‹ Nouveau mois de MarieChapitre 55 sur 121 · SCAPULAIRE · texte numérisé non relu

SCAPULAIRE

en 1855. Il est raconté par un journal d'Aoste, dans le Piémont. Un berger étant allé faire paître son troupeau sur le col qui sépare le village de Chantoreier de celui d'Issogue, un furieux orage vint à éclater. Le berger se réfugia alors avec son troupeau sous un rocher qui faisait voûte. Il n'y était que depuis quelques moments, lorsque la foudre éclata et tomba sur ce rocher. Dix chèvres furent tuées, et une, entre autres, qui se trouvait tout contre lui ; pour lui, il n'eut que ses habits tant soit peu endommagés. Quand on lui demande comment il est arrivé que la foudre ne l'a pas touché, il répond : « Si je ne suis pas resté mort, je le dois à la protection de la très-sainte Vierge, que j'invoquais alors un peu machinalement ; d'ailleurs j'avais sur moi mon scapulaire, je n'avais donc rien à craindre. » Aussi, le lendemain de cet événement, il s'en alla de bonne heure à l'église, se prosterna au pied de l'autel du saint et immaculé cœur de Marie, et la remercia de ce qu'elle lui avait conservé la vie d'une manière si miraculeuse.

t>3. — SI. de Laval.

Plusieurs hommes honorables du département du Yar étaient tombés au pouvoir des insurgés au mois de décembre 185-1. Ces malheureux, enfermés dans la prison de Salernes, s'altendant à la mort, demandèrent un prêtre pour recevoir leur confession. M. l'abbé Jaume, vicaire de Salernes, se rendit à leurs

désir.-. Cle digae ecclésiastique témoigna une bonté toute particulière au jeune Andéol de Laval, et lui remit un scopulaire pour le protéger dans les circonstances périlleuses ou il se trouvait. Plus tard, on transporta les prisonniers à Aups, où les insurgés avaient été forcés de se retrancher. Exaspérés de leur défaite, ils se disposaient à massacrer ces infortunés, lorsque l'armée arriva tout à coup an pas de course. Alors il se livre un horrible combat. L'hôtel Crouzet, où sont renfermés les prisonniers, est désigné comme le quartier général des chefs. C'est sur lui que se dirige l'attaque la plus vive. Les appartements sont criblés de balles. Il fallait se faire reconnaître des soldats. Décidé à mourir pour sauver ses amis, M. de Laval n'hésite pas ; il va droit à la fenêtre, parle aux soldats, qui ne le comprennent pas, et, le prenant pour un insurgé, dirigent sur lui tous leurs coups. 11 tombe percé de balles, tout sanglant ; déjà une baïonnette a déchiré son bras. A ce moment, enfin, on aperçoit aux fenêtres de l'hôtel les gendarmes prisonniers agitant leurs bonnets de police. Le cajntaine arrête le feu; il embrasse M. de Laval, qui lui dit en lui serrant la main : « Je meurs content; j'ai sauvé mes compagnons. Vive le 50e! » M. Pastoureau, préfet du Var, racontant plus tard à madame la baronne de Laval cette terrible scène dont il avait été témoin oculaire : ci Madame, disait-il, votre lils devait mourir mille fois sous tant de coups de feu pleuvant sur

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lui de toutes parts; je ne pouvais comprendre comment il bougeait toujours. » Un brigadier de gendarmerie, qui combattait avec la troupe, raconte qu'il a tiré sur lui deux coups de pistolet, et voyant, ajoute-l-il, que je ne pouvais réussir à le lutr^fy airenjncé. Les habits de J\I. de Laval onlvnNGT -N£UJ? trous de balle; sa cravate et ses buttes en sont criblées; sa casquette, qui est demeurée sur sa tôle, est percée entre le cuir de la visière et le drap; la poitrine du paletot a neuf trous. Un des -plombs des insurgés a rasé lu poitrine faisant deux trous à la chemise sans effleurer même la peau. M. de Laval est sauvé; il a vu peu à peu ses blessures se cicatrise-!1. Dès les premiers jours de sa captivité, sa mère et ses sœurs tirent une neuvaine à la très-sainte Vierge, pour demander la conservation d'une vie aussi précieuse.

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