‹ Nouveau mois de MarieChapitre 88 sur 121 · lia première pensée · texte numérisé non relu

lia première pensée

C'était dans un de ces châteaux entourés de grands bois et de grandes prairies qui s'échelonnent entre Aix et Marseille. Ce château appartient à M. R..., et la scène que je vais raconter, je l'ai entendue de la bouche même de sa pieuse et respectable épouse.

Jules, l'un de leurs enfants, en vacances au château, s'était permis, pour essayer ses forces naissantes et peut-être pour parader un peu de ses progrès en gymnastique, de faire une ascension sur la lourde et haute grille en fer surmontée de lances dorées, qui entoure la large terrasse, et d'y exécuter hardiment une promenade à travers lances, tout comme s'il s'agissait delà verte pelouse du château. Il monta d'abord assez lestement sur Tune des colonnes qui s'espacent entre les grilles, et, la curiosité aidant, il voulut savoir par lui-même ce que renfermaient les magnifiques vases de bronze qui les surmontaient. Pour cela, il fallait une autre taille que celle de Jules, qui

n'avait pas alors huit ans accomplis. Aussi, s'accrocha-t-il bravement aux rebords extérieurs du vase. Mais là devaient finir les succès de notre jeune acrobate. Le vase céda à la secousse et le pauvre enfant se sentit emporter par le lourd fardeau qui l'entraînait. La chute fut terrible, car il rencontra les lances dont nous avons déjà parlé, et le poids du vase aidant, il y resta horriblement suspendu; deux pointes avaient pénétré fort avant dans la chair. A ses cris, on accourut et l'on parvint, après des peines infinies, à le sortir de cette affreuse position. Sa pauvre mère, accourue, l'embrassait avec une effusion que nous ne chercherons pas à décrire, parce qu'il est des sentiments qui se refusent à la description et à l'analyse. Jules, surmontant héroïquement ses douleurs et la sensibilité de son âge, s'efforçait de sourire à sa mère ! Puis, tout à coup, il se dégage vivement des bras maternels et refuse de se laisser transporter au château ; il tombe à genoux, les yeux baignés de ses larmes qu'il s'efforçait de contenir, les mains jointes, et, dans cette attitude d'ange en prière, cet ange de la terre récita lentement le Souvenez-vous. Après sa prière fervente, souriant de nouveau à ceux qui l'entouraient: a Maintenant, dit-il, vous pouvez m'emporler. »

Huit jours après, il était guéri.

« Ne te l'avais-jepas dit, répctail-il à sa mère, que Marie me guérirait? » Le pieux enfant avait entendu dire cl retenu aux instructions de ses maîtres chré-

tiens et de sa pieuse mère que dans tous les dangers il fallait d'abord recourir à Marie. (L'abbé Ant. Ricard, Mois de Marie de la Jeunesse.)

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