‹ Nouveau mois de MarieChapitre 89 sur 121 · lia confiance récompensée · texte numérisé non relu

lia confiance récompensée

Un jour une pauvre veuve, accompagnée d'enfants, arrive à une bibliothèque de la Sainte-Famille et commence la conversation en ces termes : «Monsieur, je ne puis pas payer mon propriétaire. Dans trois jours, chassée de ma demeure, je serai sans asile, sans meubles et sans pain. — Chère bonne dame, combien devez- vous? — 135 fr. — 135 fr. ! s'écrie le directeur en sautant sur sa chaise; où voulez-vous donc que je trouve cette somme, et cela en trois jours? Au service de la Sainte-Famille on écorne ses rentes plutôt qu'on ne les grossit. Vraiment, je ne puis. — Alors je suis perdue, et mes pauvres enfants, qui vont mourir de faim et de froid !» A ce cri de mère, le directeur a le cœur déchiré. « Attendez, dit-il, voici peut-être une inspiration du ciel. Demain, à midi, au son deV Angélus, à quelque endroit que vous soyez, vous et vos enfants, dites Y Ave Maria et le Memorare, j'en ferai autant, et nous verrons.» Le lendemain, vers midi, aux approches de l'église où il fallait réciter le Mémorare du salut, le charitable monsieur rencontre un vieil ami de cœur. « Où vas-tu donc? —Je vais demander 135 fr. à la sainte Vierge. — Pourquoi faire? — Pour ma femme et mes enfants. — Mais tu n'as

ni femme ni enfants. — Ce qui n'empêche pas que, si, aujourd'hui, je n'ai pas 135 fr., demain ma femme el mes enfants seront chassés de leur logis; ils seront sans meubles, sans asile et sans pain; ils mourront de faim et de froid. Adieu, la sainte Vierge m'attend. — Oui, va la remercier, et ce soir viens chez moi, je le remettrai 435 fr. pour ta femme et les enfants. » Tout cela s'était passé entre le premier et le dernier coup de midi, à la porte de la célèbre chapelle de l'église Saint-Sulpice, à Paris.

Confiance, confiance en Marie !

Page 1