ar- « chiconfrérie? Ce sont sans doute des prêtres? — « Je vous répète que ce n'est point nous qui avons or guéri votre femme, mais la bonté de Dieu qui a « accordé cette grâce aux prières de l'archiconfré- « rie; et T^rchiconfrérie est une société de bons « chrétiens, qui s'unissent pour demander à Dieu, « par leurs prières et leurs bonnes œuvres, la con- « version des pécheurs, la guérison des malades, le « soulagement de toutes les misères qui affligent leurs « semblables. Il y a beaucoup de prêtres dans cette « société, mais il y a beaucoup plus de fidèles, il y en o a des millions. — Mais, monsieur, ils ont prié pour

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« ma femme, ils ne la connaissent pas; je ne vous al « pas môme dit son nom. — Cela n'est pas néces- « saire, les chrétiens savent que tous les hommes sont a enfants de Dieu, et par conséquent leurs frères, et « que Dieu leur ordonne de les aimer comme ils s'ai- « ment eux-mêmes. Pour plaire à Dieu, ils rendent « à leur prochain tous les services qu'ils peuvent lui « rendre, et ils prient la sainte Vierge d'obtenir de « Dieu les grâces et les secours qu'ils ne peuvent pas « leur procurer eux-mêmes. Voilà ce que l'archicon- « frérie a fait pour votre femme. — Que c'est beau I o monsieur, ah ! je vais le dire à ma femme. Mais « où donc se font ces bonnes œuvres-là? — Ici, « dans l'église, tous les dimanches, à sept heures du « soir. — Ah! monsieur le curé, je ne savais pas « tout ça, je vais le dire à ma femme; elle n'y pourra <( pas venir, car il faut qu'elle garde ses enfants ; « mais moi, j'y viendrai. Ah ! monsieur, remer- « ciez-les bien, je vous en prie, ces bons chrétiens, « ils m'ont rendu doublement heureux. » (L'abbé Mullois.)

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