‹ Nouveau mois de MarieChapitre 68 sur 121 · Naufrage évité · texte numérisé non relu

Naufrage évité

La frégate qui, après la mort de saint Constance, ramenait les Français de Siam en Europe, fut mise par une tempête hors d'état de se gouverner ; des courants et un grand vent l'emportaient vers une île. Le pilote, n'étant plus maître que de choisir où il échouerait, demanda à M. de Bruant s'il aimait mieux que ce fûl sur le sable ou sur un rocher : « Ni

sur l'un ni sur l'autre, répondit-il, mais il faut trouver quelque moyen de se retirer et de passer au large. » Le pilote ayant répliqué que cela ne se pouvait pas, la frayeur commençait à se saisir des plus hardis, lorsqu'un prolestant anglais dit aux Français : « M étant souvent trouvé en de semblables dangers, en faisant voyage sur mer avec des personnes de votre religion, j'ai remarqué que leur coutume en ces rencontres était de faire des vœux à la Vierge Marie, el qu'ils en obtenaient de grands secours. »

Cet avis, donné par un protestant, surprit tout le monde, et fut pris pour un bon augure ; incontinent tous les assistants se mirent à genoux, et le père d'Espagnac, missionnaire jésuite, qu'on avait donné à M. de Bruant, ayant prononcé le vœu tout haut, il n'eut pas plutôt achevé, que le vent changea et rejeta en pleine mer le vaisseau, qui allait échouer bur les terres.

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