‹ Nouveau recueil de Notes historiques et archéologiquesChapitre 31 sur 32 · MÉTROPOLE EN · texte numérisé non relu

MÉTROPOLE EN

Les divers pouillés du diocèse, l'auteur du Flambeau astronomique, les bénédictins Pommeraye et Toussaint- Duplesbis ont donné la liste des chapelles de la cathédrale de Rouen. De notre temps, un de nos collègues, M. l'abbé Loth, dans sa belle Histoire de la Cathédrale de Rouen* a présenté une nouvelle liste des mêmes chapelles, mais, cette fois, avec de nombreux renseignements, et avec un plan qui permet au lecteur de reconnaître à quelle chapelle actuelle les anciennes dénominations et les renseignements s'appliquent. Mon intention n'est pas de refaire ce travail, mais de le compléter en donnant ici le procèsverbal de visite de Mgr de Joyeuse.

Ce document est assurément un peu sec; mais il nous a paru précieux en ce qu'il décrit avec une incontestable exactitude l'état des chapelles à une époque déjà assez éloignée de nous. J'y joins quelques notes que j'ai recueillies dans nos archives.

La visite de Mgr de Joyeuse fut considérée comme une preuve d'hostilité de ce prélat a l'égard des chanoines, et comme le premier acte d'une lutte qui donna lieu à des mémoires trop passionnés. Suivant dom Pommeraye, ces contestations curent des conséquences très défavorables ;iu Chapitre : • Mgr de Joyeuse se crut en droit de quitter le dessein et les désirs qu'il avoit de faire du bien *i cette Eglise, ce qu'il étoit en pouvoir d'exécuter par s

grands biens. Il avoit la pensée de rendre égales toutes les prébendes de la cathédrale, celle de bâtir un cloître à l'instar de S. Charles Borromée, à Milan, pour y loger commodément tous les chanoines, et d'achever la clôture du sanctuaire par une balustrade de cuivre pareille à celle qui est commencée. »

Mgr de Joyeuse commence sa visite par la chapelle de N.-D., derrière le chœur, et la continue en descendant le bas côte gauche et en remontant le bas côté droit.

t Premièrement, nous avons trouve l'autel d'iccllc chapelle faict d'une grande pierre de marbre noir consacré, soubstenu de massonnerie de pierre ; sur iccllui, nombre satisfaisant de nappes; le contre-autel de marbre blanc ou alcbastre, cslevé en bosse : parements de frise blanche avec crespine blanche; au-dessus duquel il y a un grand image de la Vierge constant de marbre ; un poisle dessus ; en l'un des costez, une Nativité, et, en l'autre, une Adoration, représentées avec imaiges dorés ; dedans I'estcndue de laquelle chapelle, il y a plusieurs monumens de personnes illustres, entre lesquels le grand et somptueux monument de detfunetz messires les révérendissime légat d'Amboisc et cardinal d'Amboise, oncle et ncpvcu. de leur vivant, archevesques de Rouen, du sieur de Bresse, grand sénéchal de France, et autres monumentz, tant de plusieurs archevesques detfunetz, que aultres grands personnages, au nombre de ^ept 1 1 ).

» Ce faict, avons visité la chappellc S. Pierre S. Paul, et trouvé l'autel fait d'une ancienne tombe, grande et consacrée; sur icclluy plusieurs nappe*; le devant-d'autel, de drap de soyc; en laquelle chappclle sont les imaiges de S. Pierre, S. P.iul. S. Jehan l'Kvuimélistc. et S HMov. lequel imaige S. Kslov est s.ms crnv*e; en laquelle il \ a. par semblable, un monument de marbre noir et la représentation d'un archevesque, de marbre blanc, couché dessus,

eslevé en bosse; ladicte chap pelle environnée de bancs et fermée de bois de chesne (II).

>» Et en après avons visité la chappelle S. Jehan- Baptiste jouxte les fondz, dont jouissent les chappelains du colleigc des Clémentins, l'autel de laquelle est une ancienne tombe consacrée, et fournye de nappes et ornemens nécessaires; en laquelle n'y a aucun imaige ; et nous a esté faict entendre que en icelluy il y a cinq fondations de chappelle I III I.

» En la chappelle S. Sever, avons trouvé un pareil autel, assez bien paré, dedans laquelle il y a une imaige de S. Sever; et, chacun dimanche, s'y faict et célèbre le service de la confrérie des bonnetiers de lad. ville (IV).

» Et là, visitant la chapelle S» Anne, avons trouve Tautel bien et deuement paré de linge et ornemens, avecq un contre-autel cslcvé en bosse, un grand imaige enchâsse dans la muraille, que Ton nous a dict estre la représentation du duc Guillaume Longue-Espée, anciennement duc de Normandie, icelle chappelle fermée de ca roi les de bois; et, sur ce que nous estions prest de sortir de ladicte chappelle, se sont retirez et absentez de nous lesd. sieurs Sanson. archidiacre du Vexin-Normant, de Mouchy et de Bretheville, à ceste fin appeliez de la part de notre Chapitre (Vi.

» Puis, avons visité la chapelle de S. Nicolas, où nous avons trouvé par semblable l'autel faict d'une ancienne tombe, bien ornée et préparée, en laquelle chapelle y a les images de S. Nicollas, sans représentation de la main droite et sans crosse, S* Barbe et S. Clément, lad. chapelle fermée et close de bois de chesne, en laquelle s'y faict le service de la confrairie des mariniers de ceste dicte ville (VI).

» Et, visitant la chapelle S. Martin, avons trouvé icelle deuement ornée et fournie de parcmens nécessaires ; un autel dune ancienne tombe gravée et consacrée, un beau et ample tableau du Paraliticquc, deuement doré et en castil!é. ladite chappelle close et fermée aux frais etdespcnsJe

mons. Le Pigny, archidiacre et chanoine en ladietc église (VII).

• En la chapelle S. Jullicn, avons trouvé un autel, comme dessus, faict d'une vieille et ancienne tombe consacrée, arec les images de S. Jacques, S tf Gcneviefvc et S. Esloy (VIII).

» Et par semblable, en la chapelle fondée en l'honneur de N.-D. de Pitié, avons trouve l'autel, comme dessus, faict d'une ancienne tombe, avec un image de N.-D., portant une représentation de Notre-Scigneur Jésus-Christ crucifié (IX ».

» Et, de là nous transportant en la chapelle de la Magdclcine, vulgairement dite la Belle- Verrière, dedans laquelle y a un image de la Magdcleinc. close et fermée de bois aux despens du sieur Paviot, chanoine et chapelain d'icelle, en laquelle y a un autel d'une tombe vive dessus i X ».

» Et proche de ladicte chapelle avons entré en la chapelle S v Agathe, en laquelle font et célèbrent leur service ordinaire les chappelains de la commune, ou y a un autel, comme dessus, d'une tombe deuement et honestement ouvrée, en laquelle n'y a aucun images eslevez en bosse i XI i.

•• Et, entrant en la chapelle qui est la dernière du costé senestre de la nef de ladicte église, fondée en l'honneur de S. Melon, avons trouve icelle tort obscure: un autel taict d'une ancienne tombe, et l'image de S. Melon t XII i.

» Ht, continuant le re-ite, nous transportant de l'autre costé de la nef en droict. avons visité l'église de S. Estienne, estant dedans le pourpris et est a ml ue de ladicte église au dessoubz de la tour de la cloche donnée par feu. d'heureuse mémoire. Monseigneur le létiat d'Amboise, cardinal ; laquelle avons trouvée bien ornée et décorée : en icelle, un beau tabernacle doré, dedans lequel avons trouvé les hosties n'estre en la révérence requise, aiant faict oster et enlever hors de dedans l'armoire dudict ubcrnaclc plusieurs choses qui n'y debvoient estre, et deffenecs faictes par nous au curé de les y enfermer pour

l'advenir ; et néanmoins avons trouvé ladicte église four* nie de linge et ornemens requis à la célébration du service divin, auquel lieu n'avons trouve aucune sacristerie et les fonds baptisteaux en un lieu fermé et adjacent d'icelle hors l'église, en la grande aistre d'icelle église cathédrale (XIII).

