‹ Nouveau recueil de Notes historiques et archéologiquesChapitre 30 sur 32 · SUR LE VIEUX-I'AI.AIS DE ROUEN · texte numérisé non relu

SUR LE VIEUX-I'AI.AIS DE ROUEN

Après un siège de près de six mois qu'il lui fallut soutenir contre une nombreuse armée, au milieu de toute* les horreurs de la famine, Rouen dut subir la domination étrangère ( i). La pensée vint alors à Henri V de construire une nouvelle forteresse à l'extrémité de la ville, sur le bord de la Seine, de manière à commander ce rleuve dont la possession assurait aux Anglais une libre communication avec leur pays.

Dans la capitulation du i3 janv. 1410, le roi d'Angleterre exigea qu'il lui serait donné, en dedans de la ville, ou en dehors, près des remparts, un emplacement, à son choix, ou il pût bâtir un palais.

On se mit promptement 1 l'ieuvre. Dès le 1 3 mars suivant, non seulement le lieu était choisi, mais les indemnités étaient réglées, ainsi que le témoigne un acte transcrit dans les registres du tabellionage de Rouen {2^ dont nous rapportons ici un extrait :

t« Comme très hault, très excellent, très puissant prince et notre très redoubté et souverain seigneur, Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et d'Angleterre et seigneur d'Irlande, fust \enu mectre siège devant la noble cité de Rouen, pour icelle mectre et réduire en son obéissance, dont elle et tout son pais et duchié de Normandie

1) Le siège c«»m nu nç.i le ni iiiillct 1 4 1 S. et dura ius-pi'-tii 19 janv. de l'année suivante.

l»i Rcg. 18, (»• 227 v et suiv

avoicnt esté substraits par avant et ocupés par ses adversaires, pendant lequel siège lui eust este suplié et requis très humblement plusieurs foiz, parles gens d' église. nobles, manans et habitans (ficelle, qui lui pleust avoir d'eulx pitié et compassion raisonnables, tieulx que eulx peussent porter et endurer, à laquelle supplication et requeste le roy, notre dit seigneur, aiant d'eulx pitié et compacion, voullant à son povoir, en la révérence de Dieu, notre créateur, évader à l'effusion du sang chrétien et prerterer miséricorde a rigueur de justice, eust incliné. et les eust à ce receubz, et sur ce eust esté fait certain appointement entre le roy, notre dit seigneur, d'une part. et les habitans, d'autre, par lequel appointement eust esté dit et accordé par iceulx habitans, entre les autres choses, que, après ce que lad. ville seroit rendue et mise en l'obéissance d'icellui seigneur, il airoit, dedans lad. ville, une place, enquel lieu qui lui plairoit, pour faire construire et éditïier ung palaiz ou autres éditrices, à son plaisir et ordonnance, par en paiant toutes voies, au pris le roy, par icelui seigneur, à ceulx qui auroient aucuns héritages, rentes, maisons ou éditrices en lad. place, ce que les héritages seroient aprésagiés par les ouvriers jures d'icelle ville et autres gens en ce congnoissans, et dont tous ceulx qui auroient aucunes rentes sur iceulx héritages seroient tenus prendre les deniers au pris dessus dit, après laquelle rendue, et que le roy, notre dit seigneur, fut entré dedans lad. ville, il lui ait pieu prendre et eslire une place séant en la par. Saint-Eloy de Rouen. auprès de la tour Maussefrotc m et de la rivière de Saine, en laquelle place soulloit estre anciennement le

(i) Il y a ilonc une légère erreur dans ce que dit Farin : « Ce tut vers l'année \.ym que ce prince fit commencer la citadelle. que nous appelons le Vieux- Valais. On bâtit d'abord une grosse tour qu'on appela dès lors MalsyTrote, pour faire entendre que .eux qui Toseroient attaquer seroient mal reçus, ce mot revenant a lcs trois mal s'y f rote. »

Marchié aux chevaulx, avec aucuns autres héritages, tant édiftiés que non éditïiés, estant d'un costé et d'autre de lad. place, le tout contenant n\? toises et demie : d'un costé, depuis lad. tour jusques à la ruelle de l'ostel Mons. de Clères, devers la rivière de Saine, 64 toises et demie ; item, depuis le costé d'icelle ruelle et du bout d'icelle jusques au pavement, 47 toises; item, depuis le bout d'icelle ruelle, vers le pavement iusques au dehors des murs de derrière Saint-Jaque n). S 2 toises; et depuis iceulx murs en retournant vers la tour MaucitFrote jusques au parmy d'icelle tour, 74 toises; et eust esté commandé et accordé que lad. place et tous les autres héritages joingnant d'icelle, tant d'un costé que d'autre, cornprins en la limitacion sur ce faicte et cy dessus desclarée. seroient aprésagiez bien et deubment, comme dit est. et le pris raporté atfin deue, pour lequel aprésagement faire ainsi qu'il appartient, M cs Jacques de Socteville, Jehan Rivière, Guillebert Le Petit, Guicttin de la Crotc, carpentîcrs jurez en lad. ville. M" Ali\andre de Herneval, M* Jencon Salvart, Colin Du Quemin, et Thomas Deshommes, mâchons, plastners et couvreurs, semblablement jurez en icelle ville, se fussent transportes sur les lieux et eussent apré;»agic lad. place et le* autres héritages, maisons et éditlices assis auprez d'icelle. et le pris sur ce tait eussent rapporté, p.ir leurs scremens, par devant noble homme Mons. (îaultier de heauchamp, chevalier, hailh de Rouen, avoir esté fait et bien loialement à leurs ad\is et consciences, etc. •

Le revenu des biens expropries était évalué à 200 li\.: les indemnités, à 2,100 1.. sur laquelle somme il fut retenu 27K 1., représentant la \aleur de l'hôtel du seigneur de Clercs, « pour ce que ce seigneur estoit prisonnier du

(1) Monastère des Jacobins de Rouen, dont l'église était dédiée à saint Jacques. La rue qui bornait le Vieux-Palais, du côté des Jacobins, porte encore le nom de rue Saint-Jacques

roy au pai> d'Angleterre. » Le reste de la somme. 2.352 1. t.. lut paye aux propriétaires devant le tabellion Je Rouen. Dans l'emplacement étaient compris une <■ \vi Je pièce en laquelle a voit ung éditrice qui tut au seigneur J'Yveiot ». pour îors appartenant à la Ville, et estime à 7 1. Je rente, et ic clos aux arbalétriers appartenant également a la Ville, et pouvant valoir 4 liv. de revenu.

Plus tard, on expropria aussi les Béguines, que Henri VI récompensa au double, en leur donnant, en échange de ce qu'il leur prenait, un terrain situé près de l'église Saint- Vigor, où leur monastère fut transféré. — 4 fév. 1444 (N. S.) (i;.

Les travaux du Palais ne furent achevés qu'assez tard en 1443, si Ton en croit Farin. En 1442, Guy de la Villette était encore indiqué comme chargé « de faire la recepte et Jespence Jes deniers ordonnés estre employés es œuvres du Palais royal de Rouen (2}. •

Les Acta et fœdera. de Rymer, donnent les noms des architectes qui y furent successivement ou concurremment employés. C'étaient, dit M. Chéruel, d après ces documents, Jeanson Salvart (3;. Jean Roussel, Jean Pôle, Jean Le Fournier.

M. Chéruel 141 cite encore, comme architecte, Cardin Ango. qui me paraît n'avoir été qu'un comptable préposé à

(1) V. la Notice Je Farin dans Y Histoire de Rouen.

(2) Arch. tic la S. -Int.. F. D.mquin.

(.<) l'ar lettre* «:u 24 fév. 1421, le nu d'Angleterre permit à Jeanson Salvart, maître operis novi palacii nostri Rothomagi, d'acheter, libres de droits, dans tous les marches de Normandie, pour la provision de lui et de ses ouvriers, 4 muids de blé, 2 muids d'orbe, 2 muids d'avoine, un muid de pois et de fèves, 100 pièces de lard et 5oo 1. de beurre. — Rôles normands recueillis par Bréquigny, publiés par la Société des Antiquaires de Normandie, au t. XXIII de la collection, n° 964.

(4; Histoire Je Rouen sous la domination anglaise.

l'inspection des ouvrages de la Ville, et dont le nom doit être remplace par ceux d'Alexandre de Berneval, de Jean Willemcr m et de Jean Santin 12).

Des l'origine, on donne à cette construction le nom île Palais i)ii de Palais-Royal 01. ce qui indique que, dans les vues du gouvernement anglais, ce devait être la demeure du roi ou de ses principaux représentants. Kn 1 3o«), on l'appelait encore Palacium regium super Secanam. Mais, bientôt après, on changea ce nom en celui de Vieux- Palais, le nom de palais étant réservé, de préférence, à la construction nouvelle qui venait d'être élevée pour l'Kchiquier perpétuel, devenu le Parlement de Normandie (4).

Cette construction conserva son caractère primitif de massive et lourde forteresse. Les travaux qui y furent entrepris dans la suite ne purent en taire une résidence agréable. Malgré sa qualification de palais, il est douteux

(1) Quittance de carriers il u Val-Jes-Leux pour une Somme de 2</> 1. t. à raison de pieircs par eux fournies d'après l'ordre d*Al. de Berncval à Jean Willemcr, ouvrier jure, pour maçonnerie faite nouvellement au palai». — Arch. de la S.«lnf., F. Danquin.

(2) Au mois de mai 1441, le Chapitre de Kuuen accorda le Privilège de Saint-Komain a un ouvrier miyon, du nom de Jean de Lieusaut. qui avait jele à la Sein., par manière de mauvaise plaisanterie, un nommé Jean Langl«»is, proptvr Jefectum per ipsum operariis in yalacio laburantibus, et hoc de precepto Joh. Santin. — Arch. de la S. -Int., F. du Chapitre. Un Jean Santin, maçon, par. Saint-Maclou. cite 4 juil. 1404 tT.ihel. de Rouen); un Pierre Santin, emplo\c .«ux travaux du «.hùteiu de Longueville o* iux réparation* de l'éghsj d'AutTay en 1473,

(3) Palais-Royal, dans les lettres du Roi, du 4 ftv. 1443, en faveur des Béguines.

(4) Voir aux Arch. de la S.-Inf., dans les registres capitulaires, les délibérations relatives au Privilège de Saint-Romain.

qu'aucun roi de France y ait mis les pieds. Quant soi Rouennais, ils n'oublièrent jamais qu'elle avait été élevée pour les tenir en bride, et non pour les défendre. Ils la voyaient de mauvais œil, et lui savaient mauvais gré de son origine, qui rappelait, en effet, les jours les plus sombres de notre histoire.

Pour la décrire à grands traits, c'était une forteresse de forme irrégulière, présentant un gros mur flanqué de huit tours ou bastions, de forme et de grandeur diverses (1). On donnait le nom de jumelles aux deux tours qui étaient du côté de la ville, entre lesquelles, faisant face à la place Henri IV, s'ouvrait une porte cintrée à laquelle on accédait par un pont-levis (2). Ce château était entouré de fossés, larges et profonds, que remplissaient les eaux de la Seine, et qui ne furent comblés que dans le cours du siècle dernier.

Il suffira de signaler les travaux de quelque importance qui, de loin en loin, furent entrepris au Vieux-Palais.

Le 14 nov. 1462, on paya 22 1. au maçon Jean Malet, pour travaux de son métier, exécutés, par ordonnance des Trésoriers de France, au Palais, sur une grosse tour machicoulëe séant vers les Jacobins. Le paiement s'en fit sur un certificat de Richard Des Buses, pour lors maître des œuvres de maçonnerie du Roi à Rouen (3).

M. Periaux parle d'un bastion qui fut bâti en 1 5*~>«>, a la place dune tour qui donnait sur la rivière. Il parle aussi de réparations faites en 1^77. 1 5X3. 1 585 (4).

Kn hïi 5, un jardinier, Jean Chauvcl. travailla « à la

(1) Parfois on indique huit tours, parfois quatre; on va meme jusqu'à n'en indiquer que trois. Ces différences tiennent à ce que l'on a confondu ou distingué les tours et les bastions ou demibastions.

(2) Le pont-levis, au xvm* siècle, était abaissé tous les jours à six heures du matin, et levé à neuf heures du soir.

(3) Arch. de la S.-lnf., F. Dnnquin.

