I>e scapulaire d'un soldat français
On rapporte, dit le docte et pieux P. Crasset, beaucoup de miracles que Dieu a opérés pour autoriser les pratiques en l'honneur de Marie, comme celles du rosaire et du scapulaire. Je ne puis en omettre un qui est arrivé, dans l'endroit où s'est donnée la bataille de Senef. M. le marquis de S***, connu par sa probité irréprochable, me raconta, au retour de la guerre, le trait suivant dont il avait été lui-même témoin oculaire. Il me dit que le troisième jour après le combat, ayant reçu Tordre de se rendre sur le champ de bataille et de faire transporter à l'hôpital les soldats blessés, il vit, parmi un grand nombre de morts, un soldat qui portait un scapulaire et tenait dans ses mains un chapelet, et qui demandait un prêtre pour se confesser. Le marquis, s'étant approché de lui, remarqua qu'entre plusieurs blessures graves il avait reçu un grand coup de sabre sur la tête et un coup de mousquet qui lui avait traversé le front, de manière qu'on voyait la cervelle des deux côtés. L'apercevant dans ce déplorable état, il dit aux gens de su suite ; « Voilà un liuumie mûri qu'il faut laisser
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là. a Le malheureux soldai, rayant eulendu, le pria instamment de le faire jeter sur la charrette avec les blessés, ajoutant qu'après qu'il se serait confessé au premier prêtre qu'il rencontrerait, on le laisserait, si on voulait, dans la campagne. On emporta le pauvre soldat avec les autres Liesses, et quand on eut fait quelque chemin, on rencontra un aumônier ; le moribond se confessa avec une grande présence d'esprit, et, après avoir eu le bonheur de recevoir l'absolution de toutes ses fautes, levant les yeux au ciel, il expira doucement en murmurant le nom de Marie, patronne de la bonne mort.