PRÉFACE
Aimables élèves,
Vous me donnez trop de satisfaction, vous faites trop d'honneur à ma méthode par vos progrès pour que je ne vous dédie pas mon ouvrage : il est simple comme la nature (vous le prouvez), l'hommage que je vous rends appartient bien à la nature aussi : je la préfère à tout ce qui peut flatter l' amour-propre, promettre la gloire ou la fortune qui, clans ma manière de voir, ne valent pas la peine qu'elles coûtent.
Corbelix.
Instruction pour les commençants, et même pour ceux qui veuillent se perfectionner sur le violon; avec la figure qui démontre les démanchements, plusieurs exemples dans lesquels on voit les différents coups d'archet. Enfin tout ce qu'il est nécessaire dans un enseignement succinct à toucher le violon, suivant le goût le plus nouveau et le plus
accompli, mis au jour par T. Wodiczkà, maître du violon dans la chapelle impériale, à Vienne. Traduit de F allemand et revu par J. G. Lustig, organiste à Groningue (au Conservatoire).
Les farces musicales sont d'ancienne date, et déjà au xvie siècle, où l'on ne connaissait que le plainchant, le contrepoint et la musique fuguée, il y a eu des compositeurs qui ont essayé d'écrire des bouffonneries musicales. Un des plus anciens maitres cités clans ce genre de musique est Merula (sans doute Tarquinio), qui fit chanter vers 1600 la déclinaison qui, quse, quod ; ce morceau, en style fugué, eut un succès de fou rire. Le même auteur écrivit ensuite la déclinaison hic, hase, hoc, que nous trouvons remise en musique quelques années plus tard par Carissimi, morceau à quatre voix qui a été publié par le prince de la Moskowa, dans son recueil de musique ancienne.
Le célèbre compositeur des Psaumes, Marcello, composa un chœur où les soprani et les contralti imitaient les moutons et autres bêtes. Dans un autre morceau bouffon, Marcello imita si bien les passages favoris des chanteurs et chanteuses célèbres à Venise de son temps, leurs trilles, leurs cadences et autres ornements, souvent exagérés, dont ils enrichissaient leurs morceaux, que tout le monde reconnut les personnages quand on exécuta ce morceau.
Marcello, qui a écrit un livre très spirituel, intitulé
la Musica alla moda, avait l'esprit caustique. On connaît de lui un madrigal sur les castrats, paroles et musique sont de lui :
Aro, che lassù nei cori almi o heati No entrano castrati, Perché scritto è in quel luoco : — Dite, che è scritto mai ?
« Arbor, che non lia frutto, arda nel fuoco. »
Non, dans le chœur des élus de là-haut Il n'entrera jamais de castrats, Car là il est écrit, — Eh bien ! dites, qu'est-ce qu'il y a d'écrit :
« Que l'arbre qui ne porte pas de fruits, soit consumé par le feu, »
Il paraît que la musique était bien autrement comique que les paroles. Les soprani se démenaient dans les plus hautes régions de la voix, taudis que les basses rampaient sur leurs notes les plus graves; on eût dit un concert de chats et de lions.
Jomelli écrivit un chœur de capucins sur la même note ; l'orchestre, enrichi le plus possible, faisait d'autant plus ressortir la psalmodie des voix.
Il n'y a pas jusqu'au sévère contre-pointiste Alhrechtsherger qui n'écrivît sa pièce bouffonne, consistant en une messe de paysans, qui épellent leur latin et leurs notes.
Martini a écrit plusieurs pièces de chant bouffonnes en italien, qu'on exécute encore parfois.
J'ai trouvé dans le dépôt de 1854 un morceau de musique avec ce titre : Emmanuel, Pensées de
l'empereur Napoléon Ier sur la Divinité de Jésus- Christ, appuyées de paroles de l'Écriture sainte et de poésies de Racine et de Newton, mises en musique par G..., F..., M..., en dépôt chez Flaxland, place de la Madeleine.
Et dire que le second Empire a passé là-dessus sans que celte œuvre ait été révélée à un public idolâtre! Elle est composée de 37 pages in-folio,
toutes de la même force comme papier et comme
musique, y compris souvent les paroles, car tout n'est pas de Racine, tant s'en faut. Voici, d'ailleurs, la table des morceaux : La charité du Christ. — 0 filles de Sion (Racine). — L'Eternel a dit à mon Seigneur. — Si je n'eusse pas fait. — Je suis la résurrection et la vie. — La grâce que je chante (Racine). — L'Aimant (the loadstone) par Newton. — Le clair de lune (Moonlight). — Cette parole est certaine. — Le dégel (the thavv).
Le halluciné (1) qui a commis cette œuvre ne s'est pas fait connaître, et cette bizarre production se trouve classée parmi les anonymes, ce qui équivaut à dire les oubliés.
Pavane du xvie siècle.
Cet air de danse, remarquable par sa naïveté, sa correction et sa grâce, parut d'abord dans un livre intitulé : Orchésographie et traicté en forme de
(1) C'est la hallucinée qu'il faudrait dire, car ce sont deux dames, paraît-il, qui ont commis ce chef-d'œuvre; l'éditeur Flaxland ne s'est plus rappelé leurs noms.
dialogue, par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre et pratiquer ïhonneste exercice des dances, par Thoixot ÀRBEAu{Jean Tabourot). Langres, Jean des Preys, 1589; in--4°.
Dans l'édition de 1596, le titre seul offre des variantes, l'ouvrage lui-même est resté tel que : c'est même probablement ce qui restait en magasin du premier tirage, et que le libraire aura cherché à écouler avec un nouveau titre. J'ai déjà parlé ailleurs de ce livre et de son auteur (1); ici il ne sera question que de la pavane :
-ptr—
j£ ~ CL.
Il 1 !
T7y IL
\ Au \\ A
1 u fi O 1 u
i il
Bel
TT
- le qui tiens
ma vi - e Cap - ti
- ve
i il il
Un \ A O \
Y° no\° i
kj i dans
tes
yeux, Qui
TT
m'as l'a - me ra -
1 n il- ^
fr*\ ' -*