(4) Histoire de Rouen, pp. 663 et suiv.

rcvcsicurc d'un grand mur estant sur l'un des boulevards du côté du Vieux-Palais » (i).

Le 27 janv. 102 5, ce château est déclaré inhabitable, « pour être tombé en ruine et décadence •. Sur la demande du duc de Yillars, qui en était gouverneur, • on y lit un bâtiment en forme de cabinet et faconde losange », lequel coûta 1,1 5o 1., et fut exécute par Jean Daoust, maçon. Jacques Le Boursier, charpentier, Nicolas Roussel, menuisier ■':£).

Kn it»42, d'après M. Pénaux, on construisit un pontlevis et deux portes pour défendre l'entrée du Vieux- Palais du côté de la ville.

Kn noô, une demi-lune fut construite au mo\en d'une imposition de t"»No I., que la Généralité de Rouen eut .1 supporter.

Kn 1*07, la Ville eut une diriiculté avec le marquis de Bcuvron, au sujet de travaux faits par son ordre, en dehors du château. Il fut établi que tout se réduisait à la pose de quatre assises de pierre, a l'angle de l'éperon, dont le pied se minait par la violence de la barre, dans les grandes marées (3).

Il faut conclure de là que les murs du Vieux- Palais bordaient alors de très près la Seine. Aussi, parut-il naturel au gouverneur de N'attribuer le droit de pèche dans la rivière au-de^ous de la loitere^e. M. lis cela lui fut contesté par l'Ilotel-Dieu. qui invoqua une possession immémoriale, et, comme marque de s,i propriété, lit jeter les filets par se> pécheurs, ;ipiè> .ivoii toutefois, au préalable, ■ fait civilité » au marquis de IVumuii ij).

A la rigueur on eut pu lui laisser ce léger avantage qui

(1) Tabell. de Rouen, meubles.

(a) Arch. de la S.-lnf., Plumitifs» Ju Bureau des Finances. — Tabell. de Rouen, meubles.

(3) Arch. de la Ville. Délibération du dernier juillet K07.

(4) Arch. de la S.-lnf., F. des Hospices; pièces du 26 mars i'oo et du 7 oc t. 1 ô 5 1 .

n'eut pas été de trop pour lui rendre l'habitation duVisas* Palais tolérable. Le même, quelques années aprts, exposât, dans une requête au Bureau des finance», qae le cfcllsan, destiné à sa demeure, était tellement ruiné q«*H aBsk devenir inaccessible. La plupart des bâtiments étaient découverts. La muraille, qui soutenait le grand corps de logis aboutissant au rempart, s'était écroulée, et les plus graves accidents étaient à prévoir, si Ton n'avisait tement (i).

En 1706, dans le temps où le duc de Luembom tait le Vieux- Palais, on ordonna la démolition d'une tours qui occupait l'angle de la terrasse du côté de la Cette tour menaçait ruine. Elle Ait rasée jnsqtfeu du parapet. Le terrain fut aplani. On y planta des et Ton y fît un jardin qui devint une promenade à lai

En 1 769, le Roi céda aux échevins une partie de dépendant du Vieux-Palais pour la formation du d'Harcourt et pour l'ouverture d'un chemin allant de h rivière au faubourg Cauchoise. La Ville prit à sa chaije, comme prix de la cession, une rente annuelle de i.Soo L à payer au commandant du château.

Le 29 sept, f 770, on établit une grille de fer à fezué» mité du port, a l'encoignure du mur du Vieux-Mats» sar le chemin du Havre par le Montriboudet.

Knfin, en 1776, on obtenait du duc d'Harcourt la mission de tenir ouverte la porte qui avait été mise ment au bout d'une nouvelle rue pratiquée près du Va Palais. Ces travaux étaient achevés lorsque vint à le 4 juillet 1 7*2, le comte du Nord, Paul Pctrowita, fb de l'impératrice de Russie, grand duc de Russie et ds Holstein-Gottorp, accompagné de Marie Fédérowna ds Wurtemberg, son épouse. Us suivirent les quais c^ks

(i) Arwh vie la S -Int., F. des Hospices; pièces du s6 MB

i65o et du 7 octobre noi.C. n5i.

nouveaux boulevards depuis la grille du Vieux-Palais jusqu'à Bouvreuil.

Le Vieux- Palais était A la charge du Roi. Aussi voyonsnous que les travaux qui y étaient entrepris étaient payés sur les fonds de la marine du Ponant, après avoir été approuves par les directeurs des fortifications des places et ports de Normandie d). L'adjudication s'en Ht pendant longtemps par les Trésoriers de France ; au xvin* siècle, c'était par les Intendants de la Généralité. Les devis étaient faits par les ingénieurs du Génie qui furent : MM. Martin, 1721-1724; — L'Egouthail, 1723-172Ô; — le chevalier d'Osse ville, 1727-1730: — le chevalier de Compare. 1 7 "3 1 - 1733; — Desroches, 1734-1730; — Thictfry, 1 737- 1749; — Deyrignac, 1750-1734 (21. Mais les adjudicataires furent constamment des architectes ou des matons du pays : François- Nicolas et Nicolas-Jacques Millets Desruisseaux, en 1721-1728; aux années suivantes, Pierre Lcsurier et Pierre Jarry. Les dépenses s'élevèrent a 1,122 1. en 1721; A <)8i 1. en 1722; à 1,704 1. en 1723; A 17,11)1)!. en 1724; a 13,2041. en 172?; A 1 1 . 3 1 s 1. en 1726; à N,(m»n 1. en 1727; à 6,0,71 1. en 1728; a 7,441 1. en 172*1; à 3,t>»)3 1. en 1730; à 1,421 1. en 1 73 1 ; à X3S 1. en 1732; à 7 3t» 1. en 1733 ; à 43o 1. en 1734; à 450 1. en 173? ; à t>33 1. en i~Sù: A 3,3n"> I. en 1737; A 1.2 h» 1. en 173») ; A <)f3 I. en 1741; à 43 1 1. en 1744; A 41/» 1. en 1743; A »i2S 1. en 174'"); A 740 1. en 1 747 : A ^44 1. en 1 74* ; à ?» 1 eï 1. en 1 74-1 ; A 1 ,«»33 1. en 1730; A 73»"» 1. en 1 7 3 1 ; A 2,p; 1. en 1752; à i/»7y '■ en 1733; A i,ot">9 1. en 1 7 3 f : à 2?o 1. en 1755 (3*.

(!) M. de Lingrune, i-i^. — M de Caligny, 1 733-1 ;3S; — Go union, 1752.

(a) Thicffry, 1,41x1 I. de traitement: Deyrignac, i/»<»n 1. — On trouve, avant eux, comme ingénieurs, Guihnu, l'ïiy»; Peyronnet. ingénieur du Havre. V. M. Hippcau, Le Gouvernement de Normandie.

(3) Dans la dépense figurent les frais de vitrages : - Les vitres

Un moment, le gouvernement manifesta Ptatentkm 4e se décharger sur la Ville des réparations dit Vieux-Mail Ce fut lorsque le duc d'Harcourt eut adressé ait maréchal de Be!lc-Isle, ministre de la guerre, un procès-TCfW constatant le délabrement complet de ce château, qui ae pouvait plus être restauré, sans une grosse dépense. Mail •les échevins firent observer que les réparations arakat toujours été faites sur les fonds du Génie et ne regardakot aucunement la Ville. Elles restèrent à faire, et ce rat i peine si le gouvernement pourvut aux travaux les phi indispensables et les plus urgents (i).

Comment n'aurait-il pas eu regret à la dépense pour «ne forteresse dont l'utilité avait depuis longtemps été contestée, et que plusieurs même considéraient comme nuisible?

Dès i5<j5, la Ville et le parlement en avaient sollici té h démolition.

Cette demande fut renouvelée en 1620, et le Chapitre de la cathédrale n'hésita pas à y donner son adhésion.

Trente ans environ avant la Révolution, on revenait à ce projet.

Quelques-uns, il est vrai, mais l'intérêt personnel leur avis suspect, quelques-uns faisaient valoir que ville, peuplée d'un nombre considérable d'ouvriers» sujette à des émeutes; qu'il était nécessaire d'avoir là, plas que partout ailleurs, une citadelle qui pût imposer le pect ; que. dans leur état actuel, les places maritimes saient à grand-peine à un médiocre approvisionnement; que le Vieux- Palais, situé sur la rive de la Seine, était sa entrepôt avantageux pour les munitions qu'on expédiait par eau de la Kère et de Saint-Quentin, et qu'on aurait à distribuer en Normandie et en Bretagne.

seront faites avec verre de Rouen de i* fonte et du pluttsft,

poM.es au plomb fort. »

(1) Arch. de la S.-lnf. — V. aussi M. Hippeau, Le ment Je Xormjndic.

D'autres, et c'était le plus grand nombre, se plaignaient de l'eau qui restait stagnante dans les fossés; des dangers que présentaient les magasins de poudre.

A la place dune citadelle incommode et coûteuse, ils voulaient des rues nouvelles, qui contribueraient à l'embellissement de la cité et à la commodité des communications, et cela sans dépense pour l'Etat, puisque une compagnie de négociants avait otîert 240,000 1. de l'emplacement, qui ne contenait pas moins de 3,Soo a 4,000 toises carrées. On n'oubliait pas non plus l'intérêt du commerce et de l'industrie, gravement lésés, en ce que cette enceinte militaire servait d'asile à des coupables ou tout au moins à des particuliers poursuivis pour dettes, et de refuge à des ouvriers sans maîtrise.

Des avant la Révolution, l'autorité supérieure paraît avoir sacrifié le Vieux -Palais.

On doit remarquer, en etlet, que ce château, qui .svait clé compris longtemps dans !.i liste des places militaires. ne lut pas nomme dans l'ordonnance Je '77''.

D'un autre coté, la reuie des Domaines \oului mettre la main sur les 'loyers de* maisons et des boutiques de l'intérieur et Je 1 extérieur Ju Vieil \-l '.liais, en même temps que la Ville prétend. lit assujettir tout îe persoirici au paiement de la capitation '1770. 17^0..

(l'étaient là des signes non équivoques d'une ruine prochaine que rien ne pouvait conjurer.

Quant a ce personnel il ne fut jamais nombreux, parce que rien ne ressemblait moins a nos casernes qu'une forteresse du moven-à^e.

Sous la domination aiml.ii.se. le Vieux-Palais parait

avoir été la résidence du ^nmemour d.- No r i::andie

Nous\ trou\.»ns |<uh iivMj.ni M.en ^i:a 1: .le i.eii!iii.s:il. en mai 144.*; Jean, comte de Mn.w.sba: ; . a\^ Malioid. en mai 1444 11

(1) StatTord y était encore en 1440.

Edmond de Beaufort, comte de Somerset, s'y trounit avec Talbot, lorsque Charles VII s'empara de la ville de Rouen. Il capitula lorsqu'après d'inutiles pourparlers avec le Roi, au château du Mont Sainte-Catherine, il vit ks Français mettre le siège devant le Palais, c du côté devers les champs, à grande compagnie de gens d'armes et de trait, » ouvrir de grandes tranchées, c tant aux champs que mesme à la ville, et asseoir bombardes et canons de toutes parts, tant devant la porte du Palais devant la ville, comme en celle des champs. » Force lui fut d'abandonner ses prisonniers, sa grosse artillerie et de laisser pour otages Talbot, le fils du comte d'Osmond, d'Irlande, le sieur de Bourguegny (1), le fils de sire de Ros, le fils de Thomas Gouel, capitaine de Cherbourg, et le fils de la duchesse de Somerset (2).

Les sénéchaux de Normandie, dont le titre avait été rétabli ou conservé en faveur de Brézé, furent capitaines de Rouen, c'est-a-dire investis du commandement dans les places du Palais, du château et du pont de Rouen (3).

La sénéchaussée s'éteignit avec Louis de Brézc, comte du Maulévricr, mort le 2 3 juillet 1 53 1 .

L'autorité attachée à son titre de sénéchal passa alors

(1) Ou liequegny (ailleurs Bergevenay ou Berge venye) et Richard Gowcr.

(2) V. Chronique de Normandie publiée par M. Hellot et Narratives of the expulsion of the English front Normandy, publics par M. Jos. Stevenson, p. 141.

