‹ Nouveau recueilChapitre 62 sur 145 · SCENE XVII Les Précédens, Delille · texte numérisé non relu

SCENE XVII Les Précédens, Delille

Del. D'où vient donc tout ce bruit ? Quoi î c'est toi, mon ami, en querelle avec Monsieur Vernon.

Desr. Ah! viens; tu es un charmant garçon ; c'est donc toi qui abuses ton ami ?

Del. Moi, je t'ai dit que mademoiselle était jeune, aimable ; t'ai-je trompé ?

Mad. Ver. Oui, répondez ingrat, vous a-t-il trompé ? Voyez les pleurs que m'arrache votre indigne conduite.

Desr. Ma conduite ?

Del. Ah ! mon ami, pourrais-tu résister aux larmes de la beauté ?

Mad. Ver. Voyez votre ami lui-même qui prend mon parti.

'^Ver. Finissons. Votre intention est-elle d*épouser ma sœur ?

Desr. Non, parbleu ; je ne l'épouserai pas.

Mad. Ver. Vous ne m*épouserez pas, cruel !

Ver. C'en est assez, vous aurez bientôt de mes nouvelles.

Mad. Ver. Me voilà perdue, déshonorée dans la ville, et vous seul serez cause de mes maux, de ma mort.

Ver. Non ; vous ne mourrez pas, ma sœur : mais monsieur pourra se repentir... Rentrez, ma sœur.

Mad. Ver. Oui, je cours cacher mes larmes et ma honte. Perfide, ingrat, barbare. (Elle rentre).

Del. Mais, permettez donc, Monsieur Vernon ; n'y aurait-il pas moyen d'arranger...

Ver. Un mariage, ou un procès.

Del. Deux cruelles extrémités, mon ami.

Desr. Eh ! tu te moques de moi. Laisse-le faire ; ah ! parbleu, je ne le crains pas.

Ver. Vous ne me craignez pas ! Ah ! vous ne savez pas encore à quel homme vous avez affaire. Ah ! vous verrez, vous verrez. Séduction, rapt, abus de confiance ; quelle horreur ! (Il rentre).

Page 1