‹ Nouveau mois de MarieChapitre 43 sur 121 · Une famille consacrée à Marie · texte numérisé non relu

Une famille consacrée à Marie

Une pieuse famille habitant, il y a quelque vingt

ans, la ville deLihe, manifestait une grande dévotion envers îa sainte Vierge; la mère, habituellement malade depuis un grand nombre d'années, reconnaissait !ui devoir des soulagements fréquents et inespérés; son amour pour Marie était tel, qu'elle ne pouvait parler d'elle sans que des larmes d'attendrissement vinssent mouiller ses paupières, et elle assistait avec assiduité à tous les exercices de dévotion qui se faisaient en son honneur à l'édifiante paroisse Sainte- Catherine. Le père, qui occupait un emploi supérieur dans une administration importante, partageait le môme sentiment, et, autant que possible, les mômes pratiques. Ces deux époux avaient le courage d'énoncer leur manière de penser devant les personnes qu'ils recevaient chez eux, quand on s'y permettait un langage peu convenable. Quant à leur fille unique, qu'une infirmité privait souvent de les accompagner à l'église, elle y suppléait en faisant ses prières devant une statue delà Vierge placée dans sa chambre, et qu'elle avait soin d'orner de fleurs et de divers ouvrages de ses propres mains.

La maladie de la mère s'était aggravée, et Dieu voulut enfin l'appeler à lui. Elle se disposai mourir en bonne chrétienne comme elle avait vécu, et reçut avec édification les derniers sacrements; néanmoins dans son agonie, sa raison s'étant troublée, sou esprit fut agite de fantômes effrayants qui rendaient sa fin bien pénible ; L'aspect de ses terreurs déchirait Je*

cœurs de ceux qui l'aimaient, quand son mari eut une inspiration soudaine; il monta à la chambre de sa fille et en descendit la statue de la Vierge, couronnée de myosotis, quil plaça en face du lit de la mourante : « Tiens, mon amie, lui dit-il, voici ta bonne Mère qui vient elle-même te consoler. » Alors, s'agenouillant avec ferveur, il se mit en prières, une main étendue vers la Vierge, l'autre vers sa femme, dont les agitations se calmèrent; l'agonie cessa, et les dernières heures qu'elle passa dans ce monde furent aussi paisibles que le sommeil d'un enfant.

Le père et la fille se proposaient de communier le lendemain à l'intention de la défunte ; mais, dans la nuit, la jeune personne éprouva une indisposition pour laquelle il semblait indispensable de lui faire prendre quelque chose; elle ne pouvait s'y décidera cause de la communion qu'elle tenait à ne pas manquer. Dans cette perplexité, son père eut encore recours à la Vierge, et le mal céda instantanément, de sorte que sa fille put accomplir son pieux désir.

Depuis ce temps, la jeune fille, jusqu'alors si heureuse, a subi une longue suite d'épreuves : elle a changé de condition, de demeure, de patrie; mais, toujours pleine de confiance en Celle qui avait donné à elle et aux siens des preuves si évidentes de sa protection, elle ne s'est jamais séparée de sa madone chérie, plus vénérée d'elle que jamais depuis les circonstances merveilleuses qui s'y rattachaient.

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