‹ Nouveau MusicianaChapitre 14 sur 112 · LE CHEVALIER GLUCK · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER GLUCK

.1 M. Gluck, sur Tapera d'Alceste.

Aidé seulement de sa lyre

Et des doux accents de sa voix,

Orphée adoucit autrefois Les monstres redoutés du ténébreux empire. Je crois tout ce qu'on dit de ses accords divins,

Puisque forcer la cabale à se taire,

Et l'envie à battre des mains, Le prodige est plus grand, et je vous l'ai vu faire.

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Gluck à la fin s'est fait connaître, Et par son opéra nouveau Il vient de faire un coup de maître Que n'eut jamais tenté Rameau.

C'est plus qu'il n'osait se promettre, Quoi qu'il soit tant soit peu Gascon, Car il a trouvé l'art de mettre Tous les sifflets à l'unisson.

Sur Gluck.

Il fait beugler Achille, Agamemnon, Il fait hurler la reine Clytemnestre, Il fait ronfler l'infatigable orchestre.

Du coin du roi les antiques dormeurs Se sont émus à ces longues clameurs, Dans un grand bruit crut voir l'art d'un grand homme.

(Marmontel.)

Réponse à M. Marmontel.

Ce Marmontel si long, si lent, si lourd, Qui ne parle pas, mais qui beugle, Juge la peinture en aveugle, Et la musique comme un sourd.

Ce pédant à si triste mine, Et de ridicule bardé, Dit qu'il a le secret des beaux vers de Racine, Jamais secret ne fut si bien gardé.

Sur Gluck.

Je fais, Monsieur, beaucoup de cas De cette science infinie, Que, malgré votre modestie, Vous étalez avec fracas

Sur le genre de l'harmonie Qui convient à vos opéras.

Mais tout cela n'empêche pas Que votre musique ne m'ennuie.

(F. De la Harpe.)

Réponse à M. De la Harpe.

Chacun a son goût ici bas,

J'aime Gluck et son beau génie, ^

Et la céleste mélodie

Qu'on entend à ses opéras.

Mais, hélas ! La Harpe m'ennuie.

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