» Au costé d'icelle église, avons trouvé la chapelle S. Fremin, bien préparée et ornée, avec un devant d'autel ; Tau* tel estant d'une ancienne tombe, en laquelle chapelle nous a esté dict y avoir plusieurs fondations, assavoir : S. Eustache, S. Martin à cheval et S. Martin à pied, à présent mesme y avoir une grande confrairie en l'honneur du J. S. Fremin (XIV) ; et, rentrez en la chappellc S. Léonard, avons trouve l'autel, corne dessus, faict d'une tombe consacrée, deuement préparée et ornée d'un devant d autel, de damas jaune, et à présent enrichie tant de peinture, closturc et contre-autel, aux despens et frais du sieur Langloys, chanoine de l'église (XV).

» là, visitant la chapelle S. Pierre aux liens, lavons trouvée en bon ordre, un autel d'une tombe fermée de bois, aux frais du sieur de Bourdigal, chanoine (XVI I.

»» Ht, proche d'icelle, visitant la chappellc des In noce nu que nous avons trouvée deuement et richement décorée d'un beau contre-autel doré, fermée et environnée de bois de chesne : un poisle, de bois doré, sur l'autel, aux fraix dud. sieur de Brethcville, chanoine; et, procédant à laquelle \isitacion, nous sont venuz trouver de rechef Icsd. sieur- Langîoys, chantre. I>e la Rocquc, de Ifacqucvilic. Sanson et Brethcville. lesquelz, parlant par led. sieur Langioys. nous auroient rapporté, de la part dud. Chapitre, ainsy qu'il en suit, qu'ils n'empochoient que. proccdans en n«>trc \isite, nous ne visitassions les reliques, '•:nemens et jo\au!\ de lad. église en la sacristerie dud. l:eu . et, d auitant que nous desirions avoir led. Ttllart et Pré\o>t, il/ nous prioient de avoir agréable que, de leur part, leur grellier ou tabellion y entrast pour dresser proccs-vcrbul de leurs raisons et déclaration, pour y avoir

recours, quand et ainsy qu'il aparticndra, ce que leur avons accorde (XVII).

• Et en leur présence, visitant la chapelle S 6 Catherine, avons icellc trouvée en bon état, bien ornée et enrichie de contre-autel, images, et deuement close et fermée de bois de chesne aux despens du sieur Brisse, chanoine (XVIII).

• Comme, par semblable, avons visité la chapelle S. Fiacre, en laquelle y a un beau et riche contre-autel, doré et eslevé en bosse, les images S. Fiacre, S* Véronique, S* Marguerite, S. Tinart (sic), deuement dorez, et icellc fermée et close de bois, aux despens d'une confrairie y fondée en l'honneur et invocation desd. sainetz (XIX).

• Et, en ensuivant, nous avons visité la chapelle S. Romain, fermée et close de bois, en laquelle chapelle y a un image de S. Romain, sans piedz ni sans teste ; au dessus de l'autel d'icclluy, escript : Guillemus Je Croissvto, civis /Êoihomagensis, fundavit duas capellanias in ea S, Romani capella; et, en une des parois d'yccllc, a haulteur de S h 9 piedz, est eslevé, en bosse, l'effigie et image d'un ancien duc de Normandyc, sans piedz ni teste, atliché en la paroy, au droit et devant l'autel d'iccllc chapelle (XXl.

• Et, ayant veu la chapelle S. Sébastien, l'autel de laquelle est contre un pillier de lad. église et une petite fermeture de carolles de bois de chesne, avons trouvé ung pareil autel d'une tombe deuement ornée \ XXI ).

» Comme aussi la chapelle des Jardins, l'autel, de mesme façon, préparé deuement, et où y a la confrairie des Apothicaires (XXII).

• De là, avons visité la chapelle S. Romain, laquelle avons trouvée bien ornée et close de belle et haute fermeture de bois ; bien et richement préparée, en laquelle avons trouvé l'image de S. Romain, doré : et proche de lui, est représente un serpent en bosse ou dragon ; et. au long des pilliers, 2 barreaux de fer attachez par chascun costé. où sont pendus et enlassez plusieurs fers, ayant servi aux prison-

niers, délivrez par le mérite et privilcigc dud. S. Romain (XXIII).

» Et, à costé d'icclle, avons visité autre chapelle, fondée soubz l'invocation du S. Esprit, en laquelle est célébré le service faict par les chappclains du colleigc du S. Esprit, jadis fondé par deffunct, d'heureuse mémoire, mons. de Flavacourt, pour lors archevesque dudit Rouen, l'autel de laquelle avons trouvé faict d'une tombe ancienne, gravée et ornée d'ornemens requis, en laquelle n'y a aulcuns images eslevcz en bosse (XXIV); duquel lieu nous nous sommes transportez en la chapelle de la Vierge Marie, proche de la porte d'enbas du chœur, en laquelle nous a esté dict n'y avoir aulcune fondation; sur l'autel de laquelle n'avons trouvé nappes ny aulcuns ornemens (XXV) ; et, visitant la chapelle S. Pierre et S. Jean, en l'autre costé de la porte du chœur, soubz le pipître de lad. église, avons trouvé ung autel, faict par semblable d'une ancienne tombe, gravée, soubz lequel il y auroit un coffre, que nous avons ordonné estre osté ; et en icelle chapelle sont les images de N.-D., S. Pierre, S* Cécille et S. Joseph, auquel autel est célébré le service de la confrairic des charpentiers (XXVI).

* Et, nous acheminant pour retourner en lad. sacristerie, nous avons trouvé, en l'entrée, proche de la porte d'icelle. un autel faict dune tombe ancienne, sur lequel n'avons trouvé nappo ny ornemens nécessaires (XXVII). »

I — Chapelle de S.D., derrière le chœur. 3 chapel- IcnieN. 2 fondées par Pierre Roger, archevêque de Rouen, depuu \\\\^ sou> le nom de Clément VI; une par le chanoine Barthélémy Kcynauld. professeur en l'un et l'autre droit. — Autel de la Vierge Marie, cité dés ! 206 (G. 36241. Mention de • l*eu\re de la neuf\e chapelle de N.-D..» \"*>n. Cart. vie N.-D. n s, f- 4;. Cette chapelle, au \\ f siècle, était ornée de peintures murales. On prit des mesure^ 17 av 1417, pour empêcher la fumée des cierges de leb noircir La décoration de l'autel suivit naturelle*

ment toutes les fluctuations du goût. A la table, donnée par Guill. Ruby, 2 5 juin 1444, peinte, 5 nov. 146Ô, fut substituée une table de marbre provenant d'une donation, dernier juin 1 553. En 1643, on renonce à une contretable, faite pourtant assez récemment, mais qui paraissait trop mesquine : on la transfère dans la chapelle près des fonts, où elle est encore. On met à la place la contretable de Racine et le tableau de Philippe de Champagne. laits, tous deux, aux frais de la riche confrérie des Marchands de Rouen. L'autel de cette chapelle était privilégie en vertu d'une bulle de Grégoire XV, obtenue pendant le séjour que fit à Rome, en 1024, le chanoine Mahault. Tous les jours, à y h. du matin, il s'y disait une messe de N.-D., et l'on voit que le Chapitre entretenait une torche de 10 l-,que Ton tenait allumée de la Préface a la Communion, 19 oct. 1441. (Plan de M. l'abbé Loth, A.)

II. — Chapelle de Saint -PauU dite plus tard de Saint- Pierre et Saint-Paul. Dès 1400, 5 chapelles : de Saint- Paul; de Saint-Mathurin; de Saint-Paul; de Saint-Laurent d'Ku ; de Saint-Pierre et Saint-Paul, fondées par Knguerran d'Ktrépagny, lequel était archidiacre d'Ku; par Barthélémy Reynauld, déjà cité, curé de Saint-Mathurin de Larchant, en même temps que chanoine de Rnui'n : par l'archevêque Gilles de Duretort et autres. Cette chapelle était celle du collège desClémentins. C'était là qu'ils s'assemblaient pour délibérer sur les affaires de leur communauté. Au \iv siècle, une messe s'y disait régulièrement chaque jour, immédiatement après l'Élévation de la messe au grand autel. Au xvn« siècle (i<*>5o), on y voyait le confessionnal du pénitencier et le banc du sous-pénitencier. Le peintre LeTellier fut chargé de faire un tableau pour cette chapelle, le *i\ juin 1671 (G. 2197). Je note dans l'inventaire du mobilier de l'autel, en 1420, : • 1 calice veré, à vin rosectes ématllees, ayant en la patine l'image du Cruchefils, de N. D. et S. Jean en émail, et en la patène le pourtrait de N. S.

