‹ Nouveau mois de MarieChapitre 99 sur 121 · Éjapesteà Valenciennes · texte numérisé non relu

Éjapesteà Valenciennes

L'an 1008, la ville de Valenciennes fut cruellement éprouvée par une peste des plus meurtrières. Le fléau avait enlevé en peu de jours 8,000 personnes, et toute la ville était dans la consternation. Les habitants éplorés, n'espérant plus de secours humain, eurent l'heureuse inspiration de recourir à la Peine

du ciel, et lui adressèrent une prière si touchante, que nous regrettons de ne pouvoir la reproduire ici. Un saint ermite, qui habitait près de la ville, joignit ses vœux et ses macérations aux supplications des Valenciennois ; Marie daigna lui faire connaître qu'elle avait agréé leurs prières, et que, dans la nuit du 7 au 8 septembre, on verrait éclater sa protection. Encouragés par cette assurance, les habitants de Valenciennes se préparèrent par le jeûne et les exercices de piété à obtenir la faveur qui leur avait été promise, et qu'il s'agissait d'attendre seulement deux ou trois jours.

Des chroniqueurs parlent d'une brillante apparition, visible aux yeux de tous, qui aurait eu lieu dans cette nuit du 7 au 8 septembre, et qui aurait montré aux habitants de Valenciennes, réunis sur les remparts de cette ville, la Vierge dans toute sa gloire, tenant en main un cordon miraculeux dont elle fit entourer la ville par les anges. Sans nous permettre de nier la vérité de cette tradition, nous n'oserions non plus accepter avec une foi aveugle le récit d'un fait aussi merveilleux, qui sent un peu la poésie légen* daire du moyen âge. Mais ce qui est beaucoup plus certain, c'est que la ville et la banlieue furent entourées d'un cordon miraculeux qui servit de bar* rière à la peste. Ce cordon se conserve encore avec grande dévotion, et, depuis plus de huit cents ans, le clergé et le peuple de la ville et des environs font

une procession commémorative autour des limites marquées par ce saint cordon. Cette procession est suivie d'une foule considérable, et le parcours en est si long, qu'on est obligé de faire des haltes. Une confrérie, appelée des rayés, avait le privilège de porter la châsse du saint cordon. On lui avait donné ce nom à cause du vêtement bizarre des confrères, qui portaient des vêtements rayés et bigarrés, en mémoire des couleurs du saint cordon, qui présentait toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Ce fut à l'occasion de ce miracle que futbâtie l'église Notre-Dame laGrande, qui subsista jusqu'à la révolution. La peste sévitencore deux fois à Valenciennes, en 1555 et en 1665, et chaque fois les habitants eurent recours à leur céleste protectrice, qui les délivra de nouveau.

En 1713, Fénelon assista à la procession solennelle du saint cordon; il ouvrit la châsse sacrée et y trouva toutes choses conformes aux procès-verbaux qu'il avait entre les mains. La boîte qui renfermait le saint cordon était couverte des sceaux de plusieurs de ses prédécesseurs. Voilà sans doute assez de preuves pour établir l'authenticité de ce miracle, et ajouter un fleuron de plus à la couronne de Marie.

1 5-4. — ILa pauvre négresse.

Il y a quelques années, un missionnaire priait seul dans l'église de sa mission : c'était vers midi, heure à laquelle dansles contrées tropicales la chaleuroblige

chacun à rester dans sa demeure. Placé près du sanctuaire et derrière un pilier, il ne pouvait être aperçu de ceux qui entraient. Bientôt il entendit ouvrir une porte et quelqu'un s'écrier en soupirant : « 0 Dieu bon ! ayez pitié de moi et de mon pauvre enfant. » Il se retourne et voit une négresse s'approcher du bénitier, prendre de l'eau bénite, faire le signe de la croix sur elle-même, puis en répandre sur la tête d'un enfant qu'elle tient entre ses bras, et faire sur son front» le signe de la croix en répétant : cO Dieu bon ! je vous en prie, ayez pitié de mon pauvre enfant ! »