(3) 1 5 hommes d'armes de la petite ordonnance sous la charge du grand sénéchal de Normandie, ordonnés à la garde dcschâteJ pont et palais de Rouen. A chacun des hommes d'armes, 10 I. pnr mois; à chacun des archers, 100 s., 1456. — 24 hommes de mortepaye sous la charge du comte de Maulévricr, grand sénéchal île Normandie; mo s. à chacun par mois, i486. — Le grand sénéchal de Normandie encore capitaine de Rouen, i5u, i5»3. — Rôle et département vie S, 000 1. que le Roi, en 1 5i 7, affectait aux réparation* du châtel, tour du pont et palais de Rouen.

aux lieutenants généraux de Normandie, qui furent Martin Ju Bellay, sieur de Langey lu; (-h. de Cossé de Brissac. maréchal de France, de qui relevaient les capitaines de Rouen. Mais parfois le titre de capitaine fut uni à celui de bailli de Rouen ou à celui de lieutenant général de la Normandie.

Taneguy Le Veneur h', comte de Tillieres, lieutenant général du Roi aux bailliages de Rouen et d'Evreux, i 36K-i 37g u». fut nommé capitaine de Rouen, sur la résignation de François de Montmorency. »î fév. i S70.

Jacques Le Veneur, baron de Carrouges, fils dudit Taneguy. fut nommé bailli et capitaine de la ville et du château de Rouen, pour jouir de cette fonction après la mort de son père, le io mars irjt"». Il fut nommé lieutenant général de la Haute-Normandie, le i « ■ sept i SijJ. 11 portait, avec ce titre, celui de gouverneur du Vieux-Palais, le i3 nov. i 3»i3.

Du temps des Le Veneur, le Vieux- Palais fut envahi par les Ligueurs de Rouen, qui y entrèrent le 4 îév. 1 3S.», après les massacres de Blois. • les caisses sonnantes et les enseignes déployées ». Pendant le siège de Rouen, il fut menacé par une Hotte hollandaise de 10 vaisseaux: mais elle fut obligée de se retirer devant les batteries de la place.

Jacques de Kutqucmarc. Mcur du MeMiil d'Aullay et de Vitot, conseiller du Roi en ses Conseils d'Ktat et privé, conseiller ordinaire de l.i Chambre du Roi. porta le titre de gouverneur du Vieux - Palais, de 1 >>: à n"»2t» |5i.

(1) Je ne sais a quel litre, v»us ce gouverneur, une des tours du Palais, qui s'appelait la Tour Je Talbot, et. ut occupée par M« Guill. Sofin, pilote et tosmographe du R<u, fils et héritier de défunt Richard Sorin. 17 .i\ ni 1 ?.p. 1T.1K de Rouen. meuMes.)

\i) Il tut capitaine d'Av rancîtes» de i:»7.>a i?yh.

\.<) M .iv. ut sous vi Ji.irge 1 sellent et 1 \ soldat*. Il et.nt tiU de Bauqucniare, i" président du Parlement avant (iroulart. Sa tille, Catherine, épousa J.-b. Le hrun, sieur du lioisguillaume.

Après lui, nous trouvons Georges de Brancas, duc de Villars, qui fut nomme lieutenant-général, Je 18 ocl 1Ô2Ô; — Ch. de Brancas, comte de Maubec, 26 nov. 16**. Le 20 déc. de cette année, les délégués des États de Normandie se rendirent au Vieux-Palais pour conférer avec lui et avec les commissaires du Roi au. sujet des articles de leurs remontrances ; — Louis De Moy, sieur de la Mailleraye, capitaine de Honfleur, qui fut nommé lieutenant-général de Normandie., et gouverneur du Vieux-Palais, le 3o mai i(~>32, sur la démission dudit de Brancas. Deux fois il eut à recevoir au Vieux-Palais, pour la dis* cussion des articles de leurs cahiers, les délégués des États de Normandie, le n août i632, et en janv. 1 638. Il avait eu le malheur d'y perdre sa femme, en déc. 1634 (11; — le comte de Guiche. maréchal de France, qui fut nommé lieutenant-général de Normandie et gouverneur du Vieux-Palais, le it> nov. 1637 12 1 ; — François d'Harcourt; marquis de Beuvron, qui fut nommé le i« r mars it">43, sur la démission faite en sa faveur par le maréchal de Guiche. Il eut la faiblesse de livrer aux frondeurs ce château dont il avait la garde. Le 24 janv. 1649, le duc de Longues ille y lut introduit par la porte qui donnait sur le tleuve. et ce fut en vain que le comte d'Harcourt (Henri de Lorraine, comte d'Harcourt), envoyé pour comman-

conseiller au Parlement (cité 11 fév. i6i3, Tabell. de Rouen, meubles). Son fils, Jacques du Mcsn.il, était sergent-major de Rouen, le '.< juin iômj. Je crois devoir rapporter à Jacques de ltnuquemarc, g«»u\erneur du Vieux-Palais, un article du compic de la fabrique d. S lint-Lloi tic Rouen, relatif au déecs de la femme du président du Mesnil, capitaine du Vieux-Palais, 1 5q3.

(1) 17 décembre i'V<\. Omi «le M. de li Maillcrlrye, gouverneur du VLu\-I\il.i;*, :ui\ (firmes de Rouen, pour avoir assisté au c<»n\'i»i.

1-2) 11 y vint, le .»7 1 uivicr ioV8, avec le sieur de la Vigeric -<>n lieuten int.

dcr en Normandie, essaya de rétablir dans notre ville

l'autorité du Roi.

Mais lorsque Mazarin eut triomphé de la Fronde par la ruse autant que par les armes, son premier soin fut de conduire le Roi a Rouen ikoo). Le commandement du Vieux-Palais fut alors retiré au marquis de Beuvron et donné au sieur de Fourilles de Montreuil, capitaine des gardes it). et confié, en attendant la prise de possession de cet officier, à M. de Saintot, maître des cérémonies. Peu de temps après, le marquis de Beuvron rentra en faveur ; le sieur de Montreuil dut se contenter du titre de commandant du Vieux- Palais et laisser à ce dernier celui de gouverneur n\.

A partir de là. le gouvernement du Vieux-Palais resta dans la maison d'Harcourt.

François d'Ilarcourt ,3i donna sa démi*tion de lieutenant général de Normandie et île gouverneur du Vieux-PaïaiN. en laveur de son lils lîné, le marquis d'Hectot, lequel obtint lettres de provision. m.r.N mjus jondition de suivi vance, 1 1 juin i « • 5» i

(i) Miclv-1 \\r f.h.-uv i: m. ^eu* b«r..n dt Montre Mil, cons.-ilkr du Roi en M.-s Cons-.'ils îT'iat et prive, iinivJi'l .les *: ; 'mps et armées de France, capita.ne dans le régiment des gardes de S. M., vint an Vieux-Palais avec sa femme. Anne de Croisilks, tt mari l'on (Tahell. de R««uen. meubles). Il avait fait présenter aux échevins ses kttres de nomination p.ir s- m heutcmnt, le sieur de l.i Cliesn ive. garde du corps.

(2) Lettre* «lu R««i datées de P.ir.s, jtj ma-, i»"ôo, et adressées au marquis île Beuvron. ior.seilkr du Roi en s«in Conseil d'Ktat gouverneur du V'.eux-l 1 dais et heuteiiant-géntral du Roi nu gouvernement île Normindte. Autics lettres», dan* le même sens, adressées au mùnc se prieur. i~ août loro, par G.iston, frère ilu Roi, nonnv.e reeci t peu i.iMt L- -on. 1p. de Loi; s \|\ en Guyenne. (Archive*, de l.i V:lle.

(:*) François d'il irco'.irt avait pour femme Catherine Le I ellier. fille de Nicolas \jc Tellier. sieur le T* 'irneulU-

Celui-ci, à la mort de son père, prit le titre de marquis de Bcuvron. Il vint au Vieux-Palais en 1672. On ne l'y trouve plus tard que de loin en loin. Il résidait habituellement à la Mailleraye. et ce fut là qu'il mourut, le

22 avril 1705 (1). Au mois de juillet 1688, il avait eu l'honneur de recevoir, à Rouen, Jacques II, roi d'Angleterre, qui venait en France chercher un asile auprès de Louis XIV.

Après le marquis de Beuvron, le duc de Luxembourg. gouverneur de Normandie, s'établit pour quelques années au Vieux-Palais. Ce fut dans cette résidence qu'il reçut, le

2 3 juin 1707, le cardinal de Bouillon, abbé de Saint- Ouen (2), et qu'en 171 3. il offrit des fêtes au public, à l'occasion de la paix d'Utrecht (3).

Le 22 juillet 1712, Louis Henri d'Harcourt, comte de Beuvron, fils du maréchal duc d'Harcourt, fut nommé lieutenant-général et gouverneur du Vieux- Palais (4). II

mourut le 21 sept. 171»».

Ses charges et ses dignités furent données par le Roi à

(1) Il avait épouse Angélique de Fabert. — 3 janvier 1704, étrennes données par la ville aux archers de M. de Beuvron, i3 1.; à .ses valets de pied, 10 1. 10 s.; aux gardes du Vieui- Palais, 7 1

(2) Ari.li. de la Seine-Inférieure. Livre des choses notables de Saint-Ouen de Rouen.

(3) Voir les Festes du Vieux-Palais, poésie de circonstance réimprimée par la Société de Y Histoire de Normandie. C'était au Vieux-Palais qu'était le duc de Luxembourg, lorsque la Ville .léputa vers lui pour lui taire compliment sur la mort de sa femme. « Les echevins furent reçus par les gentilshommes du sieur de Luxembourg, et turent introduits dans la salle des gardes entre 1 haies Je soldats et reconduits jusqu'à la porte, et traites comme les tléputes des «.ours Souveraines. »

.\) 11 ne devait pourtant jouit vie cette charge qu'après la mort le son père, le diii d'Hauourî.

son frère Anne-Pierre d'Harcourt, marquis de Bcuvron,

22 SCpt. 171*") 11).

Il eut pour successeur son fils, François-Henri d'Harcourt-Bcuvron, comte de Lillcbonnc, nommé le 1" fév.

François- Henri duc d'Harcourt ayant été nommé gouverneur de Normandie, le 10 juillet 1704, son frère Anne- François d'Harcourt. marquis de Beuvron, désigné sous le nom de comte de Lillebonnc, fut nommé, le même jour, lieutenant-général de Normandie et gouverneur du Vieux-Palais. L'un et l'autre conservèrent leurs titres jusqu'à l'époque delà Révolution (2).

Après les gouverneurs, il faut nommer les capitaines. Ce furent, sous la domination anglaise. Talbot. précédemment cité i3) ; — sous Charles VII, Brunet de Longchamp (41 ; — sous Louis XL Jean de Rebais (?): --- en 14S1-14K4. Pierre de Franquevillc ni- : — de i5»ô à

(i) La maréchale d'Harcourt vint avec lui au Vieux-Palais, le 11 sept. 172»). le 3 juillet 17*2, le i> août 17 :»'"■.

(2) Franc.oi>-Henri mourut en Angleterre en i8«»i , Anne- François était mort à Amiens en 1797.

t'i) * Contreroulle tics genh d'armes et de trait estans en garnison nu Palais «le Rfiun souh/ nions*, de Talhut, sodec. i||i — jb« » mai 144^. — Partirent en la compagnie du comte d'Ku pour se rendre à Chaumont le 21 mars, de retour le 27 ; — partirent eu la compagnie de Talbot le 20 oct. ; de retour le 27 ; — partirent de nouveau a\ec le même, a certaine entreprise a rencontre des adversaires du Roi le iS nov. ; de retour le 2S dcc. — Le 22 dëc. Talbot était à Hartleur. »•

(4) Tahell. île Rouen. 2«» juillet 1 \t\t.

(5) Jean de Rchets, capitaine du palais» de Rnuen, 1 ? sept. 14Ô8, 28 Me 147'*» ; marié a Marie Duchesne. veuve de Pierre Pommeret, qui,de%enue veuve une seconde fois, antérieurement au 18 mai 14.Hr». lit, U- z* a\. 14.H0. une fondation en l'église Saint-S.iuvcur de Rouen «Tahell. de Rouen. meuhleM

(ô) Les «I jan\. 1 480 (v s), o janv. 14821% s.*. 1v.1nt-.lernicr mars 148^ (\. s. I (Tahell. de Rouen;.

i579> Remond de Casenoue (1); — en 1579, Claude Boutault (2).

