‹ Nouveau mois de MarieChapitre 86 sur 121 · Bjji élève des Frères guéri miraculeusement · texte numérisé non relu

Bjji élève des Frères guéri miraculeusement

Voici un exemple bien propre à inspirer une grande confiance envers la très-sainte Yierge : c'est la guérison extraordinaire du jeune Martin Crès, que l'on peut regarder comme tout à fait miraculeuse. Le 27 janvier 1853, Martin Crès, élève des frères des Écoles chrétiennes de Morières, près d'Avignon, fut atteint d'un violent point de côté. Le mal augmenta avec rapidité, en sorte que ses parents craignaient pour sa vie. Le 28 et le 29, la maladie était devenue si grave, que l'on perdit tout espoir de le sauver. Le dimanche 30 janvier, ayant témoigné le désir de voir son maître avant de mourir, le Frère directeur et le Frère de sa classe se rendirent auprès de lui. Ils le trouvèrent dans un élat pitoyable, pouvant à peine

prononcer quelques paroles. Son professeur était désolé de perdre un enfant qui faisait sa consolation par ses aimables qualités ; cependant il ne désespéra point et prit la résolution de prier, de concert avec tous ses élèves, pour le rétablissement de cet enfant. Les prières commencent donc le 2 février; mais, loin d'éprouver du soulagement, Martin fut réduit en peu de jours à l'extrémité. Il ne se dissimulait point l'état critique où il se trouvait; aussi témoigna-t-il le désir de recevoir les sacrements. Le vendredi, neuvième jour de la maladie, on fit appeler son confesseur, qui, après l'avoir entendu, lui administra le sacrement de pénitence. Ce pieux enfant, voyant que le prêtre ne lui parlait pas de la communion, lui dit ces belles paroles : « Me laisserez-vous donc mourir sans que j'aie le bonheur de faire ma première communion? » Et ces mêmes paroles, il les répétait à ses parents éplorés, qui ne le quittaient ni le jour ni la nuit : « Dites à M. l'abbé, ajoutait-il, que je voudrais bien faire ma première communion, que je ne veux pas mourir sans avoir ce bonheur inestimable. » Informé de sesheureuses dispositions, ce soir-là même, son confesseur lui fait une seconde visite, et, édifié de ses bons sentiments, il lui promet que le lendemain, samedi, jour consacré à la très-sainte Vierge, il lui apportera le saint viatique. Voilà ce charmant enfant sur le point de mourir; mais les prières que ses parents, ses maîtres et ses condisci-

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pies adressent à Marie depuis six jours, auront donc été inutiles? Tout semblait désespéré, le samedi soir il était étendu sur son lit comme s'il n'eût plus été de ce monde... Mais quel ne fut pas l'étonnement de toute la famille, lorsque, le lendemain matin, on s'aperçoit qu'un changement subit s'était opéré en lui ! Il n'est plus malade, sa guérison est parfaite, et, si la prudence du père n'y avait mis obstacle, son fils aurait assisté à la messe et aux vêpres. Ainsi Marie a exaucé les prières qui lui furent adressées pour la guérison du malade. Aussi, après quelques jours de convalescence, il reprit les exercices ordinaires de la classe, et donna, comme auparavant, l'exemple de toutes les vertus d'un pieux écolier, jusqu'au jour où il plut au Seigneur d'exercer de nouveau sa patience. Un mois après cette première maladie, Martin Grès fut mis à une nouvelle épreuve : ses jambes devinrent tout à fait difformes par une espèce de cancer, qui, en peu de jours, les couvrit entièrement depuis les pieds jusqu'aux genoux. Ses douleurs étaient excessives, et, sans la protection de Marie, il en serait certainement mort, ou il serait resté estropié pendant toute sa vie. Le remède efficace qui avait été employé la première fois fut aussitôt mis en usage : on commença des prières avec ferveur. Mais, cette fois, la très-sainte Vierge voulait sans doute faire apprécier d'une manière plus particulière la grâce qu'elle devait lui accorder, car le mal semblait

croître à mesure que les prières se succédaient plus nombreuses et plus ferventes; de sorte qu'il resta pendant près de quatre mois avec des jambes écorchées d'une manière si pitoyable, qu'en le voyant, les larmes venaient aux yeux. Lorsqu'on lui demandait s'il souffrait, il ne répondait que par des paroles de soumission à la volonté de Dieu. Combien de fois ne lui a-t-on pas entendu dire : « II vaut mieux souffrir quelque chose en ce monde, et jouir dans le ciel d'un bonheur éternel ! » Enfin, on entreprit de faire une dernière neuvaine pour le soulagement du petit malade. Il fut décidé qu'elle serait terminée le 14 juin par un pèlerinage à Notre-Dame de Rochefort. Cependant le mal devenait de jour en jour plus grave, et le faisait beaucoup souffrir. Combien de fois son maître ne Fa-t-il pas surpris versant des larmes, qu'une douleur intolérable lui arrachait! Alors il lui disait de mettre toute sa confiance en Marie, et Crès répondait : « Ah ! que je languis ! je voudrais être à lundi, jour du pèlerinage ! — Vous croyez donc guérir?» Et comme si on avait insulté à sa confiance : « Oui, je guérirai, s'écria-t-il, je ne souffrirai plus, je serai entièrement délivré de mon mal ! » Les deux derniers jours de la neuvaine, les enfants des classes dirent avec une grande ferveur le chapelet à son intention. Le malade était présent, et les douleurs étaient tellement aiguës, qu'elles lui arrachaient des larmes, malgré les efforts qu'il faisait pour les com-

primer. Son maître, le voyant dans cet état de souffrance, lui disait, pour le consoler, que bientôt il guérirait, et alors, un doux sourire se répandant sur son visage, il répondait : a Oh ! que je voudrais être à demain, jour du pèlerinage ! » Il désirait tellement ce jour, que la veille il ne voulut pas se coucher de peur de s'oublier. Il partit pour ce pieux trajet, à une heure du matin; il s'y était préparé par une bonne confession, ainsi que tous ceux de ses camarades qui, comme lui, avaient eu le bonheur de faire leur première communion. Arrivé à Rochefort, pieux comme un ange, il y entendit la messe, et fit la sainte communion avec la ferveur d'un séraphin. Chose étonnante ! cet enfant, qui depuis quatre mois n'a pu se mettre à genoux pour faire ses prières, à cause de ses plaies profondes, on le voyait pendant tout le temps de la messe, aussi bien que pendant le quart d'heure d'actions de grâces, prosterné à terre sans souffrir la moindre incommodité, et, quelques heures après, il courait sur les montagnes et à travers les rochers escarpés des environs de Notre-Dame; il était guéri ! A partir de ce jour, les remèdes furent mis de côté; le mal avait disparu entièrement, et l'enfant n'a plus riea ressenti (G. S. G. Catéchisme.)

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