Confiance du maréchal Suchet en 39arie
Un jour, dit un chroniqueur moderne, un pèlerin à figure martiale, qui avait commencé par observer Lyon du haut de la colline, en homme qui en voulait étudier le fort et le faible, se présente devant l'église de Notre-Dame. Les fidèles, levant un instant
leurs yeux baissés pour la prière, se dirent intérieurement : Le maréchal Suchet ! C'était en effet lui, le maréchal de l'Empire, l'enfant de Lyon, à qui l'on avait confié la défense de sa ville natale, qui traversait la nef du sanctuaire de Marie à pas lents, avec une contenance respectueuse, où se mêlait je ne sais quoi de doux et d'attendri, quelque chose comme un lointain souvenir de joie qui se réveille et berce l'âme avec une musique invisible. Il entre dans la sacristie, et fait prier un des chapelains de venir l'y rejoindre ; le vice-président accourt. « Monsieur l'abbé, dit le maréchal, quand j'étais tout enfant, ma pieuse et bonne mère m'amenait souvent ici, aux pieds de Notre-Dame ; ce souvenir m'est cher, et je ne l'ai jamais perdu. Veuillez faire dire quelques messes à mon intention. » Et, après avoir déposé trois napoléons sur la table où l'on enregistre les offrandes, le héros s'en alla tout simplement s'agenouiller devant l'autel de Marie, où il pria quelque temps avec une édifiante piété.