Dieu au jugement, en émail ; un casuble en baudequin, ouvré de vignettes, aubes et émit de paremens jaunes, ouvres à oiseaux. » Pierre de Clémengis, Jean Le Lorrain, connu par de savants écrits, 1695, Fromental, directeur de la maîtrise, 1729, et l'cvëque d'Avranches, Durand de Missy, avaient été chapelains à cette chapelle (G. 355o). (Plan, Y.)

III. — Chapelle Saint- Jean-des-Fonts. 7 chapelleries, la 1 rc , fondée de S. Jean - Baptiste , par Azon le Tort, xm e siècle ; la 2*, de S. Jean- Baptiste, fondée par le cardinal Cholet; la 3«, fondée par l'archevêque Guill. de Flavacourt; la 4 e , par Roger Mustel, 1299; la 5«, de S. Jacques, par Catherine de Créquy, dame de Bréautc, qui fit don, pour l'usage des chapelains, d'un beau calice où ses armes étaient sculptées ; la (> et la 7 e , fondées en Thon* neur de la S 1 ' 1 Vierge et de S. Jean l'Evangéliste, par l'archevêque Guill. de Lest ranges (1384), d'où le nom des Estranges, donné fréquemment à cette chapelle. — Fendant un certain temps les Clémentins y firent leur service : Capella collegii Clementinorum aut circa fontes ecclesie; — idem, 1601. — Appelée la chapelle du Sacrement, 1 5 -2 5 . — Dès 1262, cette chapelle servait de siège a une confrérie de chapelains de la cathédrale, prêtres, diacres et sous-diacres, en l'honneur des saints archevêques, patrons de l'église de Rouen : S. Nicaise, S. Mellon, S. Romain, S. Ouen, S. Ansbert et S. Victrice (G. 356a.)

Les chanoines se réunissaient habituellement près des Fonts pour certains actes touchant leur juridiction. Ce fut là que l'avocat Robert Trcncart leur fit amende, presentibus ad hec circa fontes Ecclesia* Dominis, janvier 1424 (y. s.). Présentation de testaments de chanoines ou de serviteurs de l'église aux chanoines assemblés près des fonts, 12 octobre 1 5 1 7, pénultième de février i52i, i3 janv. i5i7, iSsept. 1 52S, 17 avril i?3o, 11 août 1 537, 10 avril 1559, 4 janvier, i3 décembre i36i.

Le 8 mars 1 5 1 7 (v. s.), les conseillers de la Ville vinrent

annoncer la naissance du Dauphin aux chanoines assemblés supra fontes. (Plan, X.)

IV. — Chapelle Saint-Sever, dite près des fonts, ou devant les fonts, pour la distinguer de celle de Saint- Scvcr, dans la nef, avec deux chapellcnics antérieures à 1400, l'une de Saint- Scver, l'autre de Saint- Biaise, et une confrérie de Saint-Sevcr pour les Bonnetiers, qui la firent décorer, en 1447, *658. 11 s'y trouvait, en 1429, « bon coffre de quesne ferré de fer àserreure de fer, » avec • II paire de vestemens fournis dont le casuble des uns estoit de boucassin blanc doublé de toille inde, estolle et fanon différons du casuble où il v avoit orfroy d'or au millieu. Un autre casuble très bon, de soye vert doublé de toille noire, à orfrois d'or, semés de fleurs de lis et de margueretes ;... a mit à biaux paremens de roys et roynes d'or couronnés ; item un touailles dautel, dont il y en avoit une parce d'un parement d'or sarrazinois; item un calice pesant ix I. et demie sans cuiller, doré de dans et veré de hors ;... bon messel... belle portepaix; une boete à mectre pain a chanter; 1 candelier de cuivre ouvre par le plé. » (Plan, V.)

V.— Chapelle Sainte-Anne, mère de Dieu. Citée, G nov. 1391. Ornée de l'image du duc Guill. Longue-Kpée, qui fut peinte, aux frais du Chapitre (6 écus), 18 mars 1468. Confrérie de Sainte-Anne pour les filassiers et les filassières, qui demanda au Chapitre. n*> oct. 1 ?2S, la permission de s'associer les maîtres experts et apprentis en l'art de teindre les toiles, d'élever lad. chapelle pour la rendre plus claire et d'y placer les statues de S. Cyr et de S. Maurice. D'après une délibération, du 21 janv. 1434, on devait éloigner jusqu'aux chapelles Sainte-Anne et Saint-Romain, les femmes portant enfants et les mendiants dont les cris troublaient journellement le service du chœur. (Plan, U.)

VI.— Chapelle Saint-Nicolas, très ancienne, puisque, dès i3o6, les chanoines l'affectaient à une fondation de Guill,

Jourdan, d'Osmonville, cape liant que Sancti Nicolai ammuniter nuncupatur (G. 3543). Ils y admirent une confrérie de Saint-Nicolas, qui la fit décorer et rehausser, en 1640, à Y instar de la chapelle Sainte-Anne, et y fit porter, en 1642. quelques images provenant d'une chapelle de Saint-Adrien, qui venait d'être démolie. Le 5 juin 1657, les maîtres de bateaux et compagnons mariniers naviguant sur la rivière de Seine, formés en confrérie, obtinrent la permission d'y faire célébrer une messe tous les dimanches. L'autel avait été consacré par l'évêque Suarès, au mois d'oc t. i65o. (Plan, T.)

VII. — Chapelle Saint-Éloi. 2 chapellenies, l'une de Sain t- Éloi, l'autre de Saint-Gilles. Un ténor de la cathédrale voulut y être enterré et demanda qu'on mit sur sa tombe :

Vous qui marchez sur ceste roche bise, Où gist et dort Jean de Saint-Gille, prestre, Jadis teneur en ceste noble église, Priez pour luy, qu'en Paradis puisse estre.

Cette chapelle fut, du moins pendant un certain temps, particulièrement affectée aux chapelains de Darnétal. (Plan, S.)

VIII.— Chapelle Saint-Julien. 4chapellenies,dc Saint-Julien, de Sainte-Geneviève, deSaint-Guillaume,cettedernicxe fondée par le chanoine Guill. Gappcl. Dom Duplcssis lui donno aussi le nom de Sain tc-Clotilde et de Sainte-Colombe. Le Chapitre, 14 juin 1621, adressa ses remerciements à Jean Du val, qui avait annoncé l'intention d'y faire poser une statue de S r Geneviève. On remarque parmi les chapelains Nicolas Guillebert, curé de Rerville, connu par quelques ouvrages (il prit possession, i« mai 1643), et Jacques-Marie de Condorcet, plus tard évèque de Lisicux. — En 1429, • un vieux coffre de quesne, barré de fer, fermant à serrcurc de fer pour une des chapelles ; pour l'autre, sous

l'autel, une aumaire fermante à serreure de fer ; un casuble de soye jaune et violet, ù branches et lieupars jaunes. » (Plan, R.)

IX. — Chapelle de Saint-Sever en la nef ou de iV.-Z).-<fe- Pitié, 3 chapellenies fondées par Rob. Postel et par Nie. Rogicr. Une délibération du Chapitre, du 16 déc. 1619, nous apprend que, chaque dimanche, il y était dit une messe pour les patenôtiers, dont l'industrie était assez importante. Dès 1 5 1 9 , cette chapelle avait le nom de N.-D.-de-Pitié (G. 353<>). Dom Duplessis fait remarquer que, de son temps, on lui donnait aussi le nom de chapelle du Sacré-Cœur. Elle avait été ornée par la supérieure du i ,r monastère de la Visitation, en 1724. Un inventaire du xvic siècle ajoute aux deux vocables de Saint-Sever en la nef et de N.-D.-de-Pitié, ceux de Saint-Jacques et de Saint-Christophe qui désignaient, plus anciennement, une autre chapelle, dont il sera parlé plus loin. (Plan, Q.)