François d'Harcourt, marquis de Beuvron, -eut pour lieutenant au Vieux- Palais Jacques Gaultier, sieur de Fontaine-le-Pin, qui paraît être venu avec lui dès 1643. Il lui servit d'agent, partagea son sort ; perdit sa place en i65o, revint en faveur, en même temps que son maître, et fut, pendant plusieurs années, major de la ville de Rouen (3).

A partir de la seconde moitié du xvn e siècle, il y eut au

(1) Établi lieutenant au Vieux-Palais, avec a5 arquebusiers, par M. de Montmorency, maréchal de France, bailli de Rouen

26 mars 1 565 (Ta bel 1. de Rouen, meubles); — avait sous sa charge 16 arquebusiers morionnez, a janv. i5?3 (y, s.);

27 hommes de guerre à pied arquebusiers français, juin 1B74;

— qualifié capitaine du Vieux-Palais, 27 av. i569, *9 av. i58o;

— touchait, comme appointements, 33 écus i/3 en francs de 20 sols, et 3o 1. en 1 .^74. Les arquebusiers avaient o 1. par mois. Ces gages étaient payés par le trésorier de 1" Extraordinaire des guerres. Casenoue signait de sa marque. Jean de Sault, son lieutenant, les jo ^c. 1 5j j5 et 14 déc. 1574. M. iiu Moulin- Chapel avait été commis par le Roi a la garde du Vieux-Palais. < oct. ! byb

(i\ Marie De Chase, femme vie Claude Boutault, 2'» sept. i5~q.

l.<) Il eta ; t nls de Gaultier, sieur de Gouy, et de Catherine An/eré, et hère d'une Mathunne Gaultier, mariée à Jean du Mesnil-Urry, sieur du Mesnil-Laudinière, demeurant au M es n il- Vigot.ei oncle d'un Charles Gaultier, écuyer, sieur de Parigny, demeurant à K<»nt une-le-Tin. 17 janv. 1640, 10 mars 164- (TaKU vii' K-Mun, hum Mes*; tut nomme à la charge de sergentmainr de Ruikik en remplacement de Jean Dubois d'Avaucour déni S's;onn.iiiv, 11 m u n"«j(>; révoqué, le fév. i65o, et remplace p:u le siem de I.ignciulK's. Uetabli comme lieutenant du m irqiiis .!e li'iiM'i'ii, .m Vieux-Palais, il fit instance, en cette qii.i;ie. ■■ upi ^ s .ies ivhi a \in>. pour qu'ils fournissent « aux maca>:n> dv ntu pl.ue 1. s \in> <.t le^ munitions ordinaires» .'iiin-x. i'"-.'V le S. ni 1 • » 1 ■ • . d Jetait imprudemment chargé *c poiter 1 I II "»:■ I-dv \ :Mc K> lettres .!u duc de Longuevillc.

Vieux-Palais, au lieu de capitaine, un commandant nommé par le lieutenant-général de Normandie.

Nous avons cite M. de Fourillcs-Montreuil (i). — Au \xin f siècle, nous trouvons M. de Courtade, i5 fév. 1734: — M. de Montfiquct. 1 7«>8 ; — le chevalier d'Osmond. Ce dernier fut nomme par brevet du 12 sept. 1 76*1. On a vu qu'il touchait une rente de i,3oo 1. pour la cession faite à la Ville d'une partie de terrains dépendant du Vieux-Palais, pour la formation du quai d'Harcourt, et l'entrée du chemin qui conduit de Ui rivière au faubourg Cauchoise. M. d'Osmond était encore en fonctions en 17K0.

La garnison du Vieux-Palais ne fut jamais bien nombreuse. On y comptait 1 sergent et 1 3 soldats, le 23 mai 1600 : 1 sergent et 1 5 soldats à pied, les iq juin et 3 déc. 1610; ii., le 11 oct. ir*»!2 ; 1 sergent et 14 soldats à pied français, tous désignés par leur nom de guerre, et payés sur les fonds de l'Extraordinaire des guerres par les mains du Trésorier provincial, le 2<> nov. 1614. On apprend par leurs quittances qu'ils étaient ainsi payés : le sergent, 2? 1. par mois; chaque soldat, 12 1. par mois: le mois était composé de 3ô jours. Ils recevaient, en plus de leurs gages, quelques gratifications des principales autorités de la ville, à l'occasion Ju premier jour de l'an. Le Cha pitre décida, le o janv. ir»"-Si\\ ^.-, » qu'il ne scroit donné auicune chose aux soldais du Vieil Palais pour leurs éprennes. attendu qu'ils ont eu leur vin de Saint-Martin »» ; mais, ic 8 j.inv. 1.^7^, i! leur accord. lit 2 écus sol sur une requête conçue en ce* termes . - Plaise à MM. de Notre! Mr.ie. suvvant les bonnes et anciennes coutumes, avoir ^ou\enance des soldats du chasteau et du Vieil Palais, loque 1> se recommandent a leurs bonnes grâces. •

Au xvnr siècle, la garnison était encore p!ub îaible. Elle se composait d'un sergent et de six hommes.

(t) Un nommé François Ruzée dlnirc ville cuit lieutenant du Vieux-Palais, le 14 sept. i*ijS.

3So

Il est vrai qu'à cette époque, le gouverneur avait : sa disposition une compagnie de 1 5o hommes, sorte d garde bourgeoise prise parmi les habitants de Rouen c des environs, dite la compagnie franche du Vieux-Palais parce qu'à défaut de paye, et même d'indemnité pour soi équipement, elle jouissait de certaines exemptions, qui c faisaient une sorte de compagnie aristocratique, et pa cela même fort jalousée.

Elle était astreinte à certains services : fournir unegard tous les jours ; venir, en différents temps, à l'exercice < être passée en revue par le commandant, sans compte l'obligation, plus enviée qu'onéreuse, de servir d'escort au gouverneur dans les cérémonies publiques (i).

Il y avait, à l'intérieur du Vieux-Palais, un chirurgie pour les officiers de la garnison et pour les prisonnier quand il s'en trouvait, le sieur Berval, en fonctions de puis 20 ans, sans autre recompense que son logement < l'exemption de capitation ; un barbier et perruquier pou aider le chirurgien ; un cantinier.

A la rigueur, on comprenait l'existence de ces petil fonctionnaires, qui pourtant devaient se plaindre d'avoi trop de loisirs.

Mais il y avait, de plus, un horloger, un tailleur, c d'autres ouvriers, nécessaires aussi, disait-on, à l'état deL

( i ) I.'Almanach île 1 780 donne les noms des officiers du Vieux Palais. — M. le duc de Bcuvron, chevalier des ordres du Roi lieutenant-général de ses armées, gouverneur. M. le chevalie J'Osmomi, lieutenant de Roi. Ktat-major : MM. le chevalie d'Osmond, capitaine du Vieux-Palais ; Binet, major ; Blard, lieu tenant, commandant les canonniers : De la Fosse, Baudry, nu tie la Grosse-Horloge, lieutenants; Reverdun, Dodard, Fontaine Carre, Pelletier, sous-lieutenant*; Curmer fils, enseigne; Beaumont, chirurgien. — M. Hinct était major depuis 1778. Lfl 22 juin 177.4, on voit indiqué, comme officier des troupes franches pour la garde du château du Vieux-Palais, Denis Du Thil sieur de la vavassoreric de llatréaumont, à Pavilly.

3Si

pbce, et pour lesquels on réclamait l'exemption tic la capitation.

Le Vieux- Palais, comme place de guerre, était un lieu privilégie. Il s'y était établi, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, quelques boutiques occupées par des fabricants et des marchands, sans jurande et exempts des droits de maîtrise. On les voit agir comme communauté particulière, distincte des communautés de la ville. Une fois, ils présentèrent, en leur nom, 3 garçons pour les troupes provinciales (1).

l^es tours du Vieux- Palais furent constamment armées de canons. Dans les deux derniers siècles, ils n'eurent occasion de faire entendre leur voix que dans les cérémonies publiques et en signe de réjouissance: notamment, aux fêtes qui furent données pour la naissance du Dauphin, en sept. 1720, et pour l'arrivée de Louis XVI, en 1786.

Grisel, dans ses Fastes de Rouen, nous apprend que les navires, en passant devant le Vieux-Palais, faisaient le salut militaire, par une décharge d'artillerie.

Advenicns, inquam, ratis est fac toque s al ut an t Casteltum tonitru prectereundo vêtus.

Sequanicis late domus ha?c circumflua Ix-mphis Sequanicas altis turribus urget aquas.

[ : uni. \*.rs (*)~i.)

M. Bouquet fait remarquer, à cette occasion, que. dans différentes \ues de Rouen, les artistes n uni pas manqué de représenter des navire* faisant le salut au Vieu\-I\ilaiv

Je ne sais si. v!e tout temps, il y eut une chapelle au Vieux-Palais. Ce qui est certain, c est qu'on y transfera la messe, qui, les dimanches et jour> de fête, se disait en la chapelle du château, après que le château eût été démoli, en 1 ?<»o. Celte messe était dite par un religieux de la Madeleine de Rouen. On a un certificat de Charles de

(1) Arch. de la Seine-Iuferieure, C. 807.

Savoie, prêtre, par lequel il atteste que, le 29 sept. 1624, il avait célébré la messe au Vieux-Palais, et, qu'en icellc, avait assisté et fait le pain bénit, Thomas Suart, en qualité d'archer morte-paye, demeurant au château (i).

Dans une ville comme Rouen, où l'espace manquait aux maisons particulières, et où presque rien n'avait été fait pour les divers services publics, l'étendue du Vieux-Palais présentait quelque chose d'extraordinaire et explique différents usages auxquels il fut successivement affecte.

Dès 1432. on y fabriquait de la poudre à canon. La Chronique de Normandie rapporte, cette année-là, que : c En ung jour de la feste Saint-Gcrvais, en l'hostel des ordonnances, ainsi que on faisoit les pouldrcs a canon pour mener au siège (de Louvicrs), le feu y print, et furent environ xxx hommes brûlez qui tous moururent piteusement (2). »

En 1 5 1 3 une fonte de canons y était certainement établie (3).

Assez fréquemment, dans le cours du xvi v siècle sa vaste enceinte servit de dépôt ou d'atelier pour les constructions qui se faisaient dans la ville.

C'est ainsi qu'on voit, en 1517, le Chapitre de Rouen prier le grand sénéchal de prêter le Vieux-Palais pour qu'on pût y déposer le hois qui devait être employé à la îleche de la cathédrale, dont on préparait dus lors la reconstruction \.\\ — et qu'en i33S, on y charpenta les bois des -i paxillonsde l'église Saint-Jean (5).

Mn i?4»», Pierre IXiuvergne fut autorisé à y mettre les munitions, pièces, hâtons, etc., dont il avait la garde, en

(1) T.ihell. de Rouen, acu- du dernier sept., 1624.

[2) Kditïi-n île M. 1 Idiot, p. 7 S.

('<) Taht-ll. de Rouen.

(4) Arc h. de la Seine-Intérieure, reg. capitul., déJib. du 16 avril 1617.

{b) Ibid. Compte de la fabrique de Saint-Jean de Rouen.

sa qualité de commis de Guillaume Bohier, trésorier de l'artillerie (i).

7 juin 1 549, marché fait avec un maréchal de Rouen pour fourniture de pièces d'artillerie au Vieux-Palais : € Fut présent Bastien Néel, maistremarcschal, demeurant en la par. Saint-Éloi de Rouen, lequel se submist envers n. h. mess ire Christoflc du Refuge, chevalier, s r des Menuz, gentilhomme ordinaire de la maison du Roi, commissaire ordinaire dud. seigneur en l'artillerie, et lieutenant au pays et duché de Normandie de Mgr. de Brissac. grand maître d'icclle, de bien et deuement faire les pièces d'artillerie au fer bastu, cy-aprez déclarez, c est assavoir : 4 coulcuvrynes autrement appelées bastardes, tirans bouletz de bastarde, du poix de 1,200 ou environ, y comprins les 2 bouettes et ferrures d'atfijtz ; plus 4 passevollans, tirans boullctz de moyenne, du poix de Soo ou environ, y comprins les 2 bouettes pour chacune pièce et ferreure

d'affutz; plus 5o simples berches, tirans boulletz de faul-

* conneau, du poids chacune berche de i«>o 1. ou environ,

comprins les 2 bouettes : plus 10 petites herches, chascunc pesant de cent a 120 1. ou environ avec les 2 bouettes, et le tout rendre tout prest et deuement agréé et appareillé, savoir est, moictié A la tin de ce mois, et l'autre moictié le 1 3' jour de juillet prouchainement venant, et rendre au garde des municions au Yieii Palavs de Rouen, et le tout esprouvé aux despens du Roy, et en faisant loque!/ essays, sy se rompoit aucune desd. pièces, ce sera aux despens dud. Néel : ceste submission et promesse ainsy faicte moyennant la somme de 7 livres pour chascun cent, etc.t Marque de Nécl.

