AMERTUME DU PECHE
Air: Comment goûter quelque repos, N''
Comment goûter quelque repos Dans les tourmens d'un cœur coupable !
Loin de vous, ô Dieu tout aimable^ Tous les biens ne sont que des maux.
J'ai fui la maison démon père, A la voix d'un monde enchanté ; Il promet la félicité,
Mais il n'enfante que misère {bis,y
Vois, me disoit-il, vois le tems f^mporter ta belle jeunesse.
Tu cueilles l'épine qui blesse, Au lieu des roses du printemps.
Le perfide, pour ma ruine, Cachoit l'épine sous les fîeirs ; Mais vous, ô Dieu plein dé douceur?, Vous cachez les fleurs sous l'épine. (bis,)
Créateur j ustement jaloux Ah! voyez ma douleur profonde :
Ce que j'ai souffert pour le monde, Si je l'avois gouffert pour vous !, . . J 'ai poursuivi dans les alarmes Le fantôme des vains plaisirs :
Ah ! j'ai semé dans les soupirs, Et je moissonne dans les larmes.
Qui me rendra de la vertu Les douces, les heureuses chaînes !
Mon cœur, sous le poids de ses peines, Succombe et languit abattu, J'espérois, ô triste folie ! Vivre tranquille et criminel :
J'oubhois l'oracle éternel:
Il n'est point de paix pour l'impie.
Çoîs,)
(bis,)
Bë mon abîme, ô Dieu clément^ J'ose t'adresser ma prière.
Cessas -tu donc d'être mon père, Si je fus un indigne enfant ?
Hélas ! le lever de l'aurore Aux pleurs trouve mes yeux ouverts^ ÎEt la nuit couvre l'univers, Que mon âme gémit encore. Ç^is.)
A peine a brillé ma raison, Qu'à ton amour j'ai fait outrage :
«T^ai dissipé ton héritage.
J'ai déshonoré ta maison ; Je n'ose demander ma place.
Ni prendre le nom de ton fils :
Parmi tes serviteurs admis, A ta bonté je rendrai grâce. (bis»)
Mais, quelle voix !.. .qti*ai-je entendu ? D'instrumens que l'air retentisse, Que le Ciel lui-même applaudisse ;
^' Mon cher fds enfin m'est rendu. '*
Dieu ! je vois mon père, il s'empresse ;
L'amour précipite ses pas :
Il veut me serrer dans ses bras,
Baigné des pleurs de s^, tendresse.
Ce père tendre et plein d'amour, Mon âme, c'est ton Dieu lui-même.
En fait-il assez pour qu'on l'aime ?
Sois fidèle enfin sans retour.
Que ta bonté, Seigneur, efface Les jours, où j'oubliai ta loi ! . «.
Un pécheur qui revient à toi Est le chef-dœuvre de ta grâce.
(bis.)