X. — Chapelle de la Madeleine, dite des Belles-Verrières. 3 chapellenies, dont une fondée de Sainte-Madeleine, les autres de la Décollation de Saint-Jean-Baptistcct de la Sainte-Vierge. On disait les Belles- Verrières dès le xiv f siècle. Cette chapelle est appelée la Petite-Pitié, au xvnr siècle. En 17H0, Louis-François Perchel est qualifié, mais je crois par erreur, chapelain de N.-D.-de-Pitié, dite la Belle-Verrière. — En 1429, • casuble de soye aux armes de France ; pour deux chapelles, un cotfre de quesne, lié de fer ; pour l'autre, une aulmare soubz l'autel. » (Plan, P.)

XI. — Chapelle de Sainte- Agathe. 2 chapellenies, dont l'une fut fondée par Jean de Lyons, médecin du Roi, vers i32o, d'où ce nom de Lyons, ou des Lions, qui lui fut parfois donné. On l'appelle aussi, dit Dom Duplessis, la Communcou Saint- François. En 1429, sous l'autel, « aumaire fermant à clef. » — On cite parmi les derniers cha-

pelains, P.-E. Taillct, le traducteur de YEjccidium Augu qui y fut nommé, le 9 déc. 1732, quand il était novice au Val-des-Écoliers ; l'abbé Vrcgeon, curé de Salmonville, bibliothécaire de l'Académie de Rouen. — En 1429, pour une des deux chapelles, « 1 coffre de noyer à bonne ferrure de fer ; pour l'autre, une aumaire sous l'autel. » (Plan, O.)

XII. — Chapelle de Saint-Mellon. C'était la principale chapelle de la Commune ou Clercs de chœur de la cathédrale, qui y tenaient habituellement leurs assemblées (1). Des messes y avaient été fondées par le chapelain Jean Bachelcr, curé de Bionval, i5io, d'où le nom de Bacheler donné encore à cette chapelle en 1 56a ; par Guill. de Saodouville, protonotaire du Saint-Siège : c Messes à dire en l'honneur de S. Mellon, aux jours et fêtes des octaves, en la chapelle dud. S. Mellon, qui est le lieu accoutumé de célébrer les messes haultes ordinaires du collège, • 2900t. 1 52i. Des sièges et desfourmes (bancs) y avaient été placés pour l'usage des chapelains delà Commune, qui y gardaient aussi leurs archives dans un coffre fermant à clef. — La verrière qui la décorait était le don d'un anonyme (3 juil. 1476). Il y existait une confrérie de N.-D. -de-Grâce et de Saint-Mellon, qui, réduite à 3 membres, demanda, le 17 oct. i6<j<j, sa dissolution et la permission de vendre son mobilier. — Kn 1420, dans cette chapelle, « un petit autel de marbre bis enchâssé en bois. » — Le 5 mai 1759, on enterra près de la le fils du sonneur, décédé dans une chambre de la tour Saint-Romain. Je vois donner a la même chapelle, en 1745, les noms de Saintc-Clotilde et de Saint- Mellon. (Plan, V.)

XIII. — L'église paroissiale de Saint •Etienne -la* Grande- Eglise fut transférée sous la Tour de Beurre en

(\) Les autres chapelles des cl . tcs de la Commune étaient S.-D.-dc-Pitic, Saint-Nicolas, S îi ni- Léonard, Sainte-Colombe.

1496. Auparavant, et depuis un siècle au moins, l'office paroissial se faisait dans la sixième chapelle, du côté de rÉpîtrc, en descendant du chœur, ou dans la troisième en remontant, même côte de l'Épîtrc. Elle faisait suite à la chapelle Saint- Eustache, laquelle faisait suite à la chapelle Saint-Christophe. Mais, il y a lieu de se demander si primitivement elle n'occupait pas une des chapelles du transept, la chapelle du Saint-Esprit, dite aussi la chapelle de Saint- Etienne. C'était l'opinion de Farin, et elle nous paraît assez vraisemblable. L érection de la Tour de Beurre procura un emplacement à l'église paroissiale de Saint-Etienne, mais fit disparaître la chapelle de Saint- Jacques et de Saint-Christophe (i), et détermina le déplacement et le rcculement des chapelles de Saint- Léonard et de Saint-Eustache (2).

XIV. — Chapelle Saint-Eustache. Deux chapellcnies. Tune fondée de Saint-Eustache, l'autre de Saint-Martin. — En i4*2«i, « aumaire sous l'autel ». Le 3o oct. 1425, à heure de none de N.-D., on procéda à l'adjudication aux enchères des droits de coutume de Paître de la cathédrale, en la chapelle Saint-Eustache, ainsi qu'il était accoutumé. Mention, le iô av. 1437, du chapelain de la confrérie de

(1) Cette chapelle Saint-Jacques et Saint-Christophe (deux chapellcnies) était médiocremont pourvue. On voit, dans un état des chapelles de la cathédrale de 1441 : « Les deux chappelles annexées illec fondées, dont jouissent mjssire Gilles Meret et messirc Nicole Mautcvillc, qui ne sont point desservies par deffaut de rentes, mes en a les clefs en garde messirc Roger Le Carpcntier, prestre, l'un des compagnons de Darncstal, qui y chante à sa dévotion ».

(2) Dans cette église Saint-Etienne, se trouvait la chapelle Saint-Denis. « La chapelle Saint-Denis, fondée à l'autel et chapelle où sietla cure de Saint-Kstienne-h-Grande-Eglisedc Rouen, desservie, par la dispense de Messieuis, piocha en la chapelle de Saint-Linart, auprès d'icclle. » (Plan, M.)

Saint- Eustache ; — le 1 1 fév. 1450, de la permission donnée par le Chapitre, de peindre cette chapelle. Elle porta aussi le nom de Sainte- Barbe, par suite d'une fondation du chanoine Favé, 10 déc. i5i2;— de chapelle Sainte-Barbe, près l'église Saint -Etienne -la -Grande* Eglise, 1 620, 1 522 ; de chapelle Sainte-Barbe et Saint- Michel, 1539. Confrérie de Saint- Firmîn, Saint- Eustache et de tous les saints. Une des obligations des confrères était de porter la grande châsse de tous les saints aux Rogations. (Plan, L.)

XV. — Chapelle Saint -Léonard, fondée par M* Bernard des Vaux, archidiacre du Petit-Caux, affectée à une confrérie de Saint-Léonard et Sainte-Marguerite. En 1429, t aumaire sous l'autel. » Parmi les chapelains, Franc. Bellamy, 175 1 - (Plan, K.j

XVI. — Chapelle de la Chaire-Saint-Pierre. Trois chapellcnics, dont une sous le vocable de saint Martin à cheval, fondée par le chanoine Vincent Buffet. Le 14 nov. i(>2<), l'archidiacre Halle avait obtenu la permission t de faire ôter quelques panneaux de verre très épais et fort obscurs, et Je mettre à la place du verre blanc, parsemé des noms de Jésus et Marie avec une belle bordure ». — En 1420, t dans un coffre de noyer, coessin à mettre sous le messcl : calice avec la cuillier, émaillé dessus la platine du Jugement, en champ d'azur, et, en pié, d'azur, a l'image saint Martin, etc. En un autre coffre, avec cntrcclos, une portepaix à limage de la caerc saint Pierre. Dans un troisième coffre, calice sans cuillier, doré de dens, verc par de hors, ayant une croiz hachée à la pate. et en la platine une main de bénédiction, dorée. » (Plan, J.)

