MORT DES JUSTES
Air : On dit que vos parens.
Apres le cours heureux d'une vie innocente. Le sort qui la finit n'est pas un triste sort ;
Notre bonheur augmente
En approchant du port ;
On voit sans épouvante La mort.
Tout ce qu'elle a d'affreux ne sauroit nous surprendre^ Sans alarmer nos cœurs elle est devant nos yeux : Nous ne pouvons prétendre De bonheur en ces lieux.
• La mort nous fait attendre
Les Cieux.
Nous sommes ici bas dans un séjour de larmee^ Le jour qui les tarit est un jour plein d'attraits;
Qu'il a pour nous de cliarmes :
Il comble nos souhaits ;
On goûte sans alarmes La Paix.
Ce favorable jour J;ermine notre peine ; . On dit aux soins fâcheux un éternel adieia La Mort brise la chaîne, Qui nous tient en ce lieu ; C'est elle qui nous mène Vers Dieu.
Nous ne voyons ici que la nuit la plus sombre, Mais la clarté du Ciel succède à cette nuit !
S'il a des biens sans nombre,
La Mort nous y conduit ;
Le monde n'est qu'une ombre Qui fuit.
Air: Charmantes Jleur s , quittez ^ ou Nelson est mort an jein
de la Victoire, N^ 49.
Venfz, venez, vains amis de la terre,
Vous attendrir près du Chrétien mourant :
Ses vœux, son cœur, ses larmes, sa prière.
Tout est pour vous un spectacle éloquent. (Jjis,)
O terme heureux d'une trop longue vie ! Tu viens finir mes maux, ô douce mort ! Je t'apperçois déjà, chère Patrie !
dans un moment je vais toucher au port. (^«V.)
Depuis l'instant de 3a naissante aurore, Jusques au soir, mes yeux verdoient des pleurs ; Toute la nuit je gémissois encore, Un nouveau jour éclairoit mes douleurs. {JAh.)
Accours, ô mort, ma véritable amie, Trahclie à l'instant la trame de mes jours i C'en est donc fait, ma langueur est finie ; J'espère, j'aime, et j'aimerai toujours. (bÎ9.
Tu vas enfin céder à mon instance ; Je vais te voir ; tu vas combler mes vœux : Divin Jésus ! Dieu d'amour ! ton absence M'avoit rèndu si long-teiû^^ malheureux. (bis.
Amis, portez à ma bouche mourante Lacroix d'amour, ce signe attendrissant; Aimable Croix ! image ravissante !
Que n'est-tu pas au pécheur expirant ! (hk,