J.-J. ROUSSEAU
On sait que pendant un certain temps J.-J. Rousseau ne vivait que de sa copie de musique. Ses prix
n'étaient pas exagérés, il ne prenait que deux sous pour une page in- 12 ou in-8°, quatre sous pour la page in-4° et six sous pour la page in-folio.
Il était si consciencieux, quant cà ses prix établis, qu'un jour le comte de Clermont, prince du sang, voulant le récompenser pour quelques pièces galantes que Rousseau avait composées pour lui, et ne sachant trop comment s'y prendre, on conseilla à ce seigneur de faire copier quelques pièces par Rousseau, et de profiter de cette occasion pour lui témoigner sa reconnaissance. Le prince envoya en effet à Rousseau divers morceaux de musique à copier, et quand le travail fut terminé il lui fit remettre vingtcinq louis d'or.
« Mais on plaisante, répliqua Rousseau au porteur de la somme. Il prit un louis, en rendit la moitié en monnaie, renvoya le porteur et ne voulut plus entendre parler de cela.