XVII. - Cette chapelle, que Mgr de Joyeuse appelle des Innocents, portait, originairement, le titre de Sainte-

Colombe et de Saint-Lcu. Mention de la chapelle de Robert Blancpain, sous-chantre, en l'honneur de saint Leu et de sainte Colombe, vierge et martyre, dans un contrat de fondation de messes d'Etienne de Sens, archidiacre du Grand-Caux, exécuteur testamentaire dud. Blancpain, 1379. La confrérie des Innocents y fut transférée de la chapelle des Innocents, devenue la chapelle de Saint-Romain. Ce fut, vraisemblablement, à cause de ce nouveau vocable qu'on enterra, en face de cette chapelle, les corps de ceux qu'on appelait les Innocents d'Andclys. (Plan, I.)

XVIII. — Chapelle de Sainte-Catherine. Quatre chapellenies, fondées par Simon de Paris, Martin et Pierre Des Essarts, Nicole Vindel. Décorée par le chanoine Bricc, qui y fit représenter différentes scènes de la vie de saint Bricc, d'où le nom de Saint- Bricc donné quelquefois à cette chapelle li). (Plan, H.)

XIX. — Chapelle de Sainte-Marguerite. Deux chapel- Icnies, Sainte -Marguerite, Sainte- Honorine. Appelée aussi de Saint-Fiacre, du nom d'une confrérie de Saint- Fiacre, Sainte-Marguerite et Sainte- Véronique, qui obtint du Chapitre la permission d'en • décorer et d'en enrichir les verrières », iS av. 1443. Cette confrérie fut supprimée en 170^ (G. 356Si. — Cotton Dcshoussayes fut chapelain de la chapelle Sainte-Marguerite. (Plan, G.)

XX. — Chapelle du Vieux-Saint- Romain ou de Saint- Romain -en -la -nef. Trois chapellenies, dont deux fondées par Guill. de Croisset et par sa femme. Une grande statue de saint Laurent y fut posée par les soins de Laurent Surreau, i3 sept. 14711. — Près de cette chapelle, adossé h un pilier, du côté de la chapelle des Jardins, avait été érigé un autel en l'honneur Je saint Sébastien. qui était affecté à des confrère^ de Saint-Sébastien. Ceu\-

(1) Voir Bulletin de la Commission des Antiquités, \\ 14'i-i 40.

ci obtinrent, le i5 mai 1 638, la permnsîoo de le frire peindre en azur à l'huile avec des lettres de leur patron. On voit par le testament de Thomas Hardy, 1466, que devant cette chapelle « estoit un bréviaire noté pour les sourvenans 1. Capella Sancti Romani et Sancti Sehastiani, citée dans le testament de Pierre SeUea, curé tf A» net, de i486. La chapelle Saint-Sébastien n'existait plus en 1686. Elle venait d'être démolie, et la confrérie» qui y avait son siège, avait été transférée en la chapelle Saint- Eloi. — En 1429, • aumaire sous l'autel; calice doté par de dens, veré par de hors, ayant une croix en la pute avec le marc de l'ouvrier, et en la platine une croix dorée. — > Autre calice dore et la cuillier sans doreure, esmaillée, en pic, d'azur ; un crucifix à deux ymages N.-D. et saint Jean, la platine esmaillée d'azur, à un Jugement ». Parai les chapelains, Jean Paris, principal du collège de Justice à Paris, 1659. (Plan, F.)

XXI. — Chapelle delà Trinité* dite des Brienckons, dite aussi de N .-D. -du- Jardin ou des Jardins. Cette chapelle, établie au transept, côté du midi, vis-à-vis de celle du Saint* Esprit, était entourée d'une clôture de bois. Elle n'était pas antérieure à 1340. Cette année, le chanoine Regnaud de Brienchon demanda à ses confrères la permission de fonder deux chapelles in loco per ipsum in ipsa ecelesin edificato juxta novissimum portale ecclesie. Il mourut avant d'avoir pu exécuter son dessein, ainsi que son frère Gcoffroi. autre chanoine, qui s'était associe à ses pieuses intentions. La fondation fut réalisée par Pierre de Brien* chon. Dès 1436, la confrérie du Jardin avait son siège dans cette chapelle, où se trouvait figuré, en peinture ou sculpture, un jardin avec des fleurs, pour servir de au trépas de la sainte Vierge et a la représentation du mystère de l'Assomption. On voit même qu'antérieure* ment à l'établissement du |vilinoden l'honneur de l'Immaculée Conception, il avait été question de distribuer,

cette chapelle, des prix pour des compositions poétiques en l'honneur de l'Assomption. Le Chapitre refusa son consentement, à cause du désordre que causerait, dans l'église, la réunion des concurrents venus pour lire leurs ballades et leurs palinods. En 1 5o6, le Chapitre interdit l'usage de faire paraître, dans cette chapelle, à l'occasion de la fête de l'Assomption, des hommes habillés à l'instar des apôtres, et des diables avec masques et marmousets. En i5u, l'interdiction fut renouvelée, et les confrères durent se contenter de faire dire une messe à cinq heures du matin ; la représentation accoutumée n'était que tolérée ; on menaçait de la supprimer absolument dans le cas où, malgré l'heure matinale, il y aurait toujours autant de foule et de tumulte dans l'église. En 1 5^3, on supprima les coffres où la confrérie faisait son jardin, et on l'engagea à employer ses charités a une œuvre plus utile, à la confection d'une belle verrière, ce qui fut accepté, après que le Chapitre eut pris ù sa charge les frais de la maçonnerie ( kj fév. 1 323). Cette chapelle était encore, en i656, décorée par les soins de la confrérie de N.-D. -de- Bonne-Nouvelle, pour les épiciers, ciriers et apothicaires de la ville. Mais Tannée suivante. iS oct. 1637, les chanoines ordonnaient qu'elle serait fermée et disposée de manière à servir de revestiaire à ceux qui voudraient dire des messes de dévotion a la chapelle de la Vierge ou ailleurs (G. 3622t. Diverses donations avaient été faites à la chapelle de la Trinité, par mess ire Guill. de Bellengucs, capitaine de Rouen, au commencement du xv 1 * siècle, par le chanoine (iuill. Carrel, qui, dans le contrat de fondation du 26 janvier 141 3, nomme t l'autel de la chapelle de la Trinité où l'on fait le mistère de l'Assomption N.-D. » En 1475. on donnait aussi à cette chapelle le titre de chapelle des Trois-Rois. Kn 1420, on y trouvait, entre autre* ornements, v un ymage d'argent en masse de N.-D., doré et a\euc un entrepié pesant (> onces 7 esterlins et demi. Item une croiz dorée à plat pié, pesant 1 mars 2 onces S esterlins Item

un calice doré de denset de hors et la cuillier sans doreure avec fleurs de lis en pommel esmaillées, et, en la pâte, un crucefix et 2 y mages eu costé. et, en la platine, une main en une nuée, qui fait le signe de la croix. Casuble de drap de soye vert, ouvré d'or à Iosenges et en manière de pommes de pin à 1 très bon orfroy d'or de cypre, ymaginé à ymages de S. Pierre, S. Paul et S. Jehan en devant, et, en derrière, l'y mage de Dieu en caperon... ; 1 1 corporiaux avec 2 estuys dont l'un est de bois couvert de drap de soye vermeille, figurée a oysiaux d'or et broudé par les bors de fil d'or et de vert, a 4 franges d'or es 4 cornes ; une porte-paix de ci près avec un crucefix et 2 ymages à 2 costes, tous d'ivuyre. • Parmi les chapelains. Jean Massieu, en 1405, Pierre Floriot, docteur en droit, résidant au collège de Navarre, à Paris. (Plan, L.)

