ÉLÉVATIONS AU CREATEUR A LA VUE DES BEAUTE'S DE LA NATURE
Air du drapeau, N° 29.
A.U Dieu de l'univers, Que tous les peuples divers Consacrent, dans tous les tems, Leurs concerts, leurs vœux, leur encens ; Qu'à lui soit tout honneur.
Que tout être Loue et son auteur. Et son maître ; Que toutes les voix Chantent son saint Nom à la fois- Seul, il avoit été, Régnant sur l'éternité ; Et tout, à lui seul présent, Etoit dans l'oubli du néant ; Il dit, et sous ses yeux Naît le monde, La terre et les cieux, L'air et l'onde :
Tout le genre humain Ne fut qu'ut! essai de sa maia.
Anges et -Séraphins, Puissances et Cliérubins, Vous tous que ses saints attraits Raviront d'amour à jamais !
Des célpstes ardeurs De vos flammes Brûlez et les cœurs Et les ames :
Dans tous les mortels ^ Rendez les transports éternels.
Ojour! qup ta clarté.
Ta douce sérrnité, L'ensemble de tes bienfaits, Nous font bien sentir ses attraits !
Malgré tous tes appas, Ta parure ;
Tu n'es même pas la figure
Du jour immortel
Qui luit sur son Trône éternel.
Astre brillant des jours Poursuis ton rapide cours ; Fais voir l'éclat de tes feux, Aux climats les plus ténébreux.
Etale sa splendeur Su ries ondes !
Montre sa grandevir Aux deux mondes.
Annonce en tous lieux Que ton Créateur est seul Dieu,
Terre c'est le Seigneur Qui fut le seul créateur Des germes do ces ttésors^ Dont il enrichit ses dehors'^ Qu'en voyant tes beautés, Tes spectacles, Ses dons, ses bontés, Ses miracles ; Pour bénir sa main, Ta voix s'ouvre autant que ton sein.
Chef-dœuvre de ses mains.
Portrait de ses traits divins.
O toi, pour qui sont éclos, Homme, tant d'ouvrages si beaux ; Admire la splendeur De ton être ; Mais rends en l'honneiir A ton maître :
Poussière et néant, Reconnois que seul il est grand.
- De l'aurore au couchant.
Du nord an climat brûlant, Que tout ce qui voit le jour, Soit rempli de son saint amour.
Au seul nom du Seigneur, Que tout plie ;
Que toute hautenr sHiumilie :
Que tous les mortels Ceignent à jamais ses autels»
Auguste Trinité !
O seul Dieu de majesté !
Que toute l'éternité Loue, adore ta sainteté^ Tes lois, ton équité, Ta puissance, Ton nom, ta bonté.
Ta i'iémence, Ton infinité.
Ta grandeur, ton immensité,
Air de Guillot^ on dans nos hameaux la paix, N° 67,
Du Roi des deux tout célèbre la gloire.
Tout à mes yeux peint un Dieu créateur ;
De ses bienfaits perdrai-je la mémoire ?
Tout l'univers m'annonce son auteur. {hîs.}
L'astre du jour m'offre, par sa lumière.
Un foible trait de sa vive clarté :
Au bruit des flots, à l'éclat du tonnerre
Je reconnois le Dieu de Majesté, (hîs,)
Aimables fleurs, qui parez ce rivage, Et que l'aurore arrose de ses pleurs, De la vertu vous nous tracez l'image Par l'éclat pur de vos vives couleurs- (bis,} Si je vous vois sécher après l'aurore, Ou tout au plus briller un jour ou deux. Votre parfuHi après vous dure encore, De la vertu simbole merveilleux. {bis,}
Petit ruisseau, qu*on voit dans la prairie^ Fuir, serpenter, précipiter ton cours ; Tel est, hélas ! celui de notre vie, Comme tes eaux s'écoulent nos beaux jourSj (bis.) Tu vas te perdre à la fin de ta course, Au sein des mers tu vas te réunir.
Ainsi toujours errans, dès notre source, Nous ne vivons que pour bientôt mourir. (bis,)
. Cher papillon, qui d'une aîle légère,
De fleur en fleur, voles sans t'arrcter ;
De nos désirs tel est le caractère :
Aucun objet ne peut nous contenter. (bis,)
Nous courons tous de chimère en chimère,
Croyant toujours toucher au vrai bonheur ;
Mais, ici bas, c'est en vain qu'on l'espère,
Et Dieu peut seul remplir tout notre cœur» (bis*)
Invitation a toutes les créatures d'ai^ mer et de benir le createur.
Air : Quand le péril est agréable, N° 46,
Bénissez le Seigneur suprême^ Petits oiseaux, dans vos forêts ; Dites sous ces ombrages frais ; Dieu mérite qu'on l'aime.
Doux Rossignols, dites de même^ Ou tous ensemble, ou tour à tour 5 Et que les échos d'alentour.
Vous répondent ; qu'on Faime,
Triste et plaintive tourterelle, Bénissez Dieu, rien n'est si doux j Je devrois plus gémir que vous^
Car je suis moins fidèle.
î*aissez, moutons, ei^ assuran<i!#^
Et bénissez le bon pasteur :
Voit-il en moi votre douceur ?
Ah ! quelle différence !