Notre pieuse négresse se dirige vers un autel où se trouve l'image de la sainte Vierge; à peine y estelle arrivée, qu'elle se jette à genoux, et offrant son enfant à l'auguste Reine des cieux : « 0 Vierge Marie, s'écrie-t-elle en sanglotlant, vous voyez à vos pieds une pauvre mère bien affligée... Hélas ! mon enfant que j'aime si tendreiLent se meurt !... 0 Vierge Marie ! au nom de l'amour que vous aviez vous-même pour votre divin Fils, regardez donc le mien avec bonté, je vous l'offre, daignez le bénir afin qu'il guérisse... ah! je n'ai plus que lui !... a Puis elle le couvre de baisers et l'arrose de ses larmes. «0 Vierge Marie, reprend-elle, oui, c'est avec confiance que je viens me jeter à vos pieds; je sais bien que je ne mérite pas tant de laveur, misérable pécheresse que je suis, mais je sais aussi combien vous êtes compa-

tissante ; daignez donc, je vous en prie, bénir mon pauvre enfant... Oui, je vous l'offre de tout mon cœur. Rendez-lui la santé î » Les sanglots la suffoquent, elle continue à prier, mais à voix basse.

La prière humble et fervente de cette pauvre mère fut entendue... Eh! qui a jamais invoqué Marie sans avoir été exaucé? Son enfant se rétablit en peu de temps ; et elle eut la consolation de recevoir de nouveau ses caresses et de lui prodiguer ses soins (Trésor des noirs.)

15 5. — BJne vocation religieuse.

De toutes les grâces qui peuvent nous être accordées, il n'y en a pas de plus précieuse que celle de connaître la voie où nous devons marcher. Faitesnous savoir la voie dans laquelle il nous faut avancer : telle est la prière que nous devons adressera Dieusans cesse. C'est une grâce ineffable, que Dieu daigne nous manifester ce qu'il demande de nous; aussi c'est par Marie que le ciel nous la fait connaître. L'exemple qui suit en est la preuve.

Il s'agit d'un illustre religieux, leR. P. Schouvaloff, mort en victime pour le retour de la Russie à l'unité

catholique. Récemment converti, voici comment il fut appelé à la vocation religieuse dans l'ordre des Barnabites :

« Le 8 septembre, dit-il, jour de la Nativité de la très-sainte Vierge, j'étais, comme à l'ordinaire, de grand matin dans la chapelle du collège. J'y étais seul; je priais devant l'image de la Mère des douleurs, je m'adressais a elle avec confiance.

d La veille de ce jour, un jeune homme qui allait entrer dans l'ordre des Barnabites, me parlant de sa vocation avec la candeur de ses dix-sept ans, m'avait confié que c'était à Marie qu'il devait la grâce d'être appelé à l'état religieux. Pendant mon oraison, je me sentis tout d'un coup profondément attendri. Il me serait impossible de répéter aujourd'hui les paroles entrecoupées de sanglots que j'adressai à la trèssainte Vierge. Je lui parlais avec confiance, avec tendresse ; je lui disais : c Vous êtes ma mère ; » et je sentais qu'elle l'était réellement. Non jamais encore je ne lui avais parlé ainsi. Mon oraison achevée, j'allai entendre la sainte messe dans l'église du collège. Lorsque les élèves eurent tous communié, je m'approchai aussi de la sainte table, et je me trouvai à côté du jeune homme dont je viens de parler. Et voilà qu'où moment de recevoir des mains du P. Piantoni le corps de Noire-Seigneur, une pensée me traversa l'esprit ; ce fut un éclair : « Cet enfant, me « dis-je, va donc se donner à vous ; fils unique, il

« abandonne sa fortune, sa famille, son avenir ; et «moi, à cinquante ans, je n'aurai pas ce courage ! » Ma décision fut prise; le signe m'était donné; la sainte Vierge m'avait exaucé ! » Ce soir je serai « Barnabite, me dis-je, c'est fait, je le suis, et tous « mes doutes disparurent. »

C'est ainsi que la grâce sait triompher par Marie de tous les obstacles qui peuvent exister en nous. Heureux ceux qui, après avoir entendu la voix de Dieu, savent la suivre et ne craignent pas de s'offrir à Dieu sans réserve et sans partage ! Ce sont là les vrais enfants de la Reine du ciel que nous devons imiter. (Annales du sacerdoce.)

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