XXII. — Chapelle de Saint-Romain ou du grand Saint- Romain. Cette chapelle fut d'abord dédiée aux saints Innocents et en porta le titre. Ce fut là que furent enterrés le comte d'Harcourt et le sire de Gra ville, décapités par ordre du roi Jean, en i35t>. Leurs armes ou timbres armoriés ornaient encore cette chapelle le 7 août 1415. On y voyait, en 142»), • 1 tablel comment Dieu saparul à S. Thomas, a 2 coûtés, S. Jean l'Euvangélitte et S c Catherine. » Le 8 fév. 144X iv. s.i, le Chapitre permit aux exécuteurs testamentaires du chanoine Guill. Le Fèvre de faire repeindre les images de la chapelle des Innocents et d'en clarifier les verrières. Le 20 août 14S), il accorda au chanoine Nicolas P.ijot le droit d'être inhumé dans cette chapelle. Celui-ci, par son testament du 1 6 fév. 1460, légua 7 s. 6 d. « a chacun de 12 enfants Innocents d'église, séculiers, religieux ou prêtres, pour dire, 2 à 2, un psautier voce submissa jusques à »i psautiers et la recommandasse en la chapelle des Innocents, à l'heure de sou trépas. * Le iS janv. 1 5 17 (v.s.) permission aux confrères de S. Romain, dont la chapelle était trop étroite pour leurs assemblées, de se transporter dans

celle des Innocents, laquelle dès lors prendrait le nom de S. Romain, et autorisation de faire décorer cette chapelle, à leurs frais, in clausuris^ vitrinis et ornamentis. Ce changement en entraîna un autre. On dut assigner aux confrères des Innocents une autre chapelle, celle de Sainte-Catherine ou une autre voisine (20 janv. 017) (v. s.)- A partir de cette époque, l'ancienne chapelle des Innocents ne fut plus désignée que sous le nom de Saint-Romain ou du grand Saint-Romain, pour la distinguer de la chapelle Saint-Romain en la nef, qui, par suite d'un long usage, conserva son nom. A la chapelle Saint-Romain, chapelle de Sainte-Barbe, fondée en 1 507, de Saint-Thomas-le-Martyr et de Sainte- Madeleine, 1 5 5 1 . Parmi les chapelains, Jacques Saas, 1750. (Plan, D.)

XXIII. — Chapelle du Saint-Esprit. Deux chapellenies, lune en l'honneur de S. Etienne, de S. Laurent et de S. Vincent ou des trois diacres martyrs: l'autre de S. Martin à pied, celle-ci mentionnée des le I er août 1 3S5- Près de cette chapelle se trouvaient un bénitier et une statue de YEcce Homo. C'était là qu'avait lieu, le Vendredi saint, l'Adoration de la croix, du Corpus Domini et de la sépulture de Notre-Seigneur. l : nc indulgence plénière pour 7 ans fut accordée, le 4 juill. 1*122, à ceux qui, au jour de la Pentecôte, visiteraient cette chapelle. Vers le milieu du \\n r siècle, c'était l'usage que les tabellions royaux y tissent chanter une messe, les seconds dimanches de chaque mois. Cette chapelle tirait son nom du collège des chapelains, dits Ju >. -Esprit, fondé par l'archevêque Ph. de Klavacourt. En 142»), • uncalicedoré de dens, vere par de hors, une croix en la pâte, et, en la platine, une main en nuée, qui fait le signe de la croix ; le pommel dud. calice émaillé à rosettes, et n'y a point de cuillier; 1 portepaix de bois peinte a l'ymage de N.-I).; un autre calice, doré de dens et veré par de hors, et, en la pâte, un crucetu et 2 saints a 2 costés, et n'y a point de cuillier. » Les orne-

ments, à cette époque, étaient dans 3 aumaires pratiquées dans la maçonnerie derrière l'autel, et qui sont redevenues visibles depuis qu'on a dégagé cette chapelle de la décoration qu'elle avait reçue au dernier siècle. (Plan, C.)

XXIV. — Chapelle de la Sainte- Vierge sous le Jubé. Le chœur était fermé, du côté de la grande nef, par un jubé auquel on donnait le nom de pulpitum, et dont on a retrouvé d'intéressants fragments dans la maçonnerie du jubé récemment démoli. Ce jubé était surmonté d'un crucifix monumental, suivant un usage commun à toutes les églises du pays. Le 14 juillet i3Ô7, un accord fut passé entre le Chapitre, agissant par R. Du Breuil, et le procureur des religieux de Saint-Ouen, en la cathédrale, ante pulpitum (Registres capitulaires). Le 6 août 1436, le grand crucifix qui était au-dessus du jubé fut renversé parle tonnerre. A cette époque il se trouvait à l'entrée du chœur une statue en albâtre, en l'honneur de la sainte Vierge, qui avait été donnée par le chanoine Thomas Le Tourneur, archidiacre de Tournay, et devant laquelle, chaque samedi et chaque veille de fête de N.-D., on venait, après vêpres, chanter Tantienne Sancta et Immaculata et la prose de Vlnviolata avec une oraison de N.-D., i3()2. Les Registres des chapelles du xv< ! siècle ne font aucune mention de chapelle de N.-D. sous le jubé. Ce ne fut que vers 1 5<jo qu'une chapelle de N.-D.de-S.- Désir y fut établie par Jean Bigues, vicaire-général, curé et seigneur de S. -Désir, ce qui donne l'explication du vocable de S.- Désir, Ln H'3;, cette chapelle fut décorée de nouveau, aux frais de la Ville, avec fondation de messe et d'une lampe d'argent, en témoignage d'actions de grâces pour la cessation de la peste qui avait longtemps désole la ville. Cette chapelle, dite auparavant de la Paix ou de N.« D. de la Paix de nom de N.-D. -de-Saint-Désir avait été vite oublié), fut connue, à partir de cette année, sous le nom de 1 autel du Vœu. La consécration avait eu lieu le a3 avril K>3<). On sait que, lors de la construction du nouveau jubé,

un nouvel autel avait été construit dans un goût tout différent, et décoré d'une statue de Clodion, qui a servi de type à des statues et à des statuettes très répandues. L'autel de la Vierge sous le jubé servait à la vénération des reliques et avait pris la place occupée précédemment par un reliquaire célèbre, qu'on désignait sous le nom de l'Angelot. Plus tard, les reliques furent reportées sur un petit autel derrière le chœur. Il en était de même en l'église de la Trinité de Fécamp. (Plan, etc.)

XXV. — Chapelle Saint-Pierre en la nef. Mention, en juillet 1279, de l'autel Beau Pétri ante portant chori. En 1396, Avice de la Harenguière fonda une messe à dire, chaque jour, à l'autel Saint-Pierre, ad introitum chori. (.'ne statue de S. Joseph y fut placée à une époque bien postérieure, antérieure cependant au 10 janvier i5o8, puisque, à cette date, le Chapitre décidait que lad. statue serait reformée. Une messe de S. Joseph y fut fondée a cette époque par le chapelain Jean Bacheler. Cette chapelle porta le nom de S. Pierre et de S. Joseph de 1 559 à i683, date de la fondation qui fut faite d'une messe, à l'autel de S. Joseph en la nef, par le chanoine Pierre de Moy. Peu à peu le nom de S. Pierre disparut, et l'on prit l'habitude de joindre celui de Sainte-Cécile à celui de S. Joseph dès 1704 ; celui de Sainte-Cécile finit par prévaloir, vraisemblablement à cause de la vogue du Puy de Sainte-Cécile. Dès le 9 nov. 1.^70, Jean Payne, qui avait été maître de la confrérie de Sainte- Cécile, avait obtenu la permission de faire mettre une image de cette sainte à l'autel de S. Pierre sous le pupitre. Les musiciens firent oublier les charpentiers qui, organisés en confrérie sous le titre de S. Pierre, puis de S. Pierre et de S. Joseph, y faisaient dire leurs offices dès 1401 (G. 3568) ; ils évincèrent aussi les confrères de N.- D.,qui l'occupaient au xv e siècle, et que l'on voit, le 14 déc. 1422, solliciter la permission de placer aux piliers, in buto naris, certos portantes ferri pro suspendendo certos pannes

