Admirable confiance en Mario
Nous avons rencontré quelquefois de vieux marins, qui avaient traversé les tempêtes de l'Océan, ou des soldats de la grande armée qui avaient souffert les horribles douleurs de Moscou : nobles restes de notre gloire, ils étaient venus reposer leurs membres mutilés dans la demeure de leur père ou dans ce magnifique asile ouvert par Louis XIV aux débris de nos armées, nous aimions à les interroger sur leurs souvenirs, et ils nous racontaient avec joie leurs longues
vicissitudes. Ils redisaient les batailles sanglantes, les dangers évités et les orages affrontés, la mort dans le combat, la sépulture dans la gloire ! Mais au milieu de leurs récits guerriers, une pensée pieuse apparaissait. Ils nous disaient que dans les terres lointaines, sur la mer, aux vastes solitudes, quand le souvenir de la patrie leur venait dans l'esprit, ils revoyaient l'église sainte avec la chapelle bénie où Marie tend les bras au chrétien innocent, comme aussi au pécheur pénitent ; le nom du hameau natal, le souvenir de la mère chérie, amenaient toujours le nom de la Reine des vierges, protectrice du foyer paternel. Et quand la mer bouillonnait sous le souffle de la tempête, quand le canon grondait dans la bataille, le matelot et le soldat invoquaient du fond de leur cœur V Etoile de la mery le Secours des chrétiens.