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Vne prière de petit enfant

Dans un quartier de Paris, qui n'a pas précisément la réputation d'être le meilleur, est une famille d'ouvriers composée de cinq personnes, le père, la mère et trois petits enfants. L'aîné a douze ans, le deuxième sept ans, et le plus jeune quatre mois. Les deux pre-

miers fréquentent les classes. L'abondance n'est pas toujours à la maison, on le conçoit ; la souffrance prend souvent sa place, mais ce n'est pas sans dédommagement. La mère a eu le bonheur de gagner une statue de la sainte Vierge à une loterie ; elle a été placée dans le lieu le plus apparent de la pauvre chambre. Les petits enfants l'ont entourée des images gagnées à la classe, voire même de petits bouts de chandelle : c'est la chapelle domestique. C'est là que l'on va chercher un peu de courage dans la douleur.

Or, il n'y a pas longtemps, le plus jeune des enfants iombe malade. Le médecin déclare, à la troisième visite, que le mal est mortel, et que la pauvre petite créature n'a plus que quelques heures à vivre. Cette révélation est un coup de fondre pour la mère; désespérée, éperdue, elle se jette aux pieds de la statue de la sainte Vierge, sans trop savoir ce qu'elle faisait : « Ma bonne Mère 1 s'écrie-t-elle, je vous ai consacré mes enfants ; le médecin ne peut plus guérir le plus jeune; je n'ai plus d'espoir qu'en vous, je vous le donne, faites-en ce qu'il vous plaira. »

Auprès de la mère se trouvait l'enfant de sept ans ; il s'était jeté à genoux avec sa mère, ses petites mains jointes et les yeux élevés vers le ciel : il avait fait sa petite prière. Fuis, comme inspiré : « Maman, ne pleure pas, dit-il naïvement à sa mère, j'ai prié la sainte Vierge, et elle a dit ù moi que petit frère ue

mourrait pas. » Ces simples paroles rendent le courage à la mère désolée ; elle couvre de baisers l'enfant malade, avec la confiance que sa prière était exaucée, et quinze jours après l'enfant était hors de danger, et la mère elle-même racontait le fait avec des larmes de joie. (Messager de la Charité.)

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