quos procurent fieri de haulte liche, ad honorent Béait Marie et décorent ejusdem ecclesie. Au mois d'août 1465. le roi Louis XI, étant alors à Rouen, avait accorde au Chapitre des lettres d'amortissement jusqu'à concurrence de 160 livres de rente par an, à condition de foire dire, à l'autel S.- Pierre, assis en la nef près de l'entrée du chœur, une messe basse chaque jour de Tan, heure de tierce, pour le salut du Roi, et de faire écrire, en un tableau de pierre, contre le prochain pilier dud. autel, le texte de la fondation. Le 4 oct. 1640, le Chapitre adopta un plan qui lui fut proposé « pour la décoration de la devanture du crucifix et de la chapelle Sainte-Cécile pour être de même façon que la chapelle du Vœu, suivant le désir de M. du Béquet, lieutenant général, » qui tenait à exécuter les dernières volontés de M, Godart, trésorier du Chapitre. En 1704, un riche bourgeois de Rouen légua aux chanoines i,5oo I. pour être employées a faire des caroles ou balustrades à cette chapelle. Il avait été question, le 4 juin 1700, d'en confier l'exécution à M. Delisle, habile fondeur de Rouen. Dom Duplessis, dans sa Description de la Haute Normandie, II, 1 35, avait bien reconnu qu'il n'y avait qu'un autel sous le nom de S. Pierre sous le crucifix, lequel, dit-il, « occupoit le milieu de la place; car on n'auroit pas mis le. crucifix ' de côté. On entroit donc par cette porte-là, dans le chœur autrement qu'on y entre aujourd'hui. • Cette chapelle dite de l'Esquelle parce qu'on y disait une messe chaque jour pendant le sonde TEsquclle, 18 mars 1 56 1, i er av. 1572. On y disait une autre messe qu'on appelait, à cause de son heure tardive, la messe des Paresseux. A l'autel sous le pupitre, messe de la confrérie du Sainte-Sacrement, 3 nov. i56»), 18 avril 1572. (Plan, Z.)

XXVI.— Chapelle Saint-Barthélémy. Elle fut fondée par le chanoine Reynauld, déjà deux fois cite, antérieurement au 4 oct. i3j2. On lui donna le nom de chapelle du Revestiaire, du lieu qu'elle occupait, c'est-à-dire de la

grande sacristie du Chapitre, endroit qui servait de dépôt aux ornements de l'église, aux reliques, a l'argent de la fabrique. Nous avons cité la disposition du chapelain Jean Hardy, qui voulut, par son testament (14ÔÔ), que son bréviaire noté fût enchaîné devant l'huis du Revestiaire pour l'usage des survenants. Le testament du chanoine Ph. delà Rose contient une disposition analogue : « Ordino breviarium meum ad usum Rothomagi poni et includi ante ingressum Revestiarii, nisi tamen, ante decessum meum, aliud breviarium ibidem fuerit aliunde repositum, quo casu alibi, ubi melius Dominis meis videbitur, mets sumptibus y applicetur, 1470. » Le 17 nov. 1614, le promoteur obtenait un monitoirc pour avoir connaissance de ceux qui méchamment avaient découplé, lacère et mis en pièces • 2 livres attachés de chaînes de fer a la chapelle S. Barthélémy proche la sacristie, iceux estans de parchemin et contenant la plus part du service qui se chante journellement en cette église. • Cette chapelle est appelée chapelle S.-André en la sacristerie, en 1 553. Voici l'état du mobilier qui lui appartenait en 1420 : • Y a unes bonnes aumaires, bon messcl qui se commence, en second feuillet. do non, et, en pénultième, festum sci Guillelmi ; bon calice pesant 1 marc et demi, largement doré de dens et de hors, et, en la pâte, a un crucefis à 11 y mages à 11 costez, en la platine S. Herthelmieu que ni tirans escorchent. et une cuillier dorée, //em, m touailles d'autel, dont l'une parée de drap d'or, figurée de soyc inde. à une frange de soye \ en. jaune et vermeille. Item, 11 paires de aournemens, dont :e casuble, des meilleurs, est de drap d'or figure a pommede pin, croisié à losanges de soye indc et orfroy de soye ù diverses couleurs, doublé de toille vermeille, entoile ci fanon semblable. Item, l'aube parée de soye vert, figurée de papegaus et l'a mit paré de Noyé, semé de os à ro>e> et licupars. Item, l'autre casuble de soyc violet, figuré a branches vermeilles et bestes d'or, à orfroy de soyc et losanges de diverses couleurs, doublé de toille noire, à orfrois de toille blanche, estolle et fanon de drap de soye, semés de croix

blanches en manière de grains d'orge de diverses couleurs... Item, un bon autel bénest en calice, en boys... Item, un orillier à mettre soubz le livre, couvert de toi lie painte. Item, une porte-paix painte, à Pymage de S. Berthelemieu. Item, h buirectes d'estain. //em, uns corporeaux en leur estuy de soye, couvert de drap de soye et figuré à branches et fueilles d'or. » Au dernier siècle, le service de la chapelle Saint-Barthélémy s'acquittait à la chapelle de Sainte* Cécile. Parmi les chapelains, Dauphin-Louis Frottier, chanoine de Boulogne-sur-Mer, clerc de la chapelle du Roi à Versailles, i75<>. (Plan, B.)

Il y avait aussi une chapelle à la librairie du Chapitre. Elle est mentionnée aux registres des délibérations capitula ires. 8 janv. 1470, mention de l'érection d'un autel près la nouvelle librairie, in quo domini canonici^pro sua devocionCs missam secretius celebrare possint et val ea fit.

L'inventaire des chapelles de 1489 mentionne encore, comme étant dans le chœur, Cape lia ad altare regium : capella archiepiscopalis. Cette dernière est encore citée par Dom Pommeraye. • Du côté de l'évangile au chœur, la i rt est la chapelle archiépiscopale ou des Ordres, parce quelle y servoit. » [Hist de la Cathédrale de Rouen, 52 3.)

NOTES

SUR LA PEINTURE Sl'R VERRE A ROI'KN

Le io mars itVji, le parlement, en grande audience, rendit un arrêt contre les vitriers de Rouen, qui prétendaient que. pour la réfection des vitraux du (grand réfectoire de Saint-Ouen, les religieux de cette abbaye devaient avoir recours à des maîtres de la jurande de la ville. Cet arrêt, dans le temps ou il fut rendu, parut assez intéressant pour que l'on en iiiNcràt l'anal) se dans un recueil manuscrit de décidons notables ii;. In mémoire informe, classé parmi les pièces de comptabilité du Fonds de Saint- Ouen, aux Archives départementales, fournit quelque^ renseignements complémentaires : ils mont paru bons à recueillir pour l'histoire d'un art qui avait été longtemps très rlonssant à Rouen, et auquel un de nos collègues. Hyacinthe Langlois, a consacré un de ses ouvrages les plus estimés.

Pour le travail en question, le^ religieux s'étaient d'abord adressés a Hesochc, vitrier ordinaire de leur monastère. Mais celui-ci retusa, en alléguant qu'il lui seiait bien difficile de se procurer tout le verre et tout le plomb nécessaires à l'entreprise, et qu'à grand peine, avant Pâques, pourr.iit-i! livrer une *culc verrière il les engagea donc à faire eux-mêmes, et pour leur compte, achat de verre et de plomb en quantité surfilante, et A chercher des compagnons : il leur en recommanda deux qui avaient travaille dans sa maison, et dont il leur vanta l'intelligence.

(i) Voir Bulletin de la Société Je V Histoire Jr Normandie, 1875-1880, p. 359.

Les religieux suivirent son avis : ils traitèrent avec quatre compagnons, h tant par mois, outre la nourriture dans leur couvent ; tous étaient étrangers à la ville. L'un était liégeois d'origine; un autre venait du Bec-Hellouin, où il avait été longtemps employé.

Peut-être eût-on fermé les yeux sur ce marche, s'ils eussent continué à travailler à la journée et à prendre leur nourriture à la cuisine des religieux.

Mais quand ils eurent obtenu de travailler, comme on disait, à leurs pièces, on se rappela leur qualité de compagnons et d 'étrangers, et ce fut en vain qu'ils s'adjoignirent, pour se mettre en règle, un maître juré de la ville, Simon Le Cousturier.

Ils furent poursuivis à la requête des gardes vitriers, Jean Le Vieil et Besoche en tète, devant le lieutenant du bailli qui les condamna à de fortes amendes, et, en attendant paiement, les fit conduire immédiatement en prison. En même temps, les vitriers venaient en bande au monastère et demandaient avec menaces à être chargés de toute l'entreprise.

