‹ Nouveau recueil de cantiques, à l'usage du diocèse de QuébecChapitre 143 sur 191 · LES DOUCEURS DE LA PENITENCE. N · texte numérisé non relu

LES DOUCEURS DE LA PENITENCE. N

tJ OURS heureux, tems favorable, Où Dieu calme son courroux ; Sa justice redoutable N'est plus terrible pour nous :

Sous le ciUce et la cendre, Le cœur percé de douleur.

Opposons un amour tendre Au torrent de sa fureur.

Si la sainte quarantaine Doit mortifier le corps, De la bonté souveraine Elle ouvrira les trésoriu

Dans cette noble carrière Dieu veut bien nous soutenir; Le jeûne avec la prière Du Ciel peut tout obtenir.

Plus la chair est affligée Par une douce rigueur, Plus not eâme dégagée S*élève au parfait bonheur.

Elle esi bientôt embellie Des dons les plus précieux.

En mérites accomplie, Elle plaît au Koi des Cieux.

Mais le monde, et ses idoles, Du jeûne ignorent les lois, Par mille raisons frivoles, Ils en rejettent le poids :

L'indolence ei la mollesse Ne le peuvent supporter, La fausse délicatesse Se fait toujours écouter.

Riche, qui t'a fait l'aibitre Des maximes de ta foi ?

L'opulence est-elle un titre Pour ne pas garder la loi ?

Pourquoi donc à l'abstinence Le pauvre est- il condamné ?

Et le riche, en l'abondance, $^e croit-il tout pardonné ?

O Dieu, que votre colère S'éloigne de dessus nous ; Que notre douleur amère Prévienne vos justes coups.

Si l'horreur de notre crime, Nous poursuivit nuit et jourj Le regret qui nous anime, Ya méritef votre amour.

Air DeJudithyOu'N'' 158,

^VoiCI le tems le plus heureux Pourrecouvrer notre innocence ; Bannissons les ris et les jeux.

Pensons à faire pénitence :

Le plaisir du monde n'est rien, Dieu seul. Dieu seul est le vrai bien.

Pensons à ce brillant séjour, Où l'espoir du ( hrétien se fonde ; Dirigeons vers lui notre amour, N'ayons plus d'attache à ce monde. Le plaisir, Bec.

Le Ciel nous a doué d'un cœur, Mais ce cœur n'est point pour la terre ; Ce qu'elle montre de douceur,

Ne peut jamais le satisfaire. Le plaisir, &Cc

Par des sentiers semés de fleurs, Le monde entraîne dans l'abyme ; On y goûte peu de douceurs,

Le remords suit de près le crime. Le plaisir, &C;

Le Seigneur, pour nous aujourd'hui Ouvre le canal de ses grâces ; Il nous appelle, allons à lui,

Qu'il est doux de suivre ses traces ! Le plaisir, &c.

Ah ! si jamais dans notre cœur La grâce reprend son empire.

Alors enivrés de bonheur,

Nous ne cesserons point de dire : Le plaisir, &c.

Note — La 1ère, partie Sectionne, et 3e. fournissent un grand nombre de Cantiques convenables à ce Saint Tems. Il suffira d'en indiquer quelques uns.

Comment goûter quelque repos. Voyezpage 57. Seigneur, Dieu de clémence, Voyez page 130..

Grâce, grâce, Seigneur. Voi/ezpage 131. C'EST trop longtems être rebelle. Vo2/ez page §8. Q UOI î j'ai pu vivre sans t'aimer. Vo7/e% page 134» J ESUS est la bonté même. Voyez page 66.

MYSTERES DE LA PASSION DE N. S. J. C. Air: Que ne suis'Je kl Fougère, N** 93,

A. U sang qu'un Dieu va répandre.

Ah! mêlez du moins vos pleurs, Chrétiens, qui venez entendre Le récit de ses douleurs.

Puisque c'est pour vos offenses Que ce Dieu souffre aujourd'hui, Animés par ses souffrances, Vivez et mourez pour lui.

Dans un jardin solitaire.

Il sent de rudes combats ; 11 prie, il craint, il espère ; Son cœur veut et ne veut pas :

Tantôt la crainte est plus forte, Tantôt l'amour fait effort ; Mais enfin l'amour l'emporte ; Il se soumet à la mort.

Judas, que la fureur guide.

L'aborde d'un air soumis ; En l'embrassant^ ce perfide Le livre à ses ennemis.

Judas , un pécheur t'imite :

Quand il feint de l'appaiser .

Souvent sa bouche hypocrite Le trahit par un baiser.

On Tabandonne à la rage De cent tigres inhumains ; Sur son aimable visage lies soldats portent leurs mains»

Vous deviez. Anges fidèles, Témoins de ces attentats, Ou le couvrir de vos ailes, Ou foudroyer ces ingrats.

Ils le traînent au Grand-Piêtrej Qui seconde leur fureur, Et ne veut le reconnoître Que pour un blasphémateur.

Quand il jugera la terre, Ce Sauveur aura son tour ; Aux éclats de son tonnerre Tu le connoîtras unjour.