Entre ces deux rives fleuries, Bénissez Dieu, petit ruisseau ; Tout passe, hélas î comme votre eau
Passe dans les prairies.
Dans ces beaux lieux tout est fertile $ J'y vois des fruits, j'y vois des fleurs ; Je le dis en versant des pleurs :
Je suis l'arbre stérile.
Charmantes fleurs, un jour voit naître Et mourir cet éclat si doux ; Je mourrai bientôt après vous.
Plutôt que vous peut-être.
Tonnere, éclairs, bruyante foudre, Marquez son pouvoir, sa grandeur ; Dieu peut confondre le pécheur.
Et le réduire en poudre.
Comme le cerf court aux fontaines Pressé de soif et de chaleur, Ainsi je cours à vous, Seigneur ;
Adoucissez mes peines.
Dieu tout-puissant, en qui j'espère, Soyez toujours mon protec^^eur ; Je suis un ingrat, un pécheur ;
Mais vous êtes mon père,
Air : Aussitôt que la lumière^ ouUn Dieu vient se faire enten-^ drcj ou jusque dans la moindre chose. N° S7, 22,
•Note~Le premier Air suffit en ne prenant qu'un couplet,
. Ben I SSEZ le divin maître, ' Oiseaux qui peuplez les airs,
Seul- votre auteur, il doit être L'objet seul de vos concerts.
Devenez les interprêtes Des êtres inanimés ; Prêtez à leurs voix muettes Tous les sons que vous formez.
La fiaicheur de vos feuillages^ L'écho qui redit vos chants.
Vos retraites, vos ombrages, De sa main sont des présens.
Il émaille vos plumages, Il vous enrichit d'appas ; Il vous donne vos ramages :
Ne le chanteriez-vous pas ?
Quand le jour, a lanatufe Rendant ses vives clartés, Vient de toute créature Vous dépeindre les beautés, Du Seigneur à ses bocages Racontez les doux bienfaits ; Dites leur que vos ouvrages Prés de lui sont sans attraits.
Quand la nuit étend ses voiles Sur la terre et sur les cieux^ Et que les feux des étoiles Se dérobent à nos yeux ; Apprenez aux rives sombres, Aux collines d'alentour, Que c'est lui qui fit les ombres.
Comme la splendeur du jour.
Echappés de vos asiles Dans un jour brillant et pur, Quand, par vos efforts agiles^ Du ciel vous bravez l'azur, Annoncez au loin sa gloire Aux êtres de l'univers ; Remplissez de sa mémoire Le vide immense des airs.
Quand, de vos ailes légères^ Suivant le rapide essor, Vers des rives étrangères Vous tentez un autre sort ; N'y volez que pour étendre Sa puissance et sa grandeur ; N'y chantez que pour apprendre Son amour et sa douceur.
Air : Mon Seigneur^ toj/ez nos larmes» N** 680
Fleurs, rhonneur de nos rivages,
Du très-haut riches ouvrages,
Douces et vives images
Des rayons de sa splendeur ;
Unissez tous vos hommj^^es
Pour les rendre à votre auteur, (bis,) fin.
C'est lui qui vous fit éclore ; Il vous ouvre, il vous colore. Il vous pare, il vous décore ; , Il parfume vos couleurs ;
Et par lui l'aurore, Vous arrose de ses pleurs.
Du jour la beauté naissante, L'heureux sein qui vous enfante, L'eau féconde qui serpente Pour étendre vos bourgeons :
Tout vous dit, et vous présente, Ses merveilles et ses dons. (bis.)
Mais si son œuvre est si belle Qu'est donc sa gloire immortelle ?
Que fut la vôtre auprès d elle ?
Votre éclat auprès du sien ? ,
Rien, rien.
Fleurs, l'honneur, &c.
( liT )
Air : Je V ai plant éy Je l'ai m naître^ ou en réunis sa,nt deux coupleis. N° 69.
Heureux séjour de l'innocence^ Ruisseaux, vallons délicieux, Chanton . celui dont la puissance, Forma ces agréables lieux.
11 fait naître cette verdure.
Il Tembeilit de mille fleurs, Tous les efforts de la peinture, Egaleroient-ils ces couleurs ?
Sur un cliêne de ce bocage, Je gravai son nom l'autre jour ; Le chêne croîtra d'âge en âge, Avec lui croîtra mon amour.
L'astre brillant qui nous éclaire Nourrit et ranime les fleurs ; Ainsi la grâce salutaire Echauffe et ranime nos cœurs.
Un lis brille sur ce rivage.
Par son éclatante blancheur ; Heureux si ce lis est l'image Pe la pureté de mon cœur.
Oiseaux, dont les chants pleins de charmes Forment les plus tendres accens, Je vous entendrai sans allarmes, Tous vos concerts sont innocens.
Ruisseaux, si je grossis ton gnde.
Si j'y m»'3le souvent n>e^ pleurs.
C'est que ta course vagabonde Me fait songer à mes erreurs.
Cette ali'eille pique et s'envole, En laissant Taigaillon vengeur ; Ainsi passe un plaisir frivole, |1 ne reste que la douleur»
Paissez, moutons, dans la prairie, Et bénissez le bon pasteur.
Qu'on est paisible dans la yie, Lorsque l'on a votre douceur !
Heureux séjour de l'innocence, &c.