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Une protection de Marie

Il était dix heures du soir, le 9 août 1843, lorsque, par suite d'une pluie torrentielle, l'eau envahit un moulin du village de Chappes (Allier). Le meunier, craignant pour lui et sa famille, songea aux moyens de s'enfuir; il ouvre la porte, mais aussitôt l'eau l'enveloppe dans ses tourbillons ainsi que sa femme et son fils aîné. Les eaux envahirent rapidement la chambre voisine où se trouvaient couchées deux petites filles, l'une de sept ans et l'autre de trois ans, et un petit garçon de cinq mois. Grande est leur frayeur, elles pleurent, elles appellent leur mère. Hélas, où étaient-ils?

Les eaux augmentent et vont engloutir ces jeunes enfants. La paillasse surnage et touche presque le plancher; ils sont poussés d'une extrémité delà chambre à l'autre, et le courant menace de les emporter dehors.Mais la petite tille aînée se désole, et personne ne peut la secourir. Il lui vient une pensée ; elle prend sa médaille et adresse à la sainte Vierge cette prière: « 0 Marie, ma bonne mère, mon bon curé m'a dit « que toutes les fois que je vous prierais, vous viendriez à mon secours; secourez-moi maintenant; « j'ai ma médaille; ma sœur et mon frère l'ont aussi ; « protégez-les. » Elle sentit immédiatement une lueur d'espérance briller dans son Ame; peu à peu les eaux diminuèrent, et au point du jour leur oncle parvint à pénétrer dans la chambre, où il trouva ces trois enfants sauvés miraculeusement.

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