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La médaille du maréchal Canrobert

Parmi les traits édifiants que j'ai lus sur la médaille de l'Immaculée Conception, dite avec raison

l'armée française et LA MÉDAILLE. 2 07

médaille miraculeuse, il en est peu qui m'aient autant frappé que celui-ci.

Le général Ganrobert, aujourd'hui maréchal de France, étant venu prendre congé de l'Impératrice avant de partir pour la guerre de Grimée, Sa Majesté lui donna une médaille en or, attachée à un cordon de soie, en lui disant : « Général, portez cette mé- « daille avec foi, et je suis sûre qu'elle vous protc- «gera. » Le brave général remercia l'Impératrice, prit la médaille et partit. Quelques mois après, les journaux renfermaient les lignes suivantes : « Un a éclat d'obus a frappé le général Canrobert; heua reusement ce projectile ne lui a fait aucun mal, car a il s'est arrêté sur la plaque d'une médaille bénie. » Ce que quelques journaux appelaient si prosaïquement une plaque, le Messager delà Charité fait remarquer que c'était la médaille de l'Impératrice. On Ta su de la manière la plus authentique par une lettre que Canrobert lui-même a adressée à l'Impératrice pour la remercier, en lui racontant ce fait, si évidemment miracuieu*.

10?. — Je suis né Juif, je mourrai Juif.

On a écrit des milliers de volumes sur les miracles opérés par l'entremise de la sainte Vierge. En voici un qui a fait grand bruit il y a quelques années ; j'ai vu moi-même la personne à qui il était arrivé. C'était à la fin de l'automne de 1841. Un Juif de Strasbourg, nommé Alphonse Ratisbonne, très-riche et très-instruit, voyageait pour son plaisir et pour sa santé. Il était à Rome. Il avait pour ami d'enfance un jeune protestant nommé Gustave de Bussière. Il leur arrivait quelquefois de discuter sur la religion ; mais leurs entretiens finissaient toujours par ces deux mots : « Protestant enragé! disait l'un. — Juif encroûté I » disait l'autre. M. le baron de Bussière, père de Gustave et excellent catholique, voulut à son tour entreprendre la conversion de M. Ratisbonne ; mais celui-ci lui dit pour toute réponse : « Monsieur le baron, je suis né Juif, je mourrai Juif. — Puisque c'est comme cela, Monsieur, faites-moi au moins le plaisir de porter cette médaille à votre cou. — Comment ! monsieur, vous vous moquez de moi, pour me proposer une pareille chose? — Non

monsieur, je ne plaisante point; d'ailleurs, puisque vous êtes si sûr de vous-même, je ne vois pas pourquoi vous auriez peur de vous passer cette médaille au cou. — Qu'à cela ne tienne, monsieur le baron, je la prendrai pour vous faire voir que les Juifs ne sont pas aussi entêtés qu'on le dit. » Durant quelque temps on ne parla plus de rien ; on paraissait même avoir tout oublié. Un jour, nos voyageurs étant entrés dans une église de Rome, dédiée à saint André, M. Iiatisbonne la visitait froidement, et se contentait de chercher les curiosités et les objets d'art; mais M. de Bussière s'était retiré un peu à l'écart et l'avait laissé seul quelques minutes. Quelle ne fut pas sa surprise, en le rejoignant, de le trouver prosterné devant la chapelle de Saint-Michel ! Il l'appelle, point de réponse ; il le pousse par l'épaule, et Alphonse ne paraît s'apercevoir de rien. «Ah ! que je suis heureux 1 s'écrie-t-il enfin, au milieu des ; oupirs et des sanglots ; que Dieu est bon ! quel î onheur ! que ceux qui ne croient pas sont malheureux I » En même temps, il [irait sa médaille de son sein et la couvrait de baisers et de larmes. Il voulut aller tout de suite trouver un prêtre pour être insfuit et baptisé. Le baron, tout joyeux, le conduisit au P. de Viilefort, auquel M. Ratisbonne raconta le changement miraculeux qui s'était opéré en lui. Il fût baptisé quelques jours après, et aujourd'hui ce Juif encrcû'é est devenu un prêtre plein de zèle et

d'ardeur pour le culte de Dieu et de la très-sainte Vierge. C'était la médaille miraculeuse qui l'avait converti.

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