Sîxcelleiice du ÎBag-nificat
Le Magnificat est le premier cantique du Nouveau
Testament, le plus magnifique chant des saintes Écritures, celui qui renferme tout à la fois le plus d'élévation dans les sentiments et de sublime dans l'expression. C'est le poëme qui donne la plus haute idée de la grandeur de Dieu. C'est le psaume le plus beau entre les poésies sacrées, celui que les prêtres ne chantent que debout en balançant l'encensoir devant l'image de Marie.
Le Magnificat est le cantique le plus sublime que la poésie des anges ait donné à la terre ; c'est le récit le plus rapide, le plus concis et le plus éclatant de la plus vaste action qui l'ut jamais.
Le Magnificat est un cantique de louanges, un chant d'admiration, de reconnaissance et d'amour; c'est la plus haute expression du plus brûlant enthousiasme, la formule la plus divine de l'extase la plus céleste qui ait jamais enivré une ûme immortelle.
«Jamais, dit M. A. Nicolas, l'inspiration n'a jailli avec plus de plénitude et de puissance que dans ce merveilleux cantique, dont nos bouches remplissent de plus en plus la prédiction. Tout le souffle prophétique qui respire dans les immortels psaumes de son royal ancêtre semble être passé dans l'âme de Marie, agrandi et réglé par la possession de son objet. Et ce qui fait ressortir la majesté et la puissance de ce chaut divin, c'est l'humilité et la faiblesse de celle qui le profère...
a Ce chaut est le chant de la maternité divine dans
sa première effusion, il est l'épithalame du Saint- Esprit, l'hymne du Verbe à son entrée dans Marie, la louant par sa bouche, qui ne faisait que chanter au dehors cet hymne admirable qu'il composait luimôme en son cœur. »
« Depuis que je suis religieux, dit le P. Géramb, je n'ai jamais assisté aux offices de l'Église, surtout dans les jours consacrés à la sainte Vierge, sans que le Magnificat ait exalté mon âme, sans qu'il ait réveillé en moi les plus douces pensées, les affections les plus tendres. Combien de fois ne m'est-il pas arrivé de me demander à moi-même comment des lèvres d'une humble fille, née de parents pauvres, sans science et sans art, ont pu sortir des paroles si grandes, si sublimes, si divines ; comment celte Vierge obscure, ignorée, qui jamais ne connut le monde, que le monde ne connut jamais, put savoir et prédire que le monde entier, que toutes les générations, non-seulement la connaîtraient, mais l'appelleraient heureuse dès lors et dans tous les siècles ! Et dans le ravissement où me jetait un tel prodige, je ne pouvais assez remercier Dieu d'avoir voulu que les hommes de bonne volonté trouvassent dans le Magnificat une des plus belles preuves prophétiques de cette religion que Jésus-Christ est venu apporter à la terre. »
<c Le Magnificat, dit M. A. Nicolas, est de force à convertir un athée. Le témoignage qu'il rend à Marie
va jusqu'à prouver à lui seul la divinité du christianisme, l'existence même de Dieu.
«Qu'y a-t-il en effet de plus manifeste, de plus prodigieux que l'accomplissement de cette prophétie des grandeurs incomparables de l'humble Vierge de Nazareth? Il y a bien des siècles déjà que saint Ildefonse le proposait à l'admiration de son peuple : « Considérons, je vous prie, lui disait-il, toutes les « régions que le soleil éclaire, et voyons qu'il n'y a « presque aucune nation, aucun peuple qui ne croie « au Christ, et que, partout où le Christ est confessé a et adore, la vénérable Marie, Mère de Dieu, est « proclamée bienheureuse. Par tout l'univers, en « toute langue, la Vierge Marie est béatifiée ; autant « il y a d'hommes, autant il y a de témoins ! Ce a qu'elle seule a prédit, tous l'accomplissent. »
Pour remercier Dieu des grâces qu'il a faites à la très-sainte Vierge, les enfants de Marie diront souvent le Magnificat, à l'exemple de la bienheureuse Marie d'Olgniez et de plusieurs autres saints : c'est la seule prière et le seul ouvrage que Marie ait composé. 11 y a dans ce cantique des mystères qui surpassent l'intelligence des anges. (Le R. P. Huguet, Dévotion à Marie en exemples.)