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Piété d'un grand roi

Sous le règne de François 1er, Tan 1528, la nuit du dimanche de la Pentecôte, quelques luthériens iconoclastes abattirent la tête de deux statues de la sainte Vierge, qui étaient dans le mur d'une maison faisant le coin de deux rues, dans le quartier Saint-Antoine. Ils rompirent de môme la tôle de l'enfant Jésus, et ils donnèrent quelques coups de poignards à ces saintes images. Le bruit d'un tel attentat mit toute la ville en rumeur. Le roi ordonna qu'on en fît une justice exemplaire. 11 promit la somme de mille écus à celui qui découvrirait les auteurs du crime; et, pour réparer l'injure faite à Dieu et à la sainte Vierge, il fit faire une statue d'argent, de la hauteur de celle qui avait été profanée, avec un treillis de fer, pour mettre en sûreté ce précieux dépôt. Cependant tous les corps ecclésiastiques de la ville firent des processions pour satisfaire la justice divine. L'Université se rendit au lieu où le crime avait été commis, et cinq cents écoliers choisis présentèrent chacun un cierge devant la statue mutilée. Mais l'action la plus solennelle se passa le 11 dejuin, fête du Saint-Sacrement, c'était le jour que le roi avait déterminé pour placer lui-même la statue d'argent. Tous les religieux et tous les chapitres de Paris se rendirent dans une église voisine du lieu de la cérémonie. L'évêque y

célébra la messe, à laquelle assistèrent le parlement, la chambre des comptes, le corps de ville, les ambassadeurs des princes, tous les grands officiers de la couronne, les princes du sang, et le roi lui-même. On y vit aussi sept évoques outre celui de Paris. Après la messe, toute cette procession si nombreuse et si auguste s'avança vers le lieu désigné. L'évèque de Lisieux, grand aumônier de France, portait la nouvelle statue. Le roi suivait, tenant un grand cierge à la main. Quand on fut arrivé au terme, l'évèque déposa l'image sur un autel ; le roi se mit à genoux avec tout son cortège; les musiciens de sa chapelle chantèrent l'antienne Ave, regina cœlorum; le grand aumônier dit Voraison, après laquelle le roi se leva, et, prenant la statue, il monta sur une estrade élevée, d'où il pouvait atteindre à une niche taillée dans un pilier fait exprès; et ce fut dans cette niche qu'il plaça la sainte image, après l'avoir baisée respectueusement. Ensuite il ferma lui-même le treillis de fer, qui devait la garantir des insultes; il se remit à genoux, il pria encore quelque temps, et durant la cérémonie on vit ce grand prince verser des larmes d'attendrissement, preuve sensible de sa fui et ue sa piété. (Histoire de itiyUse gullicune.)

LOALTTE. 1 1 1

HUITIEME JOUFi

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