‹ Nouveau MusicianaChapitre 82 sur 112 · II · texte numérisé non relu

II

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- e D'un sou -ris gra - ci - eux, Viens tôt me

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se - cou - rir,

Où

me fau - dra mou - rir.

(I) Bibliothèque du Conservatoire national de musique, Catalogue de la Réserve. Firmin-Didot, 1885, page 20.

m NOUVEAU MUSIGIANA.

C'est au prince de la Moskowa qu'on doit la résurrection de cette pavane ; il fit graver les quatre voix en partition dans sa belle collection classique, et on exécuta ce morceau assez fréquemment, toujours avec succès.

En 1850, M. Séghers, le chef d'orchestre, m'ayant confié la direction vocale de la Société Sainte-Cécile, cette jolie pavane me revînt à l'esprit, et voulant remonter à la source, j'allai à la Bibliothèque de la rue Richelieu examiner et étudier l'Orchésographie de 1589.

On s'aperçoit sans peine que les instruments comme la flûte, le hautbois, la saqueboutte (trombone), doublaient les parties de chant ; quant au tambourin, il est noté d'un bout à l'autre. J'ajoutai donc au chœur un accompagnement de flûtes, hautbois et bassons, sous forme d'un petit contrepoint, sans toucher aux voix. M. Richault père grava cette orchestration, jouée maintes fois depuis.

Je fus bien surpris un jour de revoir cette pavane dans la 137e livraison des morceaux d'ensemble exécutés par la Société des concerts du Conservatoire, publiée par Schœnenberger, alors éditeur sur le boulevard Poissonnière.

Ce qu'il y a de curieux dans cette réduction au piano, c'est que le thème de la Pavane a complètement disparu, et qu'on ne donne comme chant rien autre chose que mon petit contrepoint, avec une lourde harmonie plaquée à la main gauche. Cette livraison 137e renferme une scène et chœur

d'Armide de Gluck ; mais comme cela ne remplissait pas les huit pages, l'éditeur avait fait ajouter la Pavane sur le dernier feuillet.

En général, une première bévue en engendre bien d'autres ; aussi l'éditeur Mackar, voulant encore mieux faire que Schœnenberger, mit la Pavane de 1589 sur le compte de Gluck ; de sorte qu'on lit en tête du n° 61 de son Edition de poche : Pavane : air de danse du xvie siècle par Gluck, avec des souvenirs d'Ipbigénie du même auteur. Voilà mon petit contrepoint passé à la postérité, d'abord sous le voile de l'anonyme, puis enfin sous le nom de Gluck. J'ai bien averti de tout cela MM. les éditeurs que je viens de nommer ; mais comme ils ont laissé les choses dans l'état primitif, et comme mon petit contrepoint dansant ne vaut pas la peine qu'on se chamaille, je consigne ici cette petite... inexactitude musicale, qui ne fait vraiment pas honneur aux connaissances musicales, historiques ou archéologiques des éditeurs en question.

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