LES TROMPETTES
Voici le titre d'un tout petit, tout petit in-i° oblong, qu'on pourrait appeler un in- 12 oblong si cette appellation était admise. Quoi qu'il en soit de ce format, grand comme la main, ce livre s'appelle : Pièces de Trompettes et Timhalles, à 9, 3 et 4 parties, l*p livre, par M. Philidor l'aisxé, ordinaire de la musique de la chambre et chapelle du Roy.
L22 NOUVEAU MUSICIANA.
A Paris, par Christophe Ballard, seul imprimeur du Roy pour In musique. 1685.
Ce recueil de pièces de trompettes n'est cité nulle part, quoiqu'il soit perceptible à l'œil nu, car il a 180 pages, et renferme les pièces suivantes :
Menuet royal, à 4. — La Livet, à 2. — La Bontemps, à 3. — Bruit de Guerre, à i. — Menuet de l'Orangerie, à-i. — La petite Biourée, à 4. — Menuet des Jardins, ai. — Marche pour les Trompettes, à 4. — Canon de Versailles, ko. — Chaeonne du Palais-Royal, ai. — Marche pour les Trompettes seules, à-i. — Canon du Carrousel, à 6. — Le Reposoir de la Fête-Dieu, à 5. — Gavotte de la Plaisanterie, à 3. — Menuet des Poitevins, à 3. — Les Tuilleries, à 3. — La Vincenne, à-i. — La Volviconte, à 4. — La Charviliaque, che, à 4. — La Vénus, à 4
Mars, à 4. — Gigue des Arts, à 4. — Les Échos de Jupiter, ai. — Menuet des Grecs, à 4. — La Losange, à 4. — Courante des Plaisirs, à 4. — La Louve des Masques, à 4. — Le Gladiateur, à 4. — Les Dieux, à 2. — Le Maire, à 4. — Le Barhray, à 4. — La Cour,, à 4. — Le Doyen, menuet à 4. — Menuet des Boimes, à 4. — Prélude des divertissements, à 4. — Mornes, à 4. — Passepied pour la Raillerie, à-i. — Gavotte des Festins, à 4. — Bourrée de Bacchus, à-i — Chaeonne de Polichi- Bel, à-i. — La Beaupré, à 4. — La c/ame RagoBde, à-i. — La La fontaine, à 4. — La grande Maison,
à 4. — Le Papillon, à 3. — La Lamarche, à 4. — La Victoire, ai. — La Fontainebleau, à 4. — La Saint-Martin, à 4. — La Chaconne Dauphine, à 4. Certains de ces morceaux, comme La Chaconne de Polichinel, La Lamarche, La Chaconne Dauphine, etc., sont très développés. Le premier et le second dessus (les deux premières trompettes) se promènent toujours sur les notes do remifa sol la, la vraie partie chantante de la trompette, mais comme ce sont des notes aiguës, cela devait considérablement fatiguer les trompettistes ; il faut remarquer cependant que, vu la différence du diapason en 1685, comparé à celui d'aujourd'hui, on peut, sans crainte de se tromper, supposer ces morceaux joués un ton et demi plus bas. Je fais suivre une de ces pièces, qu'on m'a exécutée cà la classe de trompette ; l'on voit sans peine, dans cet exemple, comme dans toutes les pièces du volume, que la basse était une trompette et non une viole ou un trombone, comme je l'ai lu quelque part chez un écrivain moderne. Le fa de la trompette simple est toujours trop haut, l'instrumentiste devait aussi un peu pincer les lèvres au îa~; c'est ainsi que je l'ai entendu, mais tous les fa et tous les fa- ne sont pas d'une justesse agréable.
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