‹ Nouveau mois de MarieChapitre 85 sur 121 · Marie Mardouin · texte numérisé non relu

Marie Mardouin

Mademoiselle Marie Hardouin, âgée de trente et un ans, demeurant à Nantes, chez M. Lemoine jeune, rue Basse-du-Château, était depuis six ans retenue sur son lit par une paralysie presque générale. Elle était dans un tel état, que les médecins l'avaient depuis longtemps abandonnée, la regardant comme incurable; elle-même ne pensait plus qu'à la résignation, lorsqu'elle apprit que dans le diocèse de la Rochelle une chapelle allait être consacrée sous l'invocation de Notre-Dame des Sept- Douleurs, Pleine de confiance en la puissance de Celle que l'Église appelle la Consolatrice des affligés, elle promit de faire une neuvaine à la suite de la première messe dite dans cette chapelle à son intention, pour obtenir moins peut-être sa guérison que la patience nécessaire dans une position si douloureuse. Une soumission si touchante et si vraie était digne d'une grâce qu'elle n'osait espérer.

Le dernier jour de la neuvaine, elle communia, et peu d'instants après reçut la visite de ses parents et de son médecin, qui lui demandèrent comment elle

se trouvait. Pour toute réponse, elle se leva et se mit à marcher devant eux.

Elle attendit avec impatience le 2 février, fête de la Purification de la sainte Vierge, pour assister à l'église Saint-Pierre, où elle n'avait pas mis les pieds depuis six ans, à une messe en l'honneur de sa libératrice.

Quel que soit le jugement que l'on porte sur cctle guérison, le fait en lui-même est hors de toute espèce de doute ; il s'est passé à Nantes, et nous pourrions au besoin l'appuyer de preuves incontestables.

La jeune fille, dont la piété envers Marie a été si généreusement récompensée, se propose, pour exprimer sa reconnaissance envers cette bonne mère, de faire à pie'd un voyage à la chapelle de Notre- Dame des Sept-Douleurs, où sa guérison a été obtenue.

Ajoutons, pour confirmer la vérité de cet événement extraordinaire, que nous connaissons particulièrement, et depuis plus de dix ans, la demoiselle Marie Hardouin, que nous l'avons vue souvent gisante sur son lit de douleur, et que nous avons aussi été témoin de son rétablissement miraculeux. {L'Hermine, journal de Nantes, février 1840.)

ÎS? . — lia jeune malade de Licdekerke.

Une jeune fille delà commune de Liedekeike, canton d'Assche, vient de recevoir une grande faveur à

la suite d'une neuvaine en l'honneur de l'Immaculée Conception de Marie.

Cette fille, âgée de vingt-huit ans, et déjà malade depuis de longues années, n'avait plus fréquenté l'église depuis trois ans ; et depuis deux ans elle gardait constamment le lit où elle devait toujours se tenir dans la môme position, car le moindre mou\ement la faisait tomber dans une défaillance complète. Son état était donc vraiment triste, d'autant plus qu'elle savait que les quatre médecins par qui elle était traitée, avaient déclaré ouvertement qu'on ne pouvait la guérir. Son directeur, la trouvant un jour très-affligée et en pleurs, la consola en disant que Dieu est tout-puissant. « Ah ! mon père, répondit la malade, oui, Dieu est tout-puissant ; mais je suis indigne d'espérer que Dieu fasse un miracle pour me guérir. — Ne désespérez pas, reprit le directeur en énumérant quelques merveilleuses guérisons obtenues par l'intercession de Marie. Commençons aujourd'hui une neuvaine en l'honneur de la sainte Vierge, sous le beau titre de l'Immaculée Conception. Voilà sa médaille miraculeuse, et, comme votre état ne permet pas une pratique rigoureuse, voici comment nous agirons : 1° Vous vous confesserez, ainsi que toute votre famille qui s'approchera aussi de la sainte table, le premier et le dernier jour de la neuvaine ; 2° une charité parfaite régnera parmi vous; 3° vous réciterez souvent VAve Maria en méditant chaque

mot; quelqu'un de la maison récitera tous les jours, bu pied de votre lit, le petit rosaire, suivi des litanies de la sainte Vierge; on dira tout cela lentement, afin que vous puissiez le répéter de cœur. Pendant toute la neuvaine, vous unirez votre intention à la mienne dans le saint sacrifice de la messe. Allons, courage, votre guérison est assurée, si vous observez ces pratiques avec humilité, foi, ferveur et persévérance; car Dieu viendra vous éprouver. » La malade, écoutant attentivement ce que son directeur lui disait, prit courage et y consentit avec joie. On commença la neuvaine le 17 mai. Le 23 elle tomba dans une telle défaillance, que ses sœurs la crurent à l'agonie. Quelques heures après, revenant à elle, elle s'endormit (elle vivait dans une insomnie complète) ; puis, s'éveillant de ce profond sommeil, elle s'aperçut qu'elle pouvait faire usage de tous ses membres, sans éprouver aucune douleur. Elle se tourne, se lève, et, tout étonnée, élève la voix (devenue depuis lors libre et sonore) : « Ma sœur! ma sœur!... approchez, je suis guérie ! apportez-moi mes habits, je me lève, je vais sortir de ce misérable lit, je suis guérie... » On accourut. Alors les larmes de joie coulèrent en abondance. Imaginez-vous l'étonnement et la joie de son père, de sa mère, de son frère cl de son autre sœur, qui la trouvèrent déjà sortie du lit. Cette fille voulut venir à l'église le 26, mais son directeur l'en empêcha, et porta chez elle le saint

NEUVANES A M MUE. 26 3

Sacrement de l'autel en actions de grâces, comme il était convenu. Le 29, à sept heures du matin, elle alla à l'église et s'approcha de la sainte table. Toutes les personnes de la commune, stupéfaites, criaient au miracle. Le médecin môme, au bruit de celte merveille, s'empressa de s'en convaincre : « Qui vous a guérie? demanda-t-il tout étonné. — Le Tout- Puissant, répondit la jeune fille. » En effet, il a dû reconnaître le doigt de Dieu.

Ce récit est suivi d'attestations dignes de foi. (Ami de la Religion, 13 octobre 1842.)

Page 1