Letôdéc. 1 3j3, Jacques Harel, boucher, s'engage envers les échevins de Rouen, • a leur fournir, au poids de Roi de la vicomte de Rouen, 2 milliers de livres de lard

(1) Mention de lettres adressées par le Roi au capitaine de Rouen, a3 juin 1549 (Tabcll. de Rouen, meubles).

frais de pourceaux mâles, non compris les têtes, pieds et pennes, et icelui nombre de lard saler dans les saleurs qui lui seront baillés pour les places fortes et Vieux-Palais de Rouen, pour l'envitaillement et munitions d'iceux, à 12 1. le cent » (1).

« Inventaire fait, le 17 janvier 1 640, des canons et munitions de guerre qui ont été pris dans les magasins de la ville de Rouen et portés au château du Vieil Palais t. On trouvera ce document à la fin de ce mémoire. Les canons en question furent inutilement réclamés par la Ville le 12 fév. i65o (2).

En 1726, fusils et bayonnettes tirés des magasins du Vieux-Palais et transportés par mer pour l'armement des milices de la Généralité de Caen (3).

Enfin, on voit qu'en 1756, à l'occasion de la guerre avec l'Angleterre, on avait formé au Vieux-Palais un magasin de farines et de subsistances (4).

Le château du Vieux- Palais présente ceci de commun avec toutes les forteresses, qu'il servit assez habituellement de prison : prison militaire, prison pour cas relevant de certains tribunaux civils, prison d'Etat.

Les personnes qu'on y mit d'abord furent des prisonniers de guerre, et ce fut, au commencement, une question de savoir si l'on devait permettre au Chapitre de la cathédrale de venir les interroger pour le Privilège de Saint-Romain.

En mai 1443, les délégués du Chapitre furent reçus amorose et htmes te par le lieutenant du capitaine du Vieux- Palais; mais on constata qu'il ne s'y trouvait pas pour lors de prisonniers.

Au mois de mai de l'année suivante, quand les délégués

(1) Tabcll. do Rouen, meubles.

{i) Arch. de la ville, délibérations, (.i) Arvh. de la Seine-Inférieure, C. 662.

(4) lbid. t C. 821.

du Chapitre se présentèrent de nouveau, le comte de Shrewsbury s'opposa à leur commission. Il voulut qu'ils se contentassent de cette déclaration : « Je vous certifie que je n'ay prisonnier céans, qui ne soit Armignac ; et, que je vous donne confié de parler à eulx sans le confie du Roy, non feray ».

Toutefois, pour éviter le scandale (i), après de longs pourparlers, par l'avis du Conseil du Roi et par forme de transaction, les prisonniers du Palais furent conduits à l'Hôtel du Mouton rouge, au Vieux-Marché, où il fut permis aux chanoines de les interroger. L'un de ces prisonniers s'appelait Vincent de Vernon. Les chanoines obtinrent gain de cause, et, a l'avenir, les cachots du Palais leur furent ouverts, sans plus île ditliculié que les autres prisons de la ville.

On lit aux Registres capitulaires, mai 144:» : • Accesserunt ad palacium regium Rothomageme % et in Jictofortalicio palacii examinaverunt 3 prisnnarios ibi detentos ». C'étaient, le tils du sire de (îaucourt, otage pour son perc, et deux autres qui attendaient l'envoi de leur rançon.

En mai 1433. le grand sénéchal Pierre de Rrézé. réprimandait son lieutenant pour n'avoir point accueilli, comme il le devait, les délégués du Chapitre.

Louis XII, par ordonnance d.iieedc Mois, 7 mars i?o3. prescrivit que ceu\ qui seraient arrêtés pour le fait de ses aides ce scroient mis en prisons hoimestes, à moindres frais et cousts qui seroit possible, autres que les geôles et les prisons où l'on mettoit les prisonniers ordinaires .» Il désignait, en même temps, pour le logement de cette sorte

(1) Le refus de Shrewsbury eût eu pour conséquence la suspension du privilège de Saint-Romain. Cette cérémonie était tics populaire à Rouen. Le mercredi des Rogations, \ cille Je 1* Ascension 1443, on ne compta pas moins de 767 ecclésiastiques à la procession qui se rendit à l'église de Saiiite-Croix-det-Pelleliers.

de prisonniers, le Palais de Rouen (i). Cette ordonnance fut enregistrée à la Cour des Aides, le 24 avril iSiS.

Le 5 juin 1 543, Roger de la Salle était nomme • concierge des prisons de la Cour des Aides, estanz au Palais, » en remplacement de son père, Jean de la Salle, décédé.

Le 12 juillet 049, Guill. Fautrel, fermier et garde des prisons de la même Cour, est mentionne comme ayant à sa disposition • un corps de maison vers la rivière de Seine, dans l'enclos du Vieux-Palais, pour personnes devant deniers au Roi pour les aides, tailles et gabelles (2; »

Ce ne fut qu'à une époque postérieure qu'on construisit, dans la rue du Pctit-Salut, en face de la Cour des Aides, des prisons pour ces malheureux (3).

C'est ce qui nous explique pourquoi, au mois de nov. 1 547, trois conseillers de l'Hôtel commun et un bourgeois, réputés des plus suffisants et riches de la bourgeoisie, furent mis au Vieux-Palais, a la requête du receveur général pour défaut de paiement d'une somme de 46,750 1 que le Roi voulait avoir de la Ville. L'année suivante, ce fut le tour des ecclésiastiques. Deux chanoines de la cathédrale y furent incarcérés afin de contraindre, par cet exemple, le clergé du diocèse au paiement d'un subside qui a\ait été imposé sur lui d'une façon trop arbitraire.

Lorsque lc> protestants, maîtres de Rouen, en 1 5<"»j, mirent au pillage la \ille et les environs, ce fut dans le* cachots du Vieux-Palais qu'ils jetèrent les prêtres qui leur et. uent tombes sous la main. Les chefs de la révolte, ftu Hosc d'Kmendrewlle. Cothon de Berthouville et le minis-

(1 <At.it une incMire d'humanité due, sans Joute, au cardinal .-.WiisN'ise, viont le n..m figure au bas -Je cette ordonnance : « P.ir le Roy, L cardinal d'AmNuse. ••

\2) ArJi. Je la Seine-Infcrieure, Mémoriaux de Id Cour des Aide s.

(3) Il est douteux qu'ils y aient été pi u* convenablement lofé* qu'au Vieux-Palais.

tre Marlorat, y vinrent, à leur tour, victimes des représailles qu'exercèrent les catholiques à la suite de la reprise de la ville par Charles IX (i).

Plus tard, le Vieux-Palais servit au logement d'une partie des soldats espagnols, qui furent faits prisonniers pendant les guerres entre la France et l'Espagne.

Le 4 sept. 1639, les échevins de Rouen firent achat de pain et de 2 ponsons de cidre pour 5 00 prisonniers qu'on amenait de La Bouille ; mais cette fois ils n'eurent pas à les loger : ces soldats furent presque aussitôt dirigés sur Cailly.

Quatre ans après, la victoire de Rocroy mit aux mains des Français de nouveaux prisonniers dont le logement et la nourriture fut une source d'embarras pour la ville de Rouen.

Le 1 3 juin 1643, les échevins eurent à s'occuper des mesures a prendre a l'égard de ces infortunés, qui étaient au nombre de 47?, y compris 21» officiers, tous conduits par le sieur de Neuillv. Les soldats furent mis à la Halle-aux- Drapiers, les officiers à la HnlIc-aux-Mcrcicrs. On fournit à chaque soldat une ration de pain, une chopine de cidre et un petit fromage. La Cinquantaine et les Arquebusiers lurent d'abord chargés delà garde de ces prisonniers. Mais, a partir du 3 août suivant, ce soin fut confié aux capitaines et aux bourgeois de la ville ui.

(1) Voir mon mémoire intitule : Recherches sur les anciennes prisons de Rouen, 1861, pp. 43, 44.

(2) Vérification d'un arrêt du Conseil, du 3 août i*>43, ordonnant que la dépense à faire pour les prisonniers de guerre espagnols, pris à Rocroy. serait supportée par chacune des (jcnéralités où ils avaient été envoyés. (Areh. de la Seine-Intérieure, C. 114*1). — Voir Musc XortnanJe. pp. .<•»* et ^i:\. « Il y eut une grande defTaitc en la bataille de rWp>y t et fut «.r.\Myc nombre de prisonniers par toutes les villes de France, et «.eluy qui fut envoyé à Rouen fut mis dans un lieu qui lors n'cstoit habité proche la porte Guillaume Lyon, qui avoit esté basty pour faire

Une partie des officiers avait été mise au VicuSt- Palais, sous la garde du sieur de la Fontaine du Pin, bien que les chambres de cette forteresse fussent représentées comme inhabitables (i).

Le 3 juillet, les sieurs de Villaréal et Domingo de Sylva vinrent à l'Hôtel-de- Ville, au nom de l'ambassadeur du roi de Portugal, réclamer, en vertu de l'autorisation du Roi et de la Reine régente, l'élargissement tous de ceux de cette nation qui se trouveraient parmi les officiers ou les soldats prisonniers de guerre. Il fut, en conséquence, enjoint à Nicolas Le Roux, commis aux ouvrages de la Ville, de conduire les 2 agents aux lieux où étaient renfermés les prisonniers : 12 furent mis immédiatement en liberté.

Trois jours après, le Pore René Rocheray, cordelier. présenta au bureau de l'Hôtel-de-Villc l'ordonnance du Roi, donnée à Versailles, le io du mois de mai précédent, par laquelle S. M. lui donnait pouvoir d'administrer les sacrements aux prisonniers de guerre espagnols et d'autre nation étant en cette ville. Il fut enjoint à Nicolas 1-e Roux de faire donner audit Père Rocheray entrée et communication libre avec les prisonniers.

10 août, même année, nouveau convoi d'Espagnols blessés, faits prisonniers à G ra vélines, et amenés à Rouen dans 2 grihannes par le sieur Le Vasseur, maître chirurgien de l'hôpital établi au siège de Gravelines. Le Père Chauveau. jésuite, se qualifiant directeur des hôpitaux et mis- Monnaire militaire depuis ô ans, accompagnait le convoi et s'occupa de pourvoir, auprès des autorités, au traitement dj ces soldats: après avoir pris les ordres du duc de Lon-

une turie ». Ce lieu changea alors Je nom, ainsi que la rue voisine. « Ch. Yart, concierge île la maison où l'on met les gens débiles d'esprit, sise proche l'ancienne prison appelée des Espagnols -, S oc t. 1 7 1 r» ; rue des Kspagnuls, 12 sept 1722. Arch.

il«* la Ville, l)cliKr.:tiun>.

ii) Arch. de la Scine-lriferieurc, Plumitifs lu bureau des tin.inces, 17 du même mois.

gueville, les échevins repartirent ces soldats entre les hôpitaux de Rouen : 77 furent mis à l'Hôtel- Dieu, 9 a l'hôpital Saint-Vivien, 16 à l'hôpital Saint-Martin. On remarque qu'il y en avait plusieurs qui étaient morts dans le voyage, et que d'autres avaient été envoyés se faire médicamenter où il leur avait convenu.

Le 22 oci., Nicolas Auvray, établi concierge au lieu dit la Tuerie aux petites bêtes, où étaient renfermes les prisonniers espagnols, vient exposer aux échevins qu'il avait trouvé le corps de garde sans sentinelle, et une fois composé de 2 hommes seulement.

