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Ce général Bosquet

Le jour où l'on a chanté le Te Deum à Pau pour la prise de Sébastopol, le corps municipal, avant de4 se rendre à la préfecture, est allé, suivi de ses officiers en retraite, présenter ses hommages à la mère du général Bosquet. M. le maire, au nom de tous, lui a adressé ces paroles :

« Madame,

, « La population de la ville de Pau s'associe tout

entière à notre démarche; elle est fière et heureuse des lauriers de l'Aima, d'Inkermann et de l'assaut du 8 septembre. Le nom du jeune héros ira d'âge en âge ; on dira combien ce jeune général prudent et savant dans les mouvements stratégiques qui précèdent les batailles, indomptable dans le combat, bon et humain après la victoire, fut toujours fils soumis et respectueux.

« Heureuse mère, recevez les félicitations de la ville de Pau. Que Dieu vous accorde de longs jours pour voir grandir encore cette gloire déjà si grande ! Dites à ce fils chéri toute notre admiration; dites-lui nos vœux pour son bonheur.

« Recevez, madame, l'expression du respect remplissant tous les cœurs en présence de la mère de celui qui est une de nos gloires, une illustration de la ville de Pau. »

Le général Bosquet, à la journée du 8 septembre, avait reçu une violente contusion sur l'omoplate du côté droit ; cette blessure l'obligea de revenir en France ; arrivé à Montpellier, accompagné de ses deux aides de camp et d'un médecin, ce général, qui a pris une part si glorieuse à la campagne de Grimée, depuis la bataille de l'Aima jusqu'à la prise de Sébastopol, a été accueilli par la foule qui stationnait aux abords de l'embarcadère, avec tes cris répétés de : Vive le général Bosquet.

Sa réception ne fut pas moins magnifique à Tar-

l'armée française et la MÉDAILLE. SOS bes. Lorsqu'il traversa cette ville, toutes les notabilités se sont présentées à l'hôtel où il est descendu. Les maisons voisines ont été illuminées. Le corps dé musique de la garnison et la société philharmonique lui ont donné chacun une sérénade. Puis, le maire et le conseil municipal se sont rendus auprès de lui pour le complimenter. Le lendemain, avant son départ, un chanoine de la cathédrale fend la foule qui se pressait dans la cour de l'hôtel, et dit au général : « Pardonnez, si je prends la liberté de vous interrompre ; mais j'avais un bien grand désir de vous voir ; j'ai prié le bon Dieu pour vous. — Je vous remercie, monsieur le chanoine, a répondu avec émotion le général. Vos prières m'ont été utiles, ainsi que ces saintes médailles que m'a données ma mère et que voici. »

Disant cela, il tira de son sein plusieurs médailles de la sainte Vierge, les présenta au digne prêtre, et lui serra la main affectueusement.

Lorsqu'il traversa la cour pour monter dans sa voiture, la foule se découvrit avec respect, et les cris de : Vive le général Bosquet ! furent répétés avec un grand enthousiasme.

Quelques mois auparavant, le générai écrivait à un de ses amis, créole de l'île Maurice :

« Mon cher,

« Je viens vous serrer la main sans mettre pied à

terre, car mon sort est celui des damnés qui vont toujours sans s'arrêter jamais aux bonnes haltes de la vie, emportant avec moi des souvenirs et des regrets ; celui de votre cœur d'or, mon vieil ami, et votre pieuse pensée d'associer mon nom au vôtre dans les prières de votre sainte mère, me revient souvent pour me réconcilier avec les mensonges de cette vie ; et par la pensée je vous ai écrit bien des fois, vous remerciant de bien faire agréer à madame votre mère les sentiments d'un cœur de soldat bien respectueux, plein de reconnaissance et tout confiant dans ses prières.

« J'allais oublier votre petit présent, qui a été bien accueilli et très-bien prisé.

« L'heure approche où il sera décidé que la guerre va s'arrêter ou se déchaîner sur l'Europe. Ici, sur ce petit coin de terre, l'heure suprême est bien proche aussi ; que la volonté de Dieu soit faite; pour moi, après avoir baisé la croix de mon épée, j'attends et je suis prêt.

a Je vous embrasse, mon cher..., de loin, mais de bon cœur.

«17 avril, de Crimée,

« Général Bosquet, o

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