L'HUMILITE
Aie : J^entends déjà le bruit des armes^ ou Air nouveau'^
IjA voix d'un Dieu se fait entendre.
De tous il veut être écouté ;
De moi, dit-il, venez apprendre
La douceur et l'hui^-ilité ;
Pour ces leçons d'un amour tendre
Montrons notre docilité.
Pour nous sauver, ce Roi suprême S'est fait enfant dans ces bas lieux ; C'est dans cette foiblesse extrême. Qu'il a paru plus glorieux; C'est en s'humiliant de même .
Que l'homme peut monter aux deux.
L'homme vain qui s'en fait accroire, Dans ses desseins est traversé :
Du plus haut faîte de la gloire, Il se voit soudain ternissé ; Dieu dans le clmr de la victoire Elève qui s'est abaissé.
Par son humeur hautaine et lîère L'orgueilleux est haï de tous ; L'âme humble n'est jamais altière, Son abord est facile et doux :
Se mettant toujours la dernière, Elle ne fait point de jaloux.
Comme elle est à son Dieu docile, Il écoute tous ses soupirs :
C'est peu de lui servir d'asyle, Il veut prévenir ses désirs ; Sa main lui fait un sort tranquille, Dont rien ne trouble les plaisirs.
G-est ainsi que l'humble Marie Charma le Dieu de Majesté :
Elle f\it sur toutes choisie Par Téclat de sa pureté ; Mais dans son sein le fruit de vie Fut le fruit de l'humilité.
Vertu chérie, en toi je fonde L'espoir d'un bonheur plein d'attraits, Sans ton secours peut-on au monde Trouver une solide paix ?
Avec toi cette paix profonde Sur nous doit régner à jamais.