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ES ORCHESTRES AU TEMPS DE LOUIS XIV

Louis XIV entretenait à grands frais w^e musique de la chambre, qui ne se composait pas seulement des 24 violons : il y avait en plus un joueur de clavecin, deux joueurs de luth, deux joueurs de viole et un théorbiste, avec cela un certain nombre de chanteurs.

En 1712, Y État de la France signale également les violons du cabinet, autrefois nommés les petits violons, payés sur la cassette du roi, à trente sous par jour. Ils étaient au nombre de 21, et suivaient le roi dans tous ses vova^es.

La division des parties de la grande bande était

assez singulière : il y avait onze premiers violons, deux seconds violons, trois troisièmes violons (1), trois quintes ou altos, et huit basses.

Un privilège bizarre était celui-ci :

« Quand la musique de la chambre va chanter par ordre du roi devant les princes du sang (excepté les fils de France) et devant les princes étrangers, quoique souverains : si ces princes se couvrent, la musique de la chambre du roi se couvre aussi.

« Gela se fit ainsi devant M. le duc de Lorraine à Nantes en 1626 et en 16-42 à Perpignan. Le prince de Morgues, étant averti de ce privilège, aima mieux entendre la musique découvert. La même chose s'est observée depuis en présence des princes de Modène et de Mantoue au palais Mazarin, en présence du cardinal. »

Un orchestre curieux, comme composition, c'est celui de la fjrande Écurie. En 1768, il y avait 12 hautbois, haute-contre et taille de hautbois, hautecontre et taille de violon, basses de hautbois, basses de violon et cornets de la chambre et Ecurie du roi, hautbois et musettes de Poitou, tambours et fifres, cromornes et trompettes marines (2) et 12 trompettes de bouche...

(1) Ceci prouve bien clairement que les musiciens d'aujourd'hui qui joignent la troisième partie aux altos, dans la musique de Lully par exemple, se trompent complètement; on remarque d'ailleurs que celte troisième partie de violon ne descend que fort rarement au-dessous du sol (corde vide), pour ne pas dire jamais.

(2) La trompette marine était une longue caisse de bois, triangulaire, sur laquelle une grosse corde était tendue et maintenue

Quelle satanée musique cela devait faire! Il faut croire cependant que les chevaux aimaient cela. Ces 12 trompettes de bouche feraient supposer qu'on avait alors des trompettes qui s'embouchaient autrement, à preuve les trompettes marines.

En tout 47 artistes pour ces instruments de forte sonorité.

« Les quatre trompettes, appelés trompettes ordinaires de la chambre du roi, sont obligés de sonner à la tète des chevaux de carrosse de Sa Majesté, principalement dans les voyages, et quand le roi outre dans les villes. »

Dans Y État actuel de la musique du Roi, sorte d'almanach, on peut suivre pendant dix ou douze ans la composition de l'orchestre de l'Opéra. Ainsi, en 1769, il y avait encore une musette; en 1770, elle a disparu à jamais.

En 1770, les instruments à vent se composent de 7 flûtes et hautbois, 8 bassons, 1 trompette, 3 cors de chasse et 1 tambourin.

En 1771, il y a 9 bassons!!! 2 cors de chasse seulement, mais par contre apparaissent pour la première fois v2 clarinettes. Il ne faudrait pas croire

par un chevalet; le pouce de la main gauche pressait la corde, la droite tenait l'archet; la corde, en vibrant, faisait vibrer en même temps le chevalet, dont un des pieds, mobile, frappait rapidement une plaque de verre ou de métal fixée sur la table d*harmonie. La musique du roi renfermait de ces singuliers instruments jusqu'en 1780.

• [Dictionnaire des instruments de musique, par Albert Jacquot.i

cependant que ce n'est qu'à dater de cette époque qu'on se servit de clarinettes à l'Opéra. Rameau en

avait mis déjà dans Acanthe et Céphise ou la Sympathie, pastorale héroïque composée à l'occasion de la naissance du duc de Bourgogne, et représentée par l'Académie royale de musique le 18 novembre

Chose assez bizarre, c'est qu'on ne mentionne qu'une clarinette en 1773. On accompagnait toujours les récitatifs au clavecin : mais à partir de 1777 le clavecin n'est plus mentionné.

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