Il y eut appel au parlement. Les religieux ne purent se dispenser dintervenir au procès et de prendre en main la défense de Simon Le Cousturier et des quatre malheureux compagnons, Nicolas Martin, Martin Le Danois, Thomas Le Bas et Jacques Le Roy.

Après avoir exposé combien avait été inhumain le procédé du lieutenant du bailli à l'égard • de pauvres misérables qui ne gagnaient que t"> ou 7 livres par mois, • l'avocat Ilcrouet fit valoir l'intérêt des habitants de Rouen qu'on ne pouvait laisser à la merci d'une corporation, plus exigeante que capable ; l'intérêt de l'industrie et du commerce qui se perdent ou restent stationnaires par l'effet du monopole.

c Si nous fermions, disait-il, à Rouen et en toute la France, la porte aux étrangers, et que pareillement les étrangers la fermassent à ceux de France, ne faudrait-il

pas renoncer à cette perfection de l'art, qui, dans toute sorte de métiers, ne s'acquiert qu'en courant le pays. Si nos ouvriers n'avaient travaille en Allemagne, connaîtrionsnous Tinvention du fer-blanc, le mécanisme des horloges, la fonte des métaux? A quoi, si ce n'est à l'absence de concurrence, attribuer la perte de ces belles couleurs qu'on savait autrefois fondre avec le verre, secret aujourd'hui perdu. Au lieu d'habiles peintres verriers, on n'a plus que des ouvriers médiocres qui se soucient peu des couleurs et ne connaissent rien autre chose que le verre et le plomb.

• Si l'on admettait que la peinture sur verre dût être en maîtrise, combien de vitriers mériteraient la déchéance, puisque, pour la plupart, ils ne savent travailler en peinture et qu'ils sont obligés d'appeler à leur secoure des peintres plus au fait de leur art.

» 11 y a autant de différence entre la vitrerie et la peinture sur \erre qu'entre la poterie en terre et la faïence: et. de même qu'il n'y a pas de passemaître pour la faïence, il ne devrait pas y en avoir non plus pour la peinture sur verre. ■•

(.'était envisager par un de ses côtes cette difficile question de la distinction a établir entre l'art et le métier, question qui avait mis aux prises, à Paris. les maîtres jurés peintres ^ulpteurs et les peintre^ sculpteurs de l'Académie n. Le moyen-age ne l'avait pa<» connue, parce que l'esprit aristociatiquc était inconnu dans les communautés d'arts et métiers.

Le parlement de Normandie, cette fois, se prononça en faveur de l'art et de la liberté . il reforma, conformément aux conclusions de l'avocat général Le (iuerchoys. la sentence du lieutenant du bailli.

(i) Voir lVttidc vie M. t.. Vitct, V Académie rurale de yentturt et de sculpture, itf'iî.

NOTE

SUR l.A CHAPKM.E DES INNOCENTS

Cette chapelle fut décorée par M. Alphonse de Chai on, chanoine de Rouen, qui remplit longtemps les fonctions J 'officiai, et dont le nom figure parmi ceux des bienfaiteurs de l'Hôpital -Général de cette ville.

Mlle est connue sous le vocable des Innocents, bien que son titre véritable soit Sainte-Colombe et Saint- Leu (i).

11 est fait allusion, en ces termes, à sa décoration, dans les délibérations du Chapitre de Rouen.

( Ù Inventaire des chapelles de la Cathcd. 1429. Sa in te -Colninhc. — « F.n la chapelle saincte Coulombe a u chappclles, la première ton lée de samete Cou1<»mbc, que tient .1 présent M \ ;\r M'.f'.-l, et pivr.t .1 la Commune, et doibt tt messes la ••• p-'.i.imv. • t st .1 1 \ odl.Kion du whappitre, et y a un coffre qui ;t .-. 1: eu p} viles, ut y .1 1 r;tre> Ion. et y a bon mesSel nou : qui se ..«•mmence en second teullet karissimi, et en penultime famults et Nin v d^e. pes.int m <r*. et demi, dure par dehors et p"ini par >k»l.!i.s.rt .1 iitie «>i«'i/ pl.i:.\i»e en la p.ite, et en la platine une m, un K-ne-NS inti-. à i teulv ^r«i ; siê. et n'y a point de cuiller. — Item ':;s vesteiru-riï» .i«»nt 1- ^.isuble ebt neuf , de drap inde figure •î'.'rbr. s \Limtulx .» ««rfnus .le fil d'or et de hl vert, double de t' :11e n'.ire... iiriL* pai\ d':vire <»ù il va trois ymages, c'est aiu* \-.i N -1> . > A lueii et S. \utor. — Item la ir vhappclle : u î. >. I. .. , te ta nt .1 pr-.Nctit maistrc Raoul l<e Sauvage, . : ; : « ,:i:.. r : : d< :' t :: mettes la scpni.itnc. . .c.isi! K lc

! n ... . . l.i u- I. piKsî n d tenir, m* ;1 n'.-*t

-.'•• sr- • ■ : s l :» 1 -^t '. I tus l'.in, et ne doibt eMre abv.'nt, se

! M-s^.Mîr.-'irv.. l'ï '1 ton 1 1 m i:*tr. Ks-

l i. • 1. u. ie «rant Cmix •♦

« i5 décembre 1672. Surce que M. Chalon junior a fait prier la compagnie de vouloir luy accorder la chapelle des Innocents, seize dans la nef de cette église, pour la décorer et y faire ses dévotions, le Chapitre a accorde audit sieur Chalon ladite chapelle pour la décorer et y faire ses dévotions.

• 3 janvier 1673. Sur ce que M. Chalon junior a représenté qu'il auroit besoin de quelques pièces et morceaux de marbre pour servir à la décoration qu'il prétend faire en une chapelle de la nef de cette église, suivant qu'il luy a esté accordé par le Chapitre, suppliant la compagnie de luy en faire délivrer quelques morceaux du marbre qui est dans une cave ou seulle de la fabrique, veu le dessein de la décoration que prétend faire ledit sieur de Chalon à ladite chapelle (1), il est dit que MM. les intendants de la fabrique sont priez et authorisez de faire délivrer audit sieur Chalon autant de marbre qu'il en aura besoin pour la décoration de ladite chapelle. »

Nous sommes ainsi fixes sur l'époque de cette brillante décoration en marbres blancs sculptés, qui a été récemment (en 1N77) restaurée avec beaucoup de soin et un goût partait

(1) M. r.ibbé I 'th. il.ms la St'manw rtligu-usc, t. XI, p. 4S\ décrit uns: cette chapelle : •« Le retable vie marbre Manc, .ivec colonnes corinthiennes, qui offre comme sujet principal tint* Nativité, d'un pieux caractère; les belles sculptures en marbre blanc qui tapissent le mur ont été rendues a 1 1 vue ave*, les soins les plus intelligents. Les autres sujets sculptés sur les murs sont empruntes a la \ie de la sainte View, et représentent 1 Annonciation. 1< Visitation, la luite en Keypte, le repos en Kgypte ou l.i ^ainte-1'a mille, et l'Assomption. Kn dessous des sujets, de gi .indes lettres» dorées et entrelacées ren. plissent W?s panne uix .nfénuus. ■» Kntre ces lettres qui lorni.nt un •. leiMnt monogramme nous cnivuns reconn -ître S et <", qui pourraient taire sainte Colombe Sur la bande qui coupe par le milieu Je monogramme, on distingue les lettres J. H.

Mais il nous resterait à connaître le nom de l'habile sculpteur (ce n'était certainement pas Claude Le Prince) qui a fait les statues de l'autel et les bas-reliefs qui ornent les murs. Il est à craindre que ce nom soit toujours inconnu, par cette raison que les travaux furent faits aux frais de M. de Chalon.

Ce chanoine mourut en 1696 et fut enterré dans la Cathédrale en la chapelle Saint- Pierre-Saint- Paul. Il descendait d'une famille espagnole, mais naturalisée française, les Jalon, dont un membre donna a Pierre Corneille l'idée du Cid.

Page 1