‹ Nouveau mois de MarieChapitre 80 sur 121 · Angélus à Manille · texte numérisé non relu

Angélus à Manille

On lira avec intérêt une description de la dévotion des habitants de Manille où monseigneur Retord séjourna quelque temps.

« A Manille la croix étant le seul étendard religieux, le respect humain est heureusement inconnu. Vous voyez une bonne partie du peuple, hommes et femmes, se faire un honneur de porter ostensiblement le scapulaire sur l'épaule et le rosaire au cou. Lorsque sonne YAngdus, chacun s'empresse de saluer Marie. Dans les ateliers,, on cesse l'ouvrage, au sein des familles on se met à genoux, sur les places publiques on se découvre, dans les rues et à la promenade on s'arrête et l'on prie. Je fus témoin de ce spectacle un dimanche soir que j'étais allé en pèlerinage au cimetière, qui est très-petit et très-beau. A mon retour, quand je fus près des remparts, je me trouvai au milieu d'une grande foule qui se promenait à la fraîcheur. D'un côté de l'esplanade, les soldats indiens exécutaient une musique qu'on apprécierait môme à Paris ; de l'autre, les troupes espagnoles faisaient l'exercice. Soudain je vis tout ce monde, militaires et civils, mettre chapeau bas, s'arrêter et

faire silence. De brillants cavaliers sautaient à terre et paraissaient se recueillir; de belles dames descendaient de voiture, et, debout au milieu du chemin, dessinaient de grands signes de croix ; et sur cette multitude immobile semblait courir un murmure confus et mystérieux de prières. Gela me surprit et m'édifia beaucoup.

g Bien que je ne susse d'abord ce que cela voulait dire, je me mis de la partie comme un vieil habitué ; mais, entendant sonner les cloches de la ville, je compris que c'était Y Angélus.

« A ce trait on devine que la religion est très-florissante à Manille. Ses églises, au nombre de treize, si j'ai bien compté, sont d'une richesse étonnante. Aux jours de fêtes, les autels sont tout couverts ou plutôt chargés d'argent. Il y a des lampes massives de ce métal qui ont le volume d'un grand tonneau. L'or aussi est prodigué sur les ornements. »

VINGT m UNIEME JOUR

CHANTS ET PRIÈRES A MARIE 131. — Origine dia IScgina cœli

En l'année 589, Rome fut désolée par cette fameuse peste en laquelle les hommes tombaient morts en éternuant. Pour arrêter les ravages de ce fléau,

saint Grégoire le Grand porta en procession par toute la ville l'image de sainte Marie-Majeure. Il vit alors dans l'air, sur le lieu appelé maintenant château Saint- Ange, un ange qui remettait dans le fourreau une épée sanglante. 11 entendit aussi des anges qui chantaient : « Réjouissez-vous, Reine du ciel. Celui dont vous avezmêritê d'être la Mère est ressuscité, » etc. Le saint pontife y ajouta : « Priez Dieu pour nous, » etc. La peste cessa aussitôt, et dès lors on commença à chanter les grandes litanies chaque année, le 25 avril. (Sigon., Dictai., tom. I et VI.)

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