POUR LE MERCREDI DES CENDRES
Air Nouveau, N° 156.
Ou prends-tu ta fière arrogance, G mortel! d'où vient ton orgueil ?
Cendre et poussière en ta naissance.
Gendre et poussière en ton cercueil.
Ah ! ne perds jamais la mémoire De ce jour où tu dois finir :
On foule aux pieds la fausse gloire, En rappellant ce souvenir.
Laisse là le soin des richesses, Qui te vient sans cesse agiter :
En vain pour elles tu t'empresses, Il les faudra bientôt quitter.
Les plaisirs flattent ton envie, Leur douceur séduit aisément ; Mais souviens-toi, qu'avec la vie, Ils passeront dans un moment.
Où sont-ils ces foudres de guerre^ Qui faisoient trembler l'Univers ?
Ce n'est au plus qu'un peu de terre^ Restes qu'ont épargnés les vers.
Va porter, mondaine parure, Tes atours aux foibles esprits :
Ce corps qui n'est que pourriture, Ne doit s'attendre qu'au mépris.
Puisqu'au monde il n'est rien de stable, Que tout^passe et fuit à nos yeux ; Si nous voulons un bien durable, Ne le cherchons que dans les Cieux.