L'ENFER
Air Nomeau. N" 51.
Toi que le doux espoir d'un éternel bonheur N'a pu déterminer à renoncer au vice : Si Dieu par ses bontés n'a pu toucher ton cœur, Grains du moins, crains, ingrat, le bras de &a justice. '
Porte tes yeux, pécheur, sur l'affreux avenir Où doit tomber sur toi sa vengeance équitable : Souviens-toi que le ciel s'apprête à te punir Par tout ce que l'enfer a de plus redoutable.
Endurer mille morts, et ne pouvoir mourir,. Se déchirer le cœur de dépit et de rage ; Recommencer toujours à pleurer, à souffrir, Et n'avoir pour jamais que des feux en partage !
C'est le sort qui t'attend en ce funeste lieu, Et ce que tc^n malheur t'empêche de comprendre ; Téméraire, endurci, rébelle contre Dieu, Tu vois l'abîme ouvert, sans craindre d'y descendre.
Mais comment pourras-tu, de tous les maux atteint, Rester dans un brasier de souffre et de bitume. Dans un fôu dévorant qu'aucun torrent n'éteint, Un feu qui toujours brûle et jamais ne consume ?
Tu voudras aimer Dieu que tu perds pour jamais, Et ce désir fera ta plus cruelle peine : Oui, tu voudras Taimer ; niais éternels regrets ! Ton cœur ne s'ouvrira qu'à des transports de haine.
Pécheur, à cet aspect, cours après les plaisirs. Abandonne ton cœur au désordre des vices ; Acheté, aveugle, acheté, àu gré de tes désirs, î*ar d'éternels tourmens un moment de délices,
BONHEUR DU CIEL, Air de Lindor ou de Pasielh. N'* 15,
Posséder Dieu, sans crainte et sans allarmes : L'aimer lui seul, du plus parfait amour i {lis.) Sentir ce Dieu nous aimer à son tour ; Du Paradis voilà quels sont les charmes.
Qui pourroit donc m'at tacher en Ce lïlonde ? Et quel objet auroit assez d'appas, (bis,) Pour arrêter rhes regards ici-bas ?
Rien ! c'est au Ciel que mon espoir se fonde.
Dans ce séjour d'une gloire immortelle.
L'homme jouit d'un bonheur assuré, (bis*) Pur et constant ; car Dieu n'a riieâuré Ni son" amour, ni la vie éternelle.
Pour quelques jours passés dans la souffrance, V^oilà le prix que dontie le Seigneur. (bis.) Ah ! si par fois la peine vous fait peur, Chrétien, voyez quelle est sa récompense.
Hommes charneb, qui de honteuses flammes , Avez brûlé jusques à ce moment, (bis.) Aimez un Dieu mille fois pUis charmant ; Lui seul, lui seul doit régner sur nos ames.
Dieu de bonté, l'unique objet que j'aime, Venez retnplir les désirs de mon cœur. (bis^ Vous seul pouvez soulager ma langiièur.
Seigneur, cédez à mon ardeur extrême.
(^uaiid viendrez- vous enfin briser mes chaînes ? Dails cet exil je soupire après vous ; (bis.) De votre absence, ô mon aimable époux.
J'ai trop porté les rigoureuses peines.
Sainte Sion, mon heureuse patrie, De vos attraits que je suis enchanté î (bis.) Vous contempler, éternelle beauté ! • . • • De cet espoir que mon ame est ravie !