Le 2<j oct.. Guill. DeCaux, L'un des sergents de la compagnie de M. de Bonncval. conseiller au Parlement, vient exposer, h son tour, qu'encore qu'il eût fait, le jour précédent, une semonce de 40 bourgeois de la paroisse Saint- Patrice pour la garde des prisonniers, aucun des particuliers commandés ne s'était présenté et n'avait envoyé de remplaçant. Il donnait avis, en même temps, qu'à la dernière garde, qui devait être de 3<> bourgeois de la paroisse Saintc-Croix-des- Pelletiers, il ne s'était trouvé que ? bourgeois, et que, faute d'une garde sutlisante, 2 prisonniers avaient réussi à s'échapper.

i<ijanv. 1(145, ordonnance de Jacques Dyel. sieur de Miromesnil. Intendant vie l.i (îenéralite : • Sur l'advi*» ,'1 lui donné par les échevins que, du nombre de i«> otliciers espagnols et d'autre nation étrangère, faits prisonniers de guerre à la bataille de Rocroy, envoyez par ordre du Roy en lad. ville pour y estre garde/, o d'iccux se seroient évade/ depuis 4 jours, contre et au préjudice de la submi>sion qu'ilz avoient faicte. à peine de la \ie. de ne rien entreprendre et attenter pour > c - mettre en liberté, jusqu'à ce qu'il plcust à S. M. de les faire délivrer: \ i« ;»ir lui l'acte de la suhmission, signée desd. oïlicuT*. du :■• p.ski :''j> ; , ordonné de faire perquisition par les archers de ki Prévostê générale de Normandie.... de les remettre es prisons de la ville Les autres otliciers seront, à l'avenir, énoi-

tement gardés par les gardes des bourgeois, ainsi que les autres prisonniers, sans qu'ils puissent sortir ni divaguer. pour quelque cause et occasion que ce soit, sinon un d eux, qui pourra aller, une fois le jour, achapter les nécessités de tous les prisonniers, que l'officier qui commandera la garde fera accompagner par l'un des bourgeois de lad. ville. »

Déjà, le 1 1 janvier, une ordonnance du même avait prescrit aux échevins d envoyer sur les routes de Paris, de Péronne et d'Amiens, pour faire saisir les prisonniers qui s'étaient échappes, au moyen d'une corde, par-dessus les murailles de la ville.

1 3 août, le sieur du Mas, gentilhomme ordinaire du duc d'Orléans, oncle du Roi, apporte les ordres de S. M. pour recevoir en cette ville 1 ,000 soldats, ou environ, faits prisonniers aux prises de Bourbourg et du fort de Link, en Flandre. Ces prisonniers furent mis aux halles, c n*v ayant autre lieu en icellc ville plus commode t. Ordre fut donné à Nicolas Le Roux, de taire préparer, le jour même, après midi, les rations de pain nécessaires, de faire apporter les cidres, achetés au compte de la Ville. Les bourgeois de la Cinquantaine furent chargés de la garde. H arriva, sur les quatre heures de l'après-midi, 1142 prisonniers, sous la conduite du sieur du Mas, aide de camp, et du sieur de Montgarnier, commissaire des guerres, qu'escortaient 5o chevaux et autant d'hommes à pied. Les soldats furent mis au-dessus de la Halle-aux-Merciers; les sergents, à la Halle aux détaiileurs de draps; les officiers, au Vieux-Palais, où ils furent reçus par le sieur de la Fontaine du Pin: les malades furent envoyés à 1 Hôtel-Dieu. Le 24 août, le baron de Broyé vint, d'après l'ordre du Roi, faire le recensement des prisonniers, dont la plus grande partie lut répartie entre d'autres villes. — 3o août. 41 prisonniers, la plupart de nation liégeoise, furent dirigés sur la Champagne, sous l'escorte, jusqu'à la i' e étape, d'une brigade de la Cinquantaine et des Arquebusiers. \jc dernier du même mois, le re-te lut eniincné hors de Rouen et

conduit dans les villes de la Basse-Normandie. On ne garda à Rouen que i5o soldats, y compris 12 sergents logés a la Tuerie, et 6 officiers, logés au Vieux-Palais, et quelques malades, en traitement à l'Hôtel-Dicu.

Dernier juin 1647. injonction fut faite au commissaire des ouvrages de la Ville de disposer la Tuerie, d'y faire porter de la paille, de manière à mettre le lieu en état de recevoir les prisonniers de guerre qui revenaient de Basse- Normandie, sous la conduite du sieur de Saint-Hilaire. Ils arrivèrent au faubourg Saint-Sever en deux bateaux. Une partie du convoi (2 capitaines, 2 lieutenants de cavalerie, 1 quartier-maître, loalfièrcs) furent conduits au Vieux-Palais. On mita la Tuerie 1 5 sergents et 1 19 soldats. On eut à fournir à chaque prisonnier, par jour, une ration de nain et un pot de bière. Le 22 juillet, arriva un nouveau convoi de 473 homme*, officiers et soldats irî capitaines. 4 lieutenants. 21 alfieres) : 442 hommes furent logés a la Tuerie.

D'autres y furent envoyés plus tard par ordre du Roi, qui chargea la Ville Je leur nourriture, la rendant responsable de tous les accidents qui pourraient arriver aux prisonniers, faute d'y avoir pourvu. Le »» mars 1048. on en comptait too, et il y avait plus de o mois que Ion supportait celte charge pour laquelle il fallut se décider à taire un emprunt.

On obtint du Roi la promesse que ces prisonniers allaient être distribués entre les autres villes du royaume. Mais, au moment du départ, il y eut contre-ordre : le secrétaire d'Ktat, M. Le Tellier, manda au duc de Longueville • qu'il falloit avoir patience, qu'on alloit travailler à rechange des prisonniers, et que pDur cet elfel on avoit envoyé le sieur de Pénis vers l'archiduc Léopold ».

A la suite de nouvelles démarches, plus pressantes, une partie des prisonniers fut évacuée sur les villes de liasse- Normandie et de Bretagne, la Cinquantaine et les Arquebusiers de Rouen leur servant, comme toujours, d'escorte.

Mais il restait encore à Rouen, le 23 sept. 1648, un certain nombre de prisonniers. Leur garde était confiée aux Arquebusiers. On n'avait pas osé la laisser aux bourgeois, dans la crainte d'augmenter la peste, par une communication trop libre avec les prisonniers qui en étaient atteints.

En 1 65 1 , la Cour ecclésiatique de Rouen, au portail des libraires de la Cathédrale, servait de prison à des soldats espagnols. Le 20 sept, de cette année, on y remit 4 alfières (Jean Michel, Jean Hoter, Dom Christmas de Soto et Dominico Pererc), qui s'étaient échappés sur le navire de Girard Corneille, capitaine hollandais, et qu'on avait repris à Caudebcc.

Le ic fcv. 1 653, la Ville faisait encore payer 8 1. 8 s. par semaine à Simon André, l'un des prisonniers de guerre, du parti espagnol, qui étaient gardés dans les prisons de la Cour d'église, pour lui et pour ses compagnons.

Ce ne fut que le 16 mai de cette année, que ce qui restait de prisonniers de guerre à Rouen (prisonniers de Rocroy, du fort de Link et de Bourbourg) en sortit pour être interné au château de Pont-de-1'Arche (1).

Le Vieux- Palais, à en juger par ce qui précède, paraît avoir été réservé aux otliciers.

Des actes, transcrits au tabellionnage de Rouen, nous donnent les noms de quelques uns de ces prisonniers : il en est de célèbres.

17 juillet 1043. « Les sieurs conte André de Montecuculy, Modenois, capitaine d'une compagnie de cavalerie, Dom Diego Strada, lieutenant général de l'artillerie, Don Jean Hasso, Don Diego Bracquemonte, Don Christophe Godines, Dom Albert Valdes, capitaines pour le Roy d'Espagne; Vincente Surimente, Dom Roderigde Rocques, cappitaine

( 1) Ari.li. Me la ville de Rouen; — Arch. delà S.-Inf., F. du H m et li des Fin. mus. On mcntionn.iit encore comme prisonniers 1 Pont-dc-l'Arche, le i«-- r décembre Kïui, 120 prisonniers espagnols, c.ipiMines et otliciers pris à Rocroy.

de cavalerie, Dom Diego Sabrien, major d'infanterie, Martin Rive, cappilainc d'infanterie, Gauino Mairousa, alfière réformé, et Yazintcdc Ayllaire, sergent réforme, de présent prisonniers de guerre dans le chastcau du Vieux-Palais, lesquels se soumettent, suivant la permission du Roi, lettres de cachet du 6 de ce mois adressées à M. de Beuvron, gouverneur du chastcau du Vieux-Palais, autres lettres du marquis de Beuvron à M. de Fontaine-le-Pin, donnant aux dits prisonniers la ville de Rouen pour prison, sans pouvoir se retirer, écrire, ni faire écrire, ou donner ordres, tant en Espagne que en Flandre, contre l'autorité de S. M

chrétienne », etc prennent l'engagement

de se conduire conformément A leurs promesses

Témoin, (îuill. Potorie, caporal de la garnison du Vieux- Palais. — Signatures : le conte de MoNTKcrcri.i, Diego ht: Estkada, etc L'acte est passé au Vieux- Palais (il.

• Du mercredy avant midi, y de janvier niaô. passé au chastcau du Vieil- Palais.

• Furent présens D-unp Jean de Roquafour, Diego d'Estrada, lieutenant de l'artillerie pour le service du roy d'Espaignc, prisonniers de guerre au chasteau du Vieil- Palais de ceste \ille de Itoucn. lesquels ont promis et se sont submis et obligez solidairement, sans division, l'un pour l'autre, par corps et biens, envers hault et puissant seigneur Messire François de Marcourt. marquis de Beuvron, conseiller du Roy en ses Conseils d' Estai et privé, lieutenant pour le Roy au gouvernement de Normandie et gouverneur audit chasteau du Vieil- Pallais, de ne partir, sortir, ny désemparer dudit chasteau du Vieil-Pallais. dont de ce faire il/ ont esté piégez et cautionnez, par ces présentes, par Messire André comte de Moniecucully, par

(!■ Minutes de Cave. I.a orrespi-ndaiwe de Gilbert public*pai M. Clément, avait déjà fait cor.u.iître que MontCviuuli av.iii été prisonnier vie guerre dans notre vile.

Santus Stefne et Francisco de Silva au Loi, aussy prisonniers de guerre audit chasteau du Vieil- Pallaiz, à ce présens, lesquclz, etc Signé : Don Juan de Rocafull,

A. Montecuculi, Diego de Lestrada, Santos Esteban, D or Paul de Leiva, docteur en médecine • (i).

1 9 janv. 1 646. Pareil engagement pris par Michel Querant, adjudant au régiment du baron Dowangues pour le service du roi d'Espagne, cautionné par Warnier de Hosden, Jacques de Monpenson, capitaines, Nicolas Larme, lieutenant, Pierre de Middelbourg, alfière audit régiment.

Samedi après midi 14 sept. 1647, au château du Vieux- Palais. Constantinne, alfière réformé du régiment de Lespuunde, italien, prisonnier de guerre audit château, c agité de maladie de flux, » au moment de se rendre a THôtcl- Dieu, où on l'envoyait dans la crainte que « sa maladie ne se continuât aux autres prisonniers, >• prend l'engagement de rentrer après sa guérison audit château. Présents Jean- Francisque Follia. alfière commandant audit régiment, Giov. Cola Ruggiero, Gioseppi Monasteri. Geronimo Morano, Guillaume Roberto, alfières audit régiment, Bruno Costantino, Gio. Maria Cangialanza, Francisco-Antonio Zogiia, Gio. Francisco Salas, Scipione Viggiano, Jacobo Juliano. — François de Harcourt, marquis de Beuvron, lieutenant général pour le gouvernement de Normandie, Jacques Gaultier, écuyer, sieur de Fontaine le Pin, lieutenant au château, major de Rouen.

16 sept, même année, engagement du même genre, pris par Charles de Béthune, capitaine du régiment de Wolf, de l'armée du général Lamboy. Présents Philippe et Jean

(1) 1647. Ordonnances relatives aux réparations à faire au château du Vieux-Palais. On avait logé dans les tours de ce château un certain nombre vie prisonniers espagnols. — Us cl. lient expiées à la pluie et à tant d'incommodités que plusieurs s'abandonnaient nu désespoir et cherchaient do toute manière à s'évader.— Arch. de la S. -Int., C. 11 5-2.

Limossin, François Crule, Pierre De la Porte, Evrard de Vcrmon, Etienne Sonnet, André Canton.

3 oct., autre engagement pris par Philippe et Jean Limossin, frères, capitaines d'infanterie wallonne, faits prisonnier de guerre en la reprise du fort de Mardick, à présent prisonniers au Vieux-Palais. S'obligent envers Joseph Boutreux (i), écuyer, sieur des Loges, envoyé par le maréchal de Brézé pour retirer lesdits Limossin. Promettent de ne désemparer d'avec ledit Boutreux, qu'il suivront jusqu'à ce que rechange ait été fait des sieurs d'Estiau et des Pastures, prisonniers de guerre.

