VICE PUNI, VERTU RECOMPENSER OU, LE BEATITUDES
Air : Un Dieu vient se faire entendre^ ou jusques dans moindre chose, N'' 37, 22.
On peut chanter ce Cantique sur le Majeur de l'Air, en ne prenant qu'un Couplet.
Heureux qui de l'opulence A su détacher son cœur, Et qui de l'humble indigence Supporte en paix la rigueur !
Dieu, fidèle en ses promesses.
Infini dan?5 sa bonté, Par d'éternelles largesses Enrichit sa pauvreté. .
Mais malheur à l'homme avide Qu'éblouit l'éclat de l'or, Et dont le cœur toujours vuide Fait son Dieu de son trésor ; Les seuls biens, le seul salaire Qu'aura sa cupidité, Sont des trésors de colAre^ Qu'entasse l'éternité.
Heureux le cœur débonnairej Qui ne connut point l'aigreur, Et dont nul revers n'altère L'inépuisable douceur !
Le Dieu de paix lui destine, Dans son éternel séjour Toute l'onction divine Des douceurs de son amour.
Maudit l'homme sanguinaire.
Qui, dans sa féroce humeur.
Du venin de la vipère , jSxhale au loin la noirceur. |P
Pontrp lui-même implacable, Et de iui-mâme abhorré.
Far sa rage insatiable, Son cœur sera dévoré.
Bienheureux ceux dont la tiç Traînée au sein des douleurs, Ne s'abreuve et n'est nourie Que de cendres et de pleurs !
Dieu, témoin de leurs allarmes, Attentif à leurs soupirs, Changera leurs maux en charmes^ Et leurs larmes en plaisirs.
Maudit qui de la mollesse Aima le charme empesté, Et qui s'endort dans Fivresse De la folle volupté !
Un abîme de souffrance, Un étang de sombres feux ; I/éternelle pénitence, Succède à ses jours heureux,
Bienheureux ceux qui, du vice Fuyant le sentier trompeur, De la soif de la justice Sentent enflammer leur cœur î L'eau de l'éternelle vie.
Accordée à leurs soupirs, Sans éteindre leur envie, Rassasiera leurs désirs.
Maudits les hommes frivoles^ Vils esclaves de leurs sens, Qui se cherchent des idoles Dans tous lés objets présens !
Le Seigneur seul devoit être Leur vrai bonheur à jamais 5 Ils ne pourront le connoitre, Quc^par d'éternels regrets,
Bienheureux, qui pour ses frères Plein d'un cœur compatissant, A leurs pleurs, à leurs misères, Prodigue un secours puissant î Le Seigneur Dieu, de ses aîles, Se plaît à couvrir ses jours ; Ses entraillfes paternelles S'ouvrent à lui pour toujours.
Mais malheur à cet avare, Qui du pauvre gémissant Voit d'un œil sec et barbare, Les maux, le besoin pressant !
Pour lui, le Dieu de clémence Fermant à jamais son cœur, N'aura plus que la vengeance, L'anathême, la fureur.
Heureux ceux, dont l'ame pure Garde, avec soin, sa blancheur.
Et dont la moindre souillure Epouvante la pudeur !
Dieu lui-même est leur partage, Et dans l'immortalité.
Ils verront, loin du nuage, Tout l'éclat de sa beauté.
Malheur à ces ames lâches Qu'énerva l'impureté, Qui par de honteuses taches Ont souillé leur sainteté !
Loin de la gloire éternelle, Où rèojne le saint des saints Jamais la palme immortelle Ne décorera leurs mains.
Bienheureux les pacifiques^ Que le fiel n'émeut jamais, Et dont les désins uniques Sont de voir régner la paî x !
Dieu dévient leur tendre père * Ils sont ses enfans chéris.
Et de leur paix passagère.
Son repos sera le prix.
Malheur à l'homme farouche.
Qui se repaît de fureur.
Et dont l'infernale bouche Souffle le trouble et l'horreur !
Le Dieu de miséricorde, Dont il outragea l'amour, N'admit jamais la discorde Dans son paisible séjour.
Heureux ceux que l'injusticè Charge de ses traits perçans, Et dont la sombre malice Noircit les jours innocens !
Le Très-Haut sera lui-même Leur soutien et leur vengeur, Et son riche diadème Couvrira leur front d'honneur.
Mais maudites sont c«s ames, Dont les complots inhumains, Les fureurs, les sourdes trames, Conspirent contre les saints î Tôt ou tard, tristes victimes, De leurs iniques projets. Elles iront aux abîmes Eterniser leurs forfaits.
Heureux ceux, &c.