CERTITUDE DE LA MORT
IR : Q uand le péril esi agréable. N** 46.
Nous passons comme une ombre vaine, Nous ne naissons que pour mourir.
Quand la mort doit-elle venir ?
L'heure en est incertaine.
La mort, à tout âge, est à craindre, Chaque pas conduit au tombeau ; Tous nos jours ne sont qu'un flambeau Qu'un souffle peut éteindre.
Je vois un torrent en furie Disparoître après un moment ; Hélas ! aussi rapidement S'écoule notre vie.
Dans nos jardins la fleur nouvelle Ne dure souvent qu'un matin ; Tel est, mortels, votre destin :
Vous passerez comme elle.
La mort doit tout réduire en poudre, Vous mourrez, superbes guerriers:
N'espérez pas que vos lauriers Vous sauvent de la foudre.
Vous qu'on adore sur la terre.
Vous périrez^ vaine beauté ; Vous avez la fragilité.
Commue l'éclat du verre.
Vous qui faites trembler les autv<;Sj Fois, arbitres de notre sort, Vous êtes sujets à la mort.
Ainsi que tous les vôtres.
Pourquoi donc cette attache extrêmq Aux biens, aux honneurs, aux plaisirs ? Hélas ! tout ce qui doit finir Mérite-t-il qu'on l'aime ?
Que la mort peut être funeste !
Que ce passage est important !
Ceôt oe seul çt fatal instant Qui décide du reste.
Ah î tandis que tout m'abandonne.
Anges, ne m'abandonnez pas.
C'est dn dernier de mes combats Que dépend ma couronne.
Et vous, ô Vierge débonnaire !
Venez ranimer mon ardeur :
Je suis un perfide, un pécheur ; Mais vous êtes ma mère.
Si je mérite tes vengeances, Ah ! grand Dieu, regarde ton Fils ; îl va t'ofî'rir pour moi le prix De toutes ses soufFrances,
C'est lui qui bannit nos alarmes, Dans ce redoutable moment ; Quand on peut mourir en l'aimanlj Que la mort a de charmes !
A. LA mort, à la mort.
Pécheur, tout finira ; Le Seigneur, à la mort Te jugera.
Il faut mourir, il faut mourir.
De- ce monde il nous faut sortir ; Le triste arrêt en est porté, Il faut qu'il soit exécuté.
A la mort, &c.
Comme une fleur qui se flétrit.
Ainsi bientôt l'homme périt ; L'affreuse mort vient de ses jours, Dans peu de tems, finir le cours.
A la mort, &c.
Pécheurs, approchez du cercutil, Venez confondre votre orgueil ; Là, tout ce qu'on estime tant Est enfin réduit au néant.
A la mort, &c.
Filles pleines de vanité, Que deviendra votre beauté ?
Vos traits sans forme et sans couleur Vous rendront un objet d'horreur.
A la mort, &c.
O vous ! qui suivez vos désirs, Qui vous plongez dans les plaisirs ; Pour vous, qu^l affreux changement La mort va faire en ce moçient î A la mort, àcc.
Air Ancien. N° 47,
Plus de plaisirs, plus de douceurs.
Plus de pouvoir, plus de grandeurs :
Ces biens, dont vous êtes jaloux, Vont tout-à coup périr pour vous.
A la mort, &c.
Adieu, famille, adieu, parens, Adieu, chers amis, chers enfans ; Votre cœur se désolera ; Mais enfin tout vous quittera.
A la mort, &c.
Ce moment doit bientôt venir.
Mais on en fait le souvenir ; Et l'homme sans réflexion Vit ainsi dans l'illusion.
A la mort, &c.
S'il falloit subir votre arrêt. Chrétiens, qui de vous seroit prêt?
Combien dont le funeste sort Seroit une éternelle mort !
A la mort, &c.