4 fév. 1647, Gregorio Rartcty, capitaine d'infanterie espagnole, prisonnier de guerre au Vieux-Palais, obtient permission de se rendre en Flandre et de ne revenir se constituer prisonnier qu'au bout de 3 mois (2).

€ Mercredi avant midi, l'y de janvier 164s, passé au chasteau. Fut présent Vaha de Vermont, capitaine au régiment de Pottel Hery pour le service du Roy catholique, prisonnier de guerre au chasteau du Vieil- Pallais de ceste ville, lequel s'est submis et obligé parla présente, par corps et biens, devers le sieur Mondain, estant de présent en ceste ville de Rouen, envoie exprès par ordre du Roy pour retirer ledit sieur Waha de Vermont, de ne désemparer d'avec ledit sieur Mondain, lequel il sera tenu de suivre jusques à tel lieu qui luy plaira, jusques à ce que réchange soit faicte du sieur Léon, capitaine au régi-

(t) Boutreux demeurait à Angers.

(2) Ce voyage peut s'expliquer pnr la délibération suivante : 28 juin 1647, notification faite à la Ville des intentions du Roi. Les ennemis ne donnant aucune subsistance en Flandre aux othciers qu'ils détenaient, il en sera usé de même a l'égard des Officiers détenus au Vieux-Palais (7 capitaines, 5 lieutenants. 3i alrières). Il ne leur sera fourni de subsistances que pendant un mois. Ce délai paraissait suffisant pour qu'ils pussent avertir leurs proches parents de Flandre et tirer assistance de ce côté. Arch. de la Ville, délib.)

ment de Navarre aussy prisonnier de guerre du dit roy catholique, pour lequel ledit eschange se doibt faire suivant les lettres de cachet du Roy notre sire, dabtez de Paris le septième du présent mois de janvier. Signe : Louis, et plus bas : LeTellier. Sellez en cire rouge des armes de S. M. présens Adrien Licubré dit Hautevergne, premier sergent du chasteau et Baptiste Couillard.

• Signé : Audrard de Waha de Vermon. »

• Du lundi avant midi, i5 e de juin 1648, passé au chasteau. Fut présent Richard de M é rode, lieutenant d'infanterie pour le service du roy catholique, prisonnier de guerre au chasteau du Vieil-Pallais de ceste ville de Rouen, lequel a promis, s'est submis et obligé, par corps, par la présente, envers le sieur Lhambly, commissaire ordonne par le Roy, notre sire, a la conservation des prisonniers de guerre estant en .ceste ville de Rouen, à ce présent, de faire eschange et faire envoier en France, dans 3 se pm ai nés de ce jour, le sieur Le Clerc, lieutenant pour S. M. au régiment de Navarre, prisonnier de guerre en Flandre, à faulte de quoy faire et led. temps passé, led. sieur de Mérode >e viendra remettre en ceste d. ville de Rouen, au lieu de sa dicte prison ; et ainsy a esté accordé par led. sieur Je Mérode. auquel, au moien de sa dicte suhmi*sion et >a parole et toy donnée aud. sieurde Chambly, icm niesme temp^ luy •■ esté) donné sa liberté avec le passeport du Roy, d.ibte à l\iii>. le 7' du présent mois, signe Louis; par le Kov, la l<nyne régente, sa mère, présente, et, plus bas, smné : Le I ciller; et â eo^té scellé du cachet des armes de sadicte M Hé-K . à ce presens le Mcur de Héthune, cappitaihé ^:'mî .nier ie des trmipesdu général l^amboy, et le sieur de bonnet, capitaine au régiment du marquis de (îuicnne, .iiissi ;m 1 -o:; !i ic: > il», guerre audit chasteau. à ce présents, lesquel/ >e sont submis et oblige/ et par corps à saiistairc au contenu ci-dessus, et icsmoings présens, Adrien Licubré dit Hdutc\crgnc, 1 citent aud chasteau, et Amhrouc

Tourmente, dit la Chcsnaic, soldat aud. chastcau. Signe : Chambley, Richard de Mérode, Sonnet, le raerc dud. de Béthune, Adrien Lieubrav, Moisson, Tourmente. »

12 août 1648, autre engagement pris envers le marquis de Beuvron, par Scipion Vigor et Petro Ponnelle, altièrcs réformés au régiment de Camp, prisonniers de guerre au château du Vieux- Palais.

Bossuct, dans son Oraison funèbre de Condé, a vanté la clémence du vainqueur de Rocroy. Nous sommes cependant oblige de faire remarquer que l'on n'eut point, en général, pour les prisonniers espagnols les égards dus au malheur (1). Les pouvoirs publics ne sont point, à cet

(1) Voir sur ce sujet la Muse normande, p. 245. « Les Hollandais ayant pris nombre de soldats espagnols sur mer, furent envoyés en Flandres, en eschange de quelques soldats françois qui y esloient prisonniers, passèrent par Rouen et furent amenés dam 3 grands basteaux pris à la Houille, ce qui donna subject à l'auteur de deschre le déplorable estât où ils estoyent lors de leur arrivée.

■ Souz l'estcndart de la souffrette, Le z Espagnols devant Rouen :

Alors qu'a force d'auiron Arriva la première barque Y m««t »\>uui.i-(i de Caron Stila qu'est te ve/ui des l'argues Je m'i:nj^i:ui\ des m.uurquct l'asser t<»us raids s.i:.n vestemin* Mais L>tnicnt sjhs de n.»r*k's marques Les l^pagnu!» devuet Rouen »

Jbid. pp. 36 2 et suiv.

« L'entrée et estât de neuf cens Espagnols et Dunkerquoys dam le Hallage de la ville de Rouen et de ce qui s'est passe en ce lieu jusques à leur sortie.

Je les vis !uer entrer trit-ms dans mi II •'!*£-. Ou chest o/.umi Ls u»»:t .iiiKhiu que des fagot.i Chetait des Kecara:s du camp de U lamine Car le ver.: les f*-wt toun nul 1er en lair Chetest harens surets (O mains pour li penturc) Réserve qui u'avesi tant de chair sur leur dos. »

égard, exempts de reproche. Mais le peuple n était pas plus humain ; et il est triste de constater que les prisonniers n'excitèrent quelque pitié que parmi les c circoncis et les bourgeois de Jérusalem. » Israélites domiciliés à Rouen.

Apres les guerres entre la France et l'Espagne, le Vieux- Palais servit rarement de prison.

Dans un mémoire écrit en 1760, il est bien dit 1 qu'on y recevait en garde, par ordre de la Cour ou des ministres, des particuliers ou enfants de la ville, qui avaient fait quelques échappées et qui pourraient deshonorer leur famille. » Il est même question de prisonniers d'État. Mais, bien qu'il y eût, au Vieux-Palais, des locaux qui pouvaient servir de prisons, comme dans toutes les casernes, bien qu'il y eût un gardien ou concierge, ce n'est que par exception qu'on rencontre des prisonniers à l'intérieur de cette forteresse, au moins pendant la seconde moitié du dernier siècle. C'est un point facile à vérifier par les procès-verbaux de la visite annuelle que faisaient les délégués du Chapitre pour le Privilège de St-Romain(i).

Lorsque le marquis d'Harcourt fut envoyé à Rouen pour assurer l'exécution des ordres du Roi 12), spécialement en

( 1) Un des fils du s' de St Marc y fut mis pendant deux mois par nrdre du Roi, en nov. 1 '#85 ; un nommé Batet, en 1688; M. de Montgommcry, en iô-o; Pierre Duchemin, cordelicr, en 170J (Hippkai:); Ch. Vallée, par ordre de Carrouges, 27 mai if>f>8; Hector de Berville, s'du Parc, prisonnier au Vieux-Palais, à raison J'une dette de j*o écus ; Jean de La met, 29 mai 161 2; Louis Le Petit, g mai i'jiô; Jean de Sillans, 7 mai 1619; Jacques Malard, 17^1 ; Jacques de Pampelune, chevalier, sieur de Genouilly, 17H7. Plusieurs d'entre eux s'y étaient fait admettre clans l'espérance de se faire délivrer par le Privilège de Saint- Romain.

Au mois d'octobre 1782, ordre fut donné de maintenir au Vieux-Palais un corps de garde jour et nuit et d'y entretenir un feu au compte du Roi pour la surveillance d'un prisonnier.

(2) Sa commission était datée de Versailles, i« mai 1788. Son nom était Charles d'Harcourt. 11 était fils de Jacques de

ce qui concernait l'établissement du grand bailliage et la reforme judiciaire imaginée par le garde des sceaux Lamoignon, il fit enfermer au Vieux-Palais l'avocat Le Porcq de l-annoy, Pariseau, secrétaire du premier président, Beaussier, portier du procureur général, Macaclin, procureur au Parlement, et Boissière, clerc du procureur i-asnon.

Ceux-ci en sortirent bientôt, honorés et fêtés comme des victimes de la persécution, lorsque le gouvernement, effrayé de l'opposition des cours souveraines, eut abandonné son plan de réforme et sacrifié Lamoignon.

Mais la faveur qui s'était attachée aux anciens corps judiciaires dura peu. La Révolution fut plus sévère pour eux qirc ne l'avait été l'autorité royale, par laquelle seule ils se soutenaient, bien qu'ils l'aient ébranlée de tout leur pouvoir. Ils furent supprimes, sans résistance, presque sans effort. Il fut alors aisé de voir que. si Maupeou et

Harcourt, marquis d'Olonde. et d'Klisaheth de Maill.trt. Il avait épouse, en 1767, Anne-Catherine, appelée M" 1 d'Harcourt, hlle du marquis de Beuvron, lieutenant-général de Normandie et gouverneur du Vieux-Palais. Guidon des gendarmes d'Orléans, par brevet du i? avril 17'M, il .naît été nommé mtstre Je camp commandant du commissaire général de cav.den,* en 17Ô4. C'est le héros principal d'une comédie intitulée : Le grand bailliage, ■ comédie historique en trois actes et en prose, représentée à Rouen, depuis le S mai 1758 jusqu'au n octobre de la même année, par une troupe de baladins qui a été s;tHée par tous les bons citoyens — A Harcourt, et se trouve à Rouen chez Liberté, à la Justice triomphante, 1788. - La scène est au Vicux-P.il.us, dont le commandant, lechev.ilicr d'Osmond, transformé en concierge, n'est pas épargné. 11 est certain cependant que le marquis d'Harcourt ne logea pas au Vieux-Palais, mais à l'archevêché. Il fut en contestation avec la Ville pour obtenir d'elle un logement ou une indemnité de logement, à raison de son grade de maréchal de camp, conformément à l'ordo|nancc du t" mars 1 7 '3 8. Il était de retour à Paris le 5 octobre. Il avait passé cinq mois à Rouen.

l^amoignon avaient mai pris leurs mesures^ ils n'iraient fait pourtant que devancer l'opinion publique et préparer une réforme absolument indispensable.

Le marquis d'Harcourt fut envoyé de nouveau, à Rouen, en 1789. II eut à protéger le Vieux-Palais contre des cmeutiers qui vinrent y piller les blés destinés â l'approvisionnement de Paris.

Le 1 7 juillet de cette même année, trois jours après la prise de la Bastille, la garde urbaine et les volontaires du tiers Etat investissaient le Vieux-Palais : ils n'eurent aucune peine à se le faire livrer par le marquis d'Harcourt.

« Le Vieux- Palais, dit à cette occasion M. Floquet, cette odieuse bastille (1 1 de Rouen, signale au peuple dans ces derniers temps par des pamphlets, comme un odieux repaire, où ce n'étaient que tours obscures, cachots souterrains, chaînes de fer, oubliettes et instruments de torture, le Vieux- Palais venant d'être pris par une tourbe échauffée de bourgeoisie et de jeunesse, c'étaient, dans la population remuante de la cité de vifs transports, des cris de joie et des chants de triomphe (2). »

C'était triompher à bon compte : le Vieux-Palais n'était pas la Bastille, et les volontaires n'avaient fait que prendre ce qu'on voulait bien leur donner.

D'après le récit de M. Floquet, en entrant au Vieux- Palais, ils auraient obligé le marquis d'Harcourt à remettre aux mains des otHciers de l'Hôtel-dc-Ville le commandement de la milice, des Arquebusiers et de la Cinquantaine.

