‹ Nouveau mois de MarieChapitre 69 sur 121 · Vœu de Louis XIII · texte numérisé non relu

Vœu de Louis XIII

La France, au commencement du règne de Louis XIII, fut longtemps agitée par diverses factions et lhrée à toutes les horreurs de la guerre civile. Attaqué à la fois au dehors par plusieurs ennemis puissants, ce prince comprit aisément l'insuflisance de toutes les ressources humaines dans des circonstances a :ssi critiques. Il tourna donc toutes ses es-

pérances vers le ciel : il s'adressa avec confiance à la Mère de Dieu pour obtenir, par sa puissante intercession, les secours qui lui étaient nécessaires ; il. mit sous sa protection spéciale sa personne, sa famille, ses États ; et ce fut à cette occasion qu'il fit cette célèbre déclaration qui sera un monument éternel de sa foi et de sa piété :

« Nous avons déclaré et déclarons que, prenant la « très- sainte et très-glorieuse Vierge pour protec- « trice spéciale de notre royaume, nous lui consa- « crons particulièrement notre personne, notre État, a notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous « vouloir inspirer une si sainte conduite et défendre « avec tant de soin ce royaume contre tous les efforts « de ses ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau de la « guerre, ou qu'il jouisse de la douceur de la paix « que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il a ne sorte point des voies de la grâce, qui condui- « sent à celles de la gloire. Nous exhortons tous les ce archevêques et évêques d'admonester tous nos « peuple* d'avoir une dévotion particulière à la sainte « Vierge, et d'implorer sa protection, afin que sous « une si puissante patronne notre royaume soit à o couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, « qu'il jouisse longuement d'une bonne paix, que « Dieu y soit servi et révéré si saintement, que nous et « nos sujets puissions arriver heureusement à la der- « nière fin pour laquelle nous avons tous été créés, o

La sainte Vierge ne fît pas attendre longtemps les heureux effets de sa protection spéciale en faveur d'un prince si pieux et d'un royaume qui lui était dévoué par une consécration si solennelle. La naissance du plus grand roi que la France ait jamais eu, laquelle arriva l'année suivante après une stérilité de vingt ans, et une suite prodigieuse de victoires et de prospérités, firent bien voir que ce n'est jamais en vain qu'on a une dévotion pleine de confiance envers la sainte Vierge.

11?. — Heureuse naissance obtenue.

Une reine de France, qui en a fait l'admiration par ses vertus et la consolation par les précieux fruits de sa fécondité, Marie Leczinska de Pologne, obtint, par sa dévotion à la sainte Vierge, une marque bien spéciale de sa protection. Quoique le Seigneur eût déjà béni son alliance avec Louis XV par la naissance de trois princesses, elle n'avait point encore donné d'héritier au trône. Elle recourut donc à la divine protectrice de la France, et fit vœu de réciter chaque jour l'office de la sainte Vierge (pratique à laquelle elle n'a jamais manqué). De plus, en 4728, le jour de l'Immaculée Conception, elle fit, de concert avec le roi son époux, une fervente communion pour obtenir l'enfant de bénédiction qui était l'objet de leurs désirs et de toute la nation ; et, dès le 4 septembre de l'année suivante, la reine mit au

monde le Dauphin, père de Louis XVI. Cette pieuse princesse ne manqua pas d'attribuer à la sainte Vierge le bienfait de cette heureuse naissance, et lui en témoigna sa reconnaissance tous les jours de sa vie par le tribut d'hommages auxquels elle s'était engagée. Mais ce ne fut pas le seul bienfait qu'elle reconnut devoir à la très-sainte Vierge. Plusieurs autres faveurs qu'elle en reçut l'engagèrent à aller faire ses dévotions à Notre-Dame de Chartres, pour lui en rendre de solennelles actions de grâces. ( Vie du Dauphin et Mémoires de Saint- Denis.)

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