Tandis qu'il se sacrifie, Tout conspire à l'outrager :

Pierre lui-même l oublie.

Et le traite d'étranger.

Mais Jésus perce son ame D'un regard tendre et vainqueur^ Et grave d'un trait de flamme Le repentir dans son cœur.

Chez Pilate, on le compare Au dernier des scélérats :

Qu'entends-je I peuple barbare !

Tes cris sont pour Barrabas.

Quelle indigne préférence !

Le juste est abandonné ; On condamne l'innocence, Et le crime est pardonné.

On le dépouille, on l'attache^ Chacun arme son courroux :

Je vois cet Agneau sans tache Près d'expirer sous les coups.

C'est à vous d'être victimes ; Arrêtez, cruels bourreaux !

C'est pour effacer vos crimes Que son sang coule à grands flots.

Une couronne cruelle Perce son auguste front :

A ce chef, à ce modèle, Mondains, vous faites affront.

Il languit dans les supplices, C'est un homme de douleurs ; Vous vivez dans les délices, Vous vous couronnez de fleurs.

Il marche vers le Calvaire, Chargé d'un infâme bois, Delà, comme d'une chaire, Il fait entendre sa voix :

Ciel ! dérobe à la vengeance Quiconque ose m'outrager :

C'est ainsi, quand on l'offense.

Qu'un chrétien doit se venger.

Une troupe mutinée L insulte, etcrie à l'envi ; Qu'il change sa destinée, Et nous croirons tous en lui.

Il la changeroit sans peine, Malgré vos nœuds et vos cloux ; Mais, helas ! ce qui l'enchaîne.

C'est l'amour qu'il a pour vous.

Ah ! de ce lit de souffrance, Seigneur, ne descendez pas ; Suspendez votre puissance, Restez-y jusqu'au trépas.

Mais tenez votre promesse, Attirez-nous après vous, Pour prix de votre tendresse, Puisbions-nous y mourir tous î

Il expire, et la nature Dans lui pleure son auteur t Il n'est point de créature.

Qui ne marque sa douleur.

Un spectacle si terrible Ne pourra-t-il me toucher ?

Serois-je plus insensible Que n'est le plus dur rocher ?

Air précédent.

Cœur rébelle Dieu t^appell©

Entre les bras de sa croix.

Dieu t'appelle ; Sois fidèle Au dernier cri de sa voix. jin^

Son cœur tendre Doit t'apprendre Qu'il aime encor le pécheur :

Sa clémence Ne s'offense Que de ton trop de lenteur.

A ses charmes Rends les arme»

Attends tout de sa douceur ; S'il soupire, S'il expire C'est pour être ton Sauveur. Cœur rébelle, &c»

Air: Grâce, grace^ Seigneur» N° 89.

Est -ce vous que je vois, ô mon maître adorable | Pâle, abattu, sanglant, victime de douleurs ? Falloit-il, à ce prix, racheter un coupable, Qui même à votre sang ne mêle point ses pleurs ?

Judas vous livre aux Juifs, dans sa fureur extrême^ Peut-il à cet excès, le traître vous haïr ? Comme lui, mille fois, je dis que je vous aime, JEt je ne rougis pas, ingrat, de vous trahir.

On vous charge de fers, innocente victime. Peuple, et Prêtres, et Rois, tous s'arment contre vous 5 Si le Ciel est si lent à venger un tel crime, C'est votre amour, Jésus ! qui suspend son couryouX:

On vous couvre d'affronts on vous raille, on tous frappe ^ Mépris, soufflets, crachats, rien ne peut vous aigrir : Nul murmure secret, nul mot ne vous échappe. Et moi, sans éclater, je ne puis rien souffrir,

O barbare fureur ! dans son sang un Dieu nage 5 Sur lui mille bourreaux s*acharnent tour à tour : Ils redoublent leurs coups, ils épuisent leur rage ; IViais rien nepeut jamais alFoibiir son amour.

Quand je vois mon Sauveur, mon chef et mon modèle^ Ceint d'un bandeau sanglant d'épines, de douleurs; Combien dois-je rougir, lâche, intauie, infidèle, D'aimer à me plonger dans le sein des douceurs.

Quel spectacle effrayant ! ô Ciel ! quelle justice ! I Jésus, quoiqu'innocent, en croix meurt attaché ; ! Un Dieu juste, un Dieu bon ordonne ce supplice : I Jugez de là, mortels, quel mal est le péché.

Votre fils expirant, entre vous et la terre, j Est comme un mur, grand Dieu ! qui pare à tons vos coups t S'il vous plaît de nous perdre, il faut que le tonnerre, Frappe ce Fils chéri pour venir jusqu'à nous.

Tu le vois mort, pécheur, ce Dieu qui t'a fait naîtré^ Sa mort est ton ouvrage, elle est, et ton appui : A ce. trait de bonté tu dois au moins connoître, Que, s'il est mort pour toi, tu dois vivre pour lui,

O victime d'amour ! ô noble sacrifice î O sanglante agonie ! o cruelles rigueurs ! O trépas bienheureux ! salutaire supplice, Vous ferez à jamais l'entretien de nos cœurs.

Page 1