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Dans un petit livret publié à Berlin en 1784 par G.-C. Rolle (1), il y a plusieurs bonnes choses à glaner. Ainsi on lit, page 40 :

« De temps à autre, comme on sait, on accompagne le chant avec des cornets à bouquin (v2) et des trombones , également avec d'autres instruments plus nombreux, ou bien dans les grandes solennités on se sert des trompettes et des timbales.

« Les musiciens de ville (Stadt odér Kunstpfeiffer) ont soin d'avoir leur partie écrite, de même que les trompettistes qui jouent sur les tours, ou les trombones, soprano, alto, ténor et basse, afin que l'organiste puisse les soutenir à l'occasion, ce qui est facile, vu que généralement ces instruments à vent sont dans le ton d'église, et que d'un autre côté les orgues sont rarement accordés au diapason de la musique de chambre.

» Les instrumentistes au haut des tours, à part

1 .Xeue Wahvnehmungen znr Aufnabme und weitern Ausbrcitunfj der Musik (Nouvelles observations sur la culture et la propagation de la musique).

(2) Le cornet à bouquin était un instrument ou un tube en ivoire, même en bois, percé de sept trous et un petit pavillon au bout; il y en avait de droits, mais la plupart étaient recourbés. Durant le xvie et le xvne siècle, il trônait comme instrument de chant dans les orchestres de l'Allemagne, à l'église aussi bien que dans les concerts.

les simples chorals, ont aussi des sonates composées pour eux, et qu'ils font entendre à la fois à tous les habitants d'une ville. »

Le ton d église dont il vient d'être question, c'està-dire le diapason de l'église, était anciennement d'un ton entier plus haut que le ton de la musique de chambre, ou des concerts, si bien que quand les divers instruments de l'orchestre concertaient avec l'orgue , ce dernier était obligé de transposer sa partie d'un ton plus bas. On donnait comme raison de cette situation anormale que les facteurs d'orgue avaient beaucoup moins de dépenses à faire pour construire un orgue haussé d'un ton, les tuyaux étant plus courts. Une autre raison, c'est que le son devant être plus pénétrant dans un grand vaisseau, comme une église, il fallait hausser le diapason. Le ton de la musique de chambre a fini par rejoindre le ton d'église et même par le dépasser, si bien que les anciens orgues sont généralement plus bas que le diapason actuel; j'en ai rencontré plus d'un au moins d'un ton et demi au-dessous du diapason.

A la page 49, Rolle parle du contrebasson, il insinue que les musiciens qui s'en servaient, avaient soin de se munir d'un bandage antiherniaire, tellement il fallait de souffle. D'après ce même auteur (p. 57), à la fin du xvne siècle, on n'avait à l'église que l'orgue , les trompettes, les cors de chasse, les trombones et les timbales.

« En 178-4, on chantait encore le Kyrie et le Gloria

en latin dans la plupart des églises protestantes de l'Allemagne. »

La Bibliothèque du Conservatoire possède un arrêt de la Cour de Parlement qui condamne Jean Beautru, marchand de violons, à être pendu en place de Grève pour vol avec effraction.

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