LA MUSIQUE
dans le mystère de la Passion (1).
Après le baptême de Jésus par saint Jean, il y a cette note :
Icy sort Jhesus hors du fleuve Jourdain, et se jecte a genoulx tout nud devant paradis. Adonc parle Dieu le Père, et le Sainct Esprit descend en forme de colomb blanc sus le chef de Jésus, puis retourne en paradis : et est à noter que la loquence de Dieu le Père se doit prononcer entendiblement et bien attrait en trois voix, cest assavoir ung hault dessus, une haulte contre et une basse contre, bien accordées, et en cette harmonie se doit dire toute la clause qui sensu y t :
Hic est fîlius meus dilectus In quo mihi bene complacui,
Ce^tuy cy est mon fils Jhesus,
Qui bien me plaist, ma plaisance est en luy
C'est le Crist promis, cest celuy
(1) D'après l'exemplaire de la bibliothèque du Conservatoire.
206 NOUVEAU MUSICIAXA.
Que je accepte réparateur D'humain forfaict et rédempteur De nature humaine, bannie Pieça de ma gloire infinie, Je me complais en sa personne, Aux hommes par luy je pardonne, Et par le moyen de sa grâce Je donne au baptesme efficace D'imprimer caractère fix Du grant mérite de mon fîlz A l'ame de l'homme mortel.
Les anges Raphaël, Uriel, Chérubin et Séraphin viennent parler à Jésus, puis on lit (même page) :
Icy chantent ung silete en paradis.
Feuillet 115, verso :
Icy sen retournent les anges en chantant , et Jésus descend de la montagne.
Feuillet 147, recto :
Icy se asseent Rodigon, Jayrus, Nicoderme, Phares et Abiton en une aultre table, et sonnent les menestriers.
Feuillet 147, verso. En parlant de la fille d'Hérode :
Icy commence a dancer, et sonne le tabourin une entrée de morisque, puis cesse ung petit, et la fille dance tousjours, cependant que les seigneurs parlent.
Un peu plus loin :
Icy commence le tabourin un tordion.
Feuillet 151, recto. En parlant des patriarches aux limbes :
Ils chantent es limbes un silete.
A propos de la Madeleine, les frères Parfait mettent une phrase qui ne se trouve pas dans l'exemplaire du Conservatoire :
Cy après commence la mondanité de la Magdaleine, et est à noter qu'elle pourra chanter de choses faictes à plaisance, ce qui sensuit, et après le pourra dire sans chanter.
Cependant, au feuillet 162, verso, Magdaleine dit à Perufine (une de ses suivantes) :