11 est établi pourtant, par les délibérations de la Ville, que ce ne fut que deux jours après, le 19 juillet, et de son propre mouvement, que le marquis d'Harcourt

(1) Le Vieux-Palais (la bastille de Rouen), dans le Grand bailliage, p. 1 18.

(2) Uist. du Parlement,

déclara aux officiers municipaux qu'il voulait bien continuer de se charger d'ordonner le service et la police militaire, mais qu'il leur remettait le commandement des troupes bourgeoises, de la Cinquantaine et des Arquebusiers, ainsi que la grande police.

Il avait été si peu chassé du Vieux- Palais que , le 20 juillet, l'assemblée municipale députait encore vers lui pour le prier de permettre qu'on se servît des prisons du château, où il serait établi une garde suffisante. Luimême, le même jour, donnait Tordre au garde-magasin de remettre quatre cent cinquante fusils aux officiers municipaux.

Le 20 août, il figurait, au premier rang, à la cérémonie de la prestation de serment des troupes, tant réglées que volontaires, qui eut lieu à la place du Champ-de-Mars.

Le Journal de Rouen , parlant de cet événement , s'applaudit de l'harmonie qui règne entre les troupes et les citoyens, et l'attribue aux sages dispositions, à la vigilance, au zèle actif et patriotique de M. le marquis d'Harcourt, commandant en chef.

Enfin, le 14 octobre, le ministre de la guerre, \jà Tour du Pin, écrivait aux officiers municipaux de Rouen, qu'il avait vu avec plaisir, par les comptes que M. le marquis d'Harcourt avait bien voulu lui rendre de l'état actuel de la ville, qu'il y régnait un excellent esprit parmi les troupes bourgeoises.

En somme, il est avéré que le marquis d'Harcourt adhéra aux principes de la Révolution dès le principe : il n emigra pas ; il fut détenu pendant la l'erreur, « mais l'honnêteté de son cœur et ses opinions faciles l'éloignèrent de tous les partis extrêmes. Il accepta, en 1S00, les fonctions de membre du Conseil général de la Seine (1). »

L'assemblée municipale de Rouen ordonna, le i<) octobre 1789, la translation au Vieux- Palais des bureaux de

(1) Biographie moderne. Leipikk, 1806,

la sûreté, des subsistances et de bienfaisance. Le changement fut opéré le 22 du même mois. Ces bureaux y restèrent jusqu'en 1791.

Vers ce temps là, on fit réparer le pont-levis, dont la vétusté était telle qu'on ne pouvait y faire passer une voiture sans s'exposer à un grand danger.

Ce fut au Vieux- Palais que les drapeaux de la garde nationale furent déposés après avoir été bénits sur le Champ-de-Mars, le 23 mars 1790.

En 1792, les prisonniers qui étaient renfermés aux Galiots furent transférés dans les tours Jumelles du Vieux- Palais, qui devinrent ainsi, provisoirement, la maison des fers du département de la Seine-Inférieure.

L'installation était des plus défectueuses. Le 26 juin de cette année, les prisonniers adressèrent au Directoire du département une supplique ainsi conçue :

« Au nom de l'humanité, les malheureux détenus du Vieux-Palais de Rouen, maison des fers, font leur humble pétition, et ont l'honneur de prier ceux à qui elle doit être soumise d'observer qu'elle n'est faite que d'après les besoins les plus urgents.

• i° Exposent qu'étant enchaînés au pied de leur grabat, et, consequemment, toujours assis et couchés, il n'est pas possible qu'une botte de paille pesant 1 5 L, qui est constamment foulée par les fers, suffise pour un mois;

♦ 2" Ils demandent des couvertures, des chemises et des pantalons pour se changer tous les huit jours. Sans cela, ils ne peuvent manquer de périr dans la malpropreté;

i> > Ils demandent aussi des bonnets et des chaussures et réclament 200 et tant do livres de rente, fondées pour avoir de la bière, qu'on delivroit aux ci-devant Galiots.

* Ils vous croient trop humains et trop justes pour n'avoir pas lieu d'espérer que vous acquiescerez à leurs demandes, persuadés qu'on ne veut pas laisser périr à petit feu des hommes qui, une fois lavés du crime et purifiés par une longue et dure punition, peuvent marcher

dans les sentiers de la probité et devenir enfin un jour des citoyens actifs. »

Cette requête fut transmise avec demande de renseignements au Directoire du district, et par ce Directoire à la Commune.

Dans sa réponse, Assclin, otficier municipal, déclare qu'il a visité le local ; qu'il a trouve ces malheureux dans la vermine jusqu'au cou ; qu'il était instant de leur subvenir, puisqu'après tout, ils n'avaient pas été condamnes a périr de misère (5 juillet 1792).

La situation ne s'améliora guère : on peut même dire qu'elle s'empira sous le rapport de l'alimentation.

Il y eut des prisonniers au Vieux-Palais, môme après que le local fut devenu une propriété privée, l'ne lettre de Michel Lionel, membre du Conseil général révolutionnaire de Rouen, datée du 27 ventôse an II de la République, prouve qu'à cette date, il b'v trouvait de 7? à So particuliers condamnés aux fers, qui étaient comme oubliés : le local suffisait à peine à les contenir. La plupart étaient malades : ils ne recevaient aucun secours. Pas un otlicier de santé ne se présentait pour les visiter. 11 y avait encore des prisonniers le 1 1 messidor an III.

l*a municipalité de Rouen était devenue, par le décret de l'Assemblée nationale du b septembre 17^1. propriétaire du Vieux-Palais avec .ses fossés et dépendances, moyennant le prix de 430.000 1.

Les otliciers municipaux tirent dresser le plan du Vieux- Palais, tracèrent les rues et les places dont ils désiraient l'exécution, en vue de donner au nouveau quartier tous les agréments dont il était susceptible (oct. 17011.

La Ville ne le vendit pourtant que le 12 janvier ij*i$. et. bien que l'adjudicataire, aux termes du contrat, dût entrer en jouissance au commencement de nivôse an II des deux tours servant de prison, il y eut un retard assez long dans la livraison.

I^i démolition eut lieu en 17^4. année où l'on planta.

en grande cérémonie, sur la place Henri IV, devenue la place du Vieux-Palais, devant le château, un arbre de la Liberté, en remplacement de la statue de ce roi t qui avait été renversée, brisée et jetée à la Seine, le 3o octobre

On connaît du Vieux-Palais une vue d'Israël Sylvestre, et une autre de Vauquelin.

En 1789, M. Turner avait publié dans Y Arclueologia, vol. VIII, p. xix, une vue complète de ce château, d'après un dessin de Descamps.

Nous préférons à cette vue celle de Mi 11 in, exécutée en 1790, et qui figure au 2 e vol. des Antiquités nationales, a la suite d'une notice, écrite évidemment à la hâte et sans les informations nécessaires (1).

Inventaire des canons et munitions de guerre qui ont esté pris dans les magasins de ceste Ville de Rouen et portej au chasteau du Vieil-Palais, le \\\\\* jour de janv. §640 et autres jours ensuivans.

Prkmièrement :

Quatre orgres de fonte verte, fournis de cinq fauconneaux chacun, sur lesquelles sont les armes de ceste ville.

Plus une pièce de canon, de fonte verte, sur laquelle est les armes de la Ville, du pois de xic mr™ xni I.

Plus une semblable pièce de canon, de semblable fonte et armes cy-dessus, du pois de xi c m« xv 1.

(1) M. Paul BauJry possède une aquarelle de Levavasseur, représentant le Vieux-Palais, provenant de la collection de M. Alfred Baïuiry. Il nous a signalé d'autres vues du Vieux- Palais, notamment deux vues de (..allemand.

On peut aussi citer le plan du Livre des Fontaines* et tous les plans de Kown. surtout ceux de Gomboust, i655, et de Lattre, 1782.

Plus une autre pièce de canon, de semblable fonte et armes que celle cy-dessus, du pois de xic im« x 1.

Plus une autre pièce de canon, de semblable fonte et armes que celle cy-dcssus, du pois de xi« xix 1.

Plus une autre pièce de canon, fonte verte, sur laquelle est un double aigle et des flammes sur le bout, du pois de ZTic lxviii 1.

Plus une autre pièce de canon, fonte verte, sur laquelle est un escusson, fonte verte, sans armes, du pois de xv

OU XVI e .

Plus une autre pièce de canon, fonte verte, sur laquelle est les armes de ceste d. Ville, laquelle a un cercle de fer à l'embouchcure, du pois de deux mil 1. ou environ.

Plus une autre pièce de canon, de fonte verte, sur laquelle est les armes de lad. Ville, laquelle a l'embouchcure rompue, du pois de trois mil 1. environ.

Plus une autre pièce de canon, de fonte verte, sur laquelle est les armes de la Ville, du poids de xiuc xxxn 1.

Plus une autre pièce de canon, de fonte verte, sur laquelle est gravé les armes de lad. Ville.

Plus une autre pièce de canon, de fonte verte, sur laquelle est les armes de ceste d. Ville, du poids de xn^ x 1.

Plus une autre pièce, de fonte verte, sur laquelle est une roze couronnée, du poids de xm* xlvh 1.

Plus une autre pièce, de fonte verte. d'Alemagne, a pans sur le derrière, sur laquelle il y a un escusson avec bande et un lion pardessus, du pois de xv c mi " i 1.

Item une autre pièce, de fonte verte, sur laquelle est les armes de ceste d. Ville, poisant trois mil quatre cens quatre vingtquatorze 1., fondue en ceste dite ville en l'année i5yo.

Item une autre pièce, de fonte verte, façon d'Angleterre, sur laquelle il y a une rose couronnée, au tour de laquelle est écrit : Honny soit qui mal y pense, fondue en Fannie 1 5.fy ; peut peser trois mille 1.

Item une autre pièce de canon, de fonte verte, sur

laquelle est les armes de ccste Ville, -du pois de xin c Lvn 1.

Item une autre pièce, de cuivre rouge, sur laquelle est une H couronnée, et au-dessus une croix avec des lettres gotiques, du poids de vingt-cinq quintaux cinq 1.

Item une autre pièce de canon, fonte verte, sur laquelle est les armes de la Ville gravez dans un escusson.

Item une autre pièce, de fonte verte, sur laquelle est les armes de la Ville, poisant vie lxii 1.

Item trois autres pièces de canon, foute verte, sur lesquelles sont les armes de la Ville, du pois et semblable à celle cy-dessus ; tous les susdits canons, montez sur leurs afus, prêts à marcher en campagne.

Item une autre pièce, non montée, de fonte verte, sur laquelle il y a une tour dans un escusson.

Item un autre petite pièce, non montée, sans aucune marque.

Item sept berges, de fonte verte, poisant viron cinq à six cens.

Item vingt-six arquebuses à crocq, de fonte, montez de leurs crosses.

Item un fauconneau, de fonte, aux armes de la Ville, monté de sa crosse.

Item cent quatre-vingts-dix-huit barils de diverses grosseurs, remplis de poudre à canon, grosse et menue grenec, portant vingt-quatre mil cinq cens.

Item six mil six cens boulets de diverses grosseurs.

Plus une pièce de fonte verte, façon d'Angleterre, sur laquelle est écrit : linnny soit qui mal y pense , du pois Je trois mil cinq cens ou environ.

Le sieur Du Perron, commissaire ordinaire et provincial de l'artillerie au département et gouvernement de Normandie, certitîie avoir receu du s r (.anguedor, ayant la garde des canons et munitions de la ville de Rouen, la quantité des munitions et canons contenues au présent inventaire, laquelle j'ay fait porter au chasteau du Vieil- Pallais, suivant les ordres que j'en ay receubz du Roy-

Faict à Rouen, ce xx p jour de janvier mil six cents quarante.

Signe : Du perron.

Je soubzsigné, commis de Monsieur le garde général de l'artillerie de France, à la suite de l'armée que Sa Majesté commande en personne en Normandie, confesse avoir rcçcu dud. s r de Languedor (maître des ouvrages de la ville), la quantité de douze cents mousquets, dont la pluspart sont démontez et hors de service, de laquelle quantité je promets tenir bon et fidel compte au Roy et à tous autres qu'il apartiendra. Faict à Rouen, le xviu* jour de febvricr ifoo.

Signé : Pelletier (j\ (i) Arch. do la ville de Rouen, Journal Je la Ville.

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