‹ Nouveau mois de MarieChapitre 56 sur 121 · CONFIANCE DE L'ARMÉE FRANÇAISE DANS LA MEDAILLE MIRACULEUSE · texte numérisé non relu

CONFIANCE DE L'ARMÉE FRANÇAISE DANS LA MEDAILLE MIRACULEUSE

O-fi. — Trois mille médailles et cinq mille acapu-

les journaux les moins suspects ont dû constater, comme les feuilles catholiques, les actes de foi de l'armée française et sa confiance en Marie. Voici,

4 88 SEIXIÈME JOUR.

d'après le Nord, le récit d'un fait qui s'est passé à Avignon :

« Quelques dames du plus haut parage avaient obtenu la permission de stationner sur la voie ferrée au passage de chaque convoi militaire.

« Dès que le sifflet de la locomotive se faisait entendre, elles accouraient, elle train s'arrêtait à peine, qu'on voyait ces dames allant de wagon en wagon, de portière en portière, distribuant des médailles et des scapulaires. Tous les soldats, fantassins, lanciers, artilleurs, zouaves, acceptaient avec reconnaissance ces dons pieux, et, bravant le respect humain , ouvraient leurs uniformes pour revêtir sur-le-chaorp les livrées de la sainte Vierge. En troîs jours, cinq mille scapulaires et trois mille médailles ont pris ainsi la route d'Italie.

« Pourtant, ia prévoyance des donatrices fut en défaut. Au passage d'un convoi, très-nombreux sans doute, les médailles manquèrent, et les dames sévirent, à leur grand regret, hors d'état de satisfaire à l'empressement d'une foule de braves qui leur tendaient la main de tous côtés. Un officier supérieur d'artillerie se faisait remarquer entre tous par la vivacité de ses instances.

« Que faire? le train était au moment de repartir, impossible d'aller chercher en ville un supplément de médailles e& de scapulaires. Madame la comtesse de*** prend alors sa grande médaille d'argent des

l'armée française ET LA MÉDAILLE. 189

Enfants de Marie, qu'elle portait suspendue à une chaîne d'or, et elle l'offre au commandant, qui jure de la conserver toute sa vie. Des faits de ce genre n'ont pas besoin de commentaire. »

05. — Un détachement de l'armée d'Italie» de passade à Tieils-Maisons (Charly)

Le lundi 22 mai 1859, lendemain de la première communion, à VieîJs-Maisons, au moment où les en* fan!s se rendaient à l'église pour y entendre la messe d'action de grâces, leur marche fut interrompue par une compagnie de six cents militaires partant pour l'Italie, lesquels, voyant suspendue au cou de ces nouveaux communiants une petite médaille de l'Immaculée Conceplinn, leur demandèrent avec prières et supplications de leur donner ce gage béni.

Les enfants se firent un devoir de demander l'avis et la permission de leur maîtresse qui y applaudit grandement, et aussitôt les enfants des deux sexes se firent un bonheur de détacher leurs médailles et de souscrire au désir pieux de ces bons soldats.

Toutes celles que possédaient encore nos sœurs institutrices leur furent également distribuées, avec regret de ne pouvoir compléter le nombre de six cem*, aussi se sont-elles empressées de faire une nouvelle provision de médailles pour avoir la conso» lation de satisfaire la piété de nos braves soldats à l'occasion.

fiti SEIZIÈME JOUR.

Heureux de ce trésor, officiers et soldais, pleins de confiance en là Reine du ciel, dont ils portaient la glorieuse lhrée, proclamaient leur foi et leur espérance, en disant et répétant à haute voix sur leur passage : La bonne Vierge nous ramènera,

©6. — IjCi religion rend le soldat intrépide*

La lettre suivante a été communiquée au Droit commun de Bourges :

« Devant Sébastopol, 5 juillet 1855.'

«Mon excellent père,

« Mon bataillon a été décimé, il est vrai, et, s'il faut que je te le dise, j'ai été moi-môme blessé'; mais la plaie que m'avait faîte une balle en effleurant mon bras gauche est tout à fait fermée. Je n'ai voulu t'ecrire qu'après complète guérison, parce que je craignais que, si je te parlais de blessure, môme légère, tu allasses croire à quelque chose de grave. L'amour paternel est si porté à grossir le mal et à voir la mort où il n'y a que quelques gouttes de sang répandues !

«M. Paumôn'er de ma division, que j'étais allé trouver (et tu sa's pourquoi faire, car je n'ai pas oublié sous le sac tes bons conseils), m'avait flotor i l'a courage le plus décidé.

« Je lui avais montré la médaille de la sain 13 Vierge que m'avait remise feu ma bonne cru iv, et il

L'ARMÉfi FAANCAISE ET LA MÉDAILLE. Ï9i

ta'avaît répondu î a Allez, mon bon ami, on no pér!t «jamais sous la protection de Marie, et si le ciel de- « mande pour votre pays le sang qui coule dans vos «veine?, la Reine du ciel vous ouvrira une patrie « meilleure. »

«Je t'assure, mon vertueux père, que ces saintes et patriotiques paroles du brave aumônier, ainsi que le souvenir de ma tendre mère, ravie à mon affection, il n'y a que quelques mois, m'ont soutenu avant et pendant le combat, en me donnant un espoir que la religion seule est capable de mettre dans l'âme.

« Si j'avais vu la mort venir à moi, c'eût été sans terreur ; car j'avais mis ordre aux affaires de ma conscience. Tous les sous-officiers de mon bataillon (moins deux) en avaient fait autant. J'ai aussi compté ce jour-là vingt-sept officiels, y compris mon commandant, qui sont allés visiter la tente de notre digne aumônier. Le démon, comme tu le vois, n'a pas encore l'âme de tous les militaires.

«Fais lire ma lettre, je t'en prie, à mon pauvre frère, qui ne pratique pas, lui, la religion, quoique, comme il me Ta dit un jour, il ait la foi. S'il savait la paix que goûte une âme vouée à Dieu et à son pays, il n'hésiterait pas un seul instant à se la procurer.

« Je me porte très-bien maintenant, et si le ciel, en nous rendant victorieux, m'accorde de revoir mon vieux Berri, et loi surtout, mon bon père, je

Î92 SÉIZÎÈ'JÈ JOUît.

te raconterai beaucoup de détails qui ne sont pas du cadre d'une épître.

« Adieu, bon père, et crois Lien que ton fils ne trompera pas tes espérances et qu'il se conduira toujours comme chrétien et comme Français.

« Louis D. d

f)1?. — lie soldat reconnaissant.

Un denos amis de Lyon nous raconte, dit VUniverg, nn trait qui touchera nos lecteurs. Il était allé à la campagne voir un de ses parents, qui le ramenait à Lyon dans sa voiture, lorsqu'à plusieurs lieues de la ville ils dépassèrent un soldat qui marchait péniblement et paraissait exténué de fatigue. Madame N... fit ar^ter ses chevaux, et, adressant la parole au militaire, elle lui demanda où il allait et d'où il vcnail, et s'il était malade. « Je reviens de Grimée, répondit le soldat, e! je me rends à Lyon ; mais je suis rongé par la fièvre, et je ne sais si je pourrai achever mon élape. » Madame N... fit aucsitôt monter le pauvre piélon dans sa voilure, lui donna des soins, et, quand on fut arrivé a la porte de l'hôpital où le soldat voulut s'arrêter : « Madame, dit-il pénétré de gralitude, vous m'avez rendu un bien grand service, et je ne sais comment vous témoigner ma reconnaissance. Sans vous, je serais peut- être mort sur la grande route. Tenez, je n'ai qu'une chose à laquelle je liens beaucoup, et qui m'a protégé à la guerre ; c'est le pape

l'armée FRANÇAISE ET LA MÉDAILLE. 193

qui me l'a donnée à Rome, mais vous avez été si bonne pour moi, que je vous prie de l'accepter. » Et le bon soldat, ouvrant sa capote, ôta d'autour de son cou une médaille de la très-sainte Vierge, suspendue à un cordon, et la présenta à sa charitable